Des trombes d'eau s'abattent sur le bassin de Lee Valley. Mais Tony Estanguet ne sent pas une goutte. Pour lui, c'est plein soleil. Pendant qu'il entonne sa troisième Marseillaise olympique, repris en choeur par ses nombreux supporters, peut-être repense-t-il à ces huit années d'attente. Huit ans pour faire de lui un monument incontournable du sport français. En 116 ans d'existence des Jeux olympiques modernes, aucun champion français n'avait réussi à décrocher trois titres dans une même discipline. Pourtant, pour un peu, cet accomplissement monumental lui passerait presque au-dessus de la tête. "La légende, ce n'est pas important, assure-t-il. Je n'étais pas là pour ça. Ce qui me tenait à coeur, c'était de ne pas craquer et être à mon niveau."
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce contrat là a été largement rempli. Après une demi-finale crispante, sur laquelle planait l'ombre de Pékin, on a pu se demander si le Palois allait réussir à sortir la manche d'anthologie dont il avait besoin. Et quand son meilleur ennemi Michal Martikan (les deux hommes se sont partagé les titres olympiques depuis Atlanta en 1996) a claqué le temps de référence en finale, la pression est montée d'un cran. "Michal ne m'a pas simplifié la tâche, avoue le Français. Je m'étais préparé à ce qu'il fasse claquer un temps. J'ai essayé de me boucher les oreilles.Et quand j'ai entendu le public, je me suis dit: 'Reste centré sur ton boulot. Ton défi, c'est la rivière. Essaye de trouver la bonne partition sans chercher des trucs extraordinaires' ". Seule la perfection pouvait dès lors sauver Estanguet.
"Je n'ai pas envie de hiérarchiser"
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C'est là que le céiste béarnais a été grand. Au moment décisif, il a sorti un véritable chef d'oeuvre, attaquant toutes les portes. Pas une faute. Une agressivité de tous les instants. Seul l'or l'intéressait. Il n'a pas calculé. "Je crois qu'il était prêt à tout pour cette finale", juge son entraîneur, Sylvain Curinier. "Ce qui me tenait à coeur, souligne de son côté le triple champion olympique, c'était de ne pas craquer et être à mon niveau", Lorsqu'il a pris la tête avec une marge importante sur Martikan, il savait que ça sentait bon pour lui. "On sait qu'on n'est pas loin du compte quand on est devant Martikan", sourit-il. L'Allemand Sideris Tisiadis, qui l'avait privé du titre européen en mai dernier, est venu ensuite se glisser devant Martikan, mais derrière Estanguet. "Le scénario est quand même très bon, savoure-t-il. Je n'ai rien fait d'exceptionnel en demi-finale, je savais que cela allait être dur en finale, il ne fallait surtout pas faire d'erreur et j'y suis parvenu. Je l'ai fait au bon moment."
Cette troisième couronne olympique est-elle la plus belle de toutes? La plus belle, peut-être pas. Mais elle est spéciale, assurément. "Elle est très belle, c'est très fort, car j'ai vécu un truc de malade mais je n'ai pas envie de hiérarchiser", confie Tony. "C'est un instant magique pour Tony, estime  Philippe Graille, le chef d'équipe du slalom. On ne peut pas rêver mieux en termes de performance sportive. Il avait deux monstres (Martikan et Sideris) et il est allé les chercher". Mais le monstre, aujourd'hui, c'est bien lui.
A 34 ans, on lui souffle qu'il pourrait rejoindre Lucien Gaudin et Christian D'Oriola dans quatre ans à Rio, avec une quatrième médaille d'or olympique, ce que seuls les deux escrimeurs ont accompli dans l'histoire du sport français. Il botte en touche. "Ce n'est pas sérieux de parler du Brésil aujourd'hui, dit Estanguet. C'est vrai qu'on est plus près de la fin, mais c'est une décision à prendre plus tard. Probablement la plus difficile à prendre". Son prochain défi, dans l'immédiat, c'est d'obtenir sa place à la commission des athlètes du CIO, défi pour lequel il s'est beaucoup battu ces derniers mois. Mais quel défi n'est pas à la mesure de ce champion hors normes?
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