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Yoka repart en conquête, mais reste en sursis

Yoka repart en conquête, mais reste en sursis
Par AFP

Le 22/06/2018 à 17:12Mis à jour Le 23/06/2018 à 00:42

Opposé à l'Anglais Dave Allen pour son cinquième combat chez les professionnels, samedi au Palais des Sports de Paris, Tony Yoka va peut-être mettre les pieds sur un ring pour la dernière fois avant un certain temps. Epinglé par la Fédération française de boxe pour trois "no-show", et suspendu un an avec sursis, le Français est sous la menace d'une sanction plus lourde de l'AFLD.

Vaincre puis patienter fébrilement : sous la menace d'une sanction de l'antidopage français, le champion olympique des lourds Tony Yoka tentera de faire comme si de rien n'était en disputant samedi son cinquième combat chez les professionnels contre l'Anglais Dave Allen. Peut-être son dernier avant un certain temps.

En apparence, la prochaine apparition du boxeur de 26 ans sur le ring du Palais des Sports de Paris n'est qu'une étape de plus dans une progression méthodique vers les sommets de la catégorie-reine. Mais la réalité est beaucoup plus cruelle et l'avenir pugilistique à moyen terme du héros des JO de Rio en 2016 est bel et bien entouré d'un halo de mystère et pourrait s'inscrire bientôt en pointillés.

Epinglé pour avoir manqué à trois reprises à ses obligations de localisation pour les contrôles inopinés, Yoka risque en effet très gros et pourrait voir sa carrière mise entre parenthèses pendant une longue période, brisant net son ascension sportive et médiatique.

Le flou total

D'abord suspendu un an avec sursis en décembre par la Fédération française de boxe pour des "no-show" entre juillet 2016 et juillet 2017, le Français est maintenant sous la menace d'une sanction plus lourde de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) qui l'a auditionné mercredi après s'être saisie du dossier. Le barème est très clair : pour trois manquements en douze mois, le code de l'Agence mondiale antidopage (AMA) prévoit deux ans de suspension ferme, ou un an au mieux, "en fonction du degré de la faute du sportif". Le droit français dispose cependant que la peine peut être encore réduite en raison de "circonstances particulières".

Yoka devra attendre jusqu'au 4 juillet, "au plus tôt", avant que ne lui soit notifiée la sentence de l'AFLD, qui pourra être attaquée devant le Conseil d'Etat. De quoi perturber et plomber sa préparation pour son 5e rendez-vous chez les pros, un 2e dix rounds qui va ainsi se dérouler dans un contexte très particulier.

Malgré le flou qui entoure la suite de sa carrière, Yoka a toutefois tenté de donner le change durant les jours précédant son combat contre Allen (26 ans, 13 victoires, 2 nuls, 3 défaites). Sans nier l'impact de "l'affaire", le Français, invaincu en 4 sorties (dont 3 succès avant la limite), a essayé tant bien que mal de remettre le volet sportif au premier plan.

Tony Yoka

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" "Je ne penserai qu'à mon combat""

"Je sais faire la part des choses et samedi je ne penserai qu'à mon combat", a-t-il lâché. "Sur le ring, c'est moi qui décide de mon sort. On a fait une bonne préparation, on n'a pas coupé depuis le dernier combat (le 7 avril contre le Français Cyril Léonet, ndlr) et on est plus dans la continuité. Mentalement comme physiquement, je suis très bien".

Yoka l'assure : il n'est pas question de prendre la menace Allen à la légère et d'être uniquement obnubilé par ses soucis en dehors du ring. "J'ai besoin d'être confronté à des boxeurs de plus en plus forts et de me remettre en question", a expliqué le Français, basé aux Etats-Unis auprès du réputé entraîneur Virgil Hunter.

"Si je me lance dans un combat où je suis donné gagnant à 100%, ce n'est pas marrant, il n'y a pas de challenge et de stress. On essaye de monter en difficulté et en intensité. Une victoire permettrait de monter d'un cran alors qu'une défaite remettrait tout en question. La boxe est un sport cruel et on n'a pas le droit à l'erreur, sinon c'est très compliqué. Et si ça se passe bien, il y aura cette grosse surprise dont je parle depuis quelques temps". Une feuille de route désormais conditionnée au bon vouloir de l'AFLD.

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