Sacré champion du monde en Australie, Titouan Castryck s'est nourri des JO de Paris 2024 : "J'avais vraiment la dalle"
Par Julien Pereira
Mis à jour 03/10/2025 à 15:31 GMT+2
Cette fois, personne ne l'a privé de l'or. Il y a un peu plus d'un an, aux Jeux Olympiques de Paris 2024, Titouan Castryck décrochait une médaille d'argent au goût un peu amer. Mais il n'a plus aucun remord. Sans cet épisode frustrant à ses yeux, le kayakiste de 21 ans n'aurait peut-être pas réussi une année post-olympique aussi grandiose, conclue par un titre de champion du monde.
Les images du sacre de Titouan Castryck
Video credit: Eurosport
Titouan Castryck, quel sentiment prédomine après un premier titre de champion du monde ?
Titouan Castryck : Je suis forcément hyper heureux. On relâche aussi beaucoup de pression, car ça faisait un moment que ça montait. Et puis il y a la surtout la joie de partager un beau moment comme celui-ci. Ma famille est là, on a toute l'équipe de France qui est là et avec laquelle ça se passe super bien. Ce sont des souvenirs qui vont rester gravés à vie dans ma mémoire.
On se souvient que vous aviez manifesté un peu de frustration après votre médaille d'argent aux JO de Paris 2024. Ce titre mondial l'efface-t-elle ?
T. C. : L'objectif n'était pas forcément de l'effacer. C'était plutôt de se servir de cette frustration pour construire la suite. J'ai l'impression que c'est ce que j'ai réussi à plutôt bien faire cette année. J'avais vraiment la dalle et toute l'année, je me suis vraiment entraîné comme jamais. Le travail a bien porté ses fruits. J'en suis vraiment content et plutôt fier. De toute façon, je n'effacerai jamais ce que j'ai fait l'année dernière à Paris. Mais en y repensant, j'en suis quand même plutôt fier, d'autant que ça m'a permis de repartir de plus belle.
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Vous avez beaucoup gagné cette saison. Comment expliquez-vous cette domination ? Qu'est-ce qui fait votre force ?
T. C. : C'est une question difficile. Il y a des fois où je me pose la même question. Techniquement, j'ai mis beaucoup de temps à grandir, j'ai eu une croissance assez tardive. Dans toutes les catégories jeunes, j'étais toujours le plus petit, le plus fin, le plus maigre. J'ai vraiment dû construire mes armes sur le plan technique et au niveau de l'explosivité. Et puis, quand j'ai pris un peu de maturité physique, forcément, la vitesse a vraiment grimpé. Techniquement, j'ai des traces assez agressives, toujours un peu au ras des pâquerettes. Mais j'arrive à les tenir et surtout à continuer de produire de la vitesse dans mon bateau. A l'arrivée, je fais moins de chemin que les autres et mon bateau va plus vite. Je pense que c'est ça qui fait la différence.
Quand on voit la forme de l'équipe de France, avec notamment le titre de Nicolas Gestin, y a-t-il aussi une dynamique de groupe ? Entre vous, vous semblez vous tirer la bourre…
T. C. : Bien sûr. Ça fait trois ans que je m'entraîne dans un groupe avec Anatole Delassus notamment et Benjamin Rénia. Tous les jours, on se tire la bourre, on se charrie, on se fait des blagues entre nous. C'est ce qui nous tire vers le haut. Et si on élargit à toute l'équipe de France, ça se tire aussi la bourre avec les céistes. Quand tu vois Nico devenir champion du monde, tu n'as qu'une envie, c'est de faire pareil. Tout le monde se tire vers le haut, même chez les cadres, ça marche bien. Pour l'instant, il y a vraiment un gros cercle vertueux. Ça fait plaisir et j'espère que ça va continuer.
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Question que l'on est obligé de vous poser : pensez-vous déjà aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 ?
T. C. : Forcément. Je n'ai qu'une envie, c'est d'y aller. Mais il reste beaucoup de temps. Je vais déjà me concentrer sur la course de cross de samedi, puis sur mes vacances, faire un break. Et après, on verra. Il va falloir reconstruire un projet pour 2026. Voir comment on gérer ce nouveau statut. Ça va un peu bouger à la Fédération, on va voir si l'on va devoir s'adapter ou si c'est la Fédé qui va s'adapter à nous. En tout cas, je n'ai qu'une hâte, c'est de repartir à l'entraînement après ces vacances-là, faire du bon boulot. Et après, forcément, Los Angeles, c'est un rêve. Pas seulement pour moi, mais pour tout le monde. Anatole est chaud bouillant. Et il y a plein de jeunes qui arrivent et qui vont être chauds bouillants dans les prochaines années. Donc il va y avoir une grosse bagarre pour aller chercher l'unique "spot". J'espère que je réussirai à le décrocher. Mais il reste encore beaucoup de chemin avant cela.
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