Avec Vollering, Koch, Chabbey et Berthet sur l'Amstel, FDJ - Suez et son supergroupe tout terrain veulent prolonger leur domination

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Dimanche à l’Amstel, Demi Vollering est associée à Franziska Koch, Élise Chabbey et Juliette Berthet pour prolonger la série de succès de l’équipe française sur les classiques avant de s’attaquer aux courses par étapes. La FDJ United-Suez n’a pas encore conquis le Tour. Mais elle s’est déjà imposée comme la meilleure équipe du monde.

Demi Vollering (FDJ United-Suez)

Crédit: Imago

Ardennaise ou flandrienne ? Au carrefour des territoires et identités qui font les classiques du nord, l’Amstel Gold Race rassemble les spécialistes des pavés et les cabris habitués à bondir sur les pentes les plus raides. Chez FDJ United - Suez, dans le fond, peu importe la véritable nature de l’épreuve (qui manque de pavés flandriens mais ne se situe certainement pas dans les Ardennes) ; l’équipe française compte sur une abondance de talents à même de briller sur tous ces terrains.
Commençons par Demi Vollering, brillante dans les Flandres il y a deux semaines et auteure en 2023 du triplé Amstel - Flèche - Liège. Continuons avec Franziska Koch, qui vient d’arracher le pavé roubaisien que Pauline Ferrand-Prévot espérait offrir à Marianne Vos. Vollering et Koch se connaissent depuis longtemps : en 2019, la Néerlandaise avait devancé l’Allemande à l’arrivée de la Volta Limburg Classic, sur des routes similaires à celles empruntées ce dimanche. La Néerlandaise avait 22 ans, elle faisait ses débuts professionnels avec Parkhotel Valkenburg. Koch émargeait encore dans les rangs amateurs, à seulement 18 ans. Un peu plus loin dans le top 10, Juliette Labous (bien avant son mariage avec Clément Berthet) portait encore les couleurs de Sunweb.


Sept ans plus tard, les trois femmes seront réunies dimanche pour mener l’équipe FDJ United - Suez à la victoire. Et ce n’est pas tout : elles seront accompagnées de l’ultra-polyvalente Élise Chabbey, vainqueure des Strade Bianche début mars, et des Néerlandaises Amber Kraak et Eva van Agt, dont la fiabilité sur les routes piégeuses n’est plus à démontrer.
”On se présente à chaque course avec le collectif le plus fort possible”, revendiquait leur manager Stephen Delcourt au départ de Paris-Roubaix. Koch et l’Enfer du Nord lui ont donné raison. Et il s’avance encore avec ambition vers les bergs du Limbourg, les collines des Ardennes et les sommets espagnols, italiens et surtout français, avec de grands rendez-vous sur le Ventoux et à Nice, où se jouera la prochaine édition du Tour Femmes.

PFP : ”Elles seront au rendez-vous, et Demi sera super forte”

”Le Tour, c’est l’enjeu majeur pour l’équipe : l’enjeu de visibilité, l’enjeu économique”, rappelle Delcourt, qui a bâti une puissance internationale à partir de la modeste structure Vienne Futuroscope. L’an dernier, au moment de présenter l’atout Vollering, un vertige le prenait : ”C’est notre vingtième année… Alors qu’on aurait dû mourir dix fois.” Désormais, plus question de disparaître, mais seulement de briller au sommet de la hiérarchie mondiale. ”On n’a pas peur de nos ambitions”, assume-t-il. Surtout sur le Tour : ”On ne peut pas prendre le départ sans viser la victoire.”
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Sensationnel : Koch a supplanté les reines Vos et PFP

Video credit: Eurosport

À l’été 2025, le projet ”Vollering en Jaune” a buté sur l’incroyable retour au premier plan routier de Ferrand-Prévot. ”Elle était très très forte, une machine”, soufflait à l’arrivée la Néerlandaise, qui présente tout de même le meilleur bilan sur les routes du Tour depuis le retour de l’épreuve (victoire en 2023, 2e des trois autres éditions). ”On n’a pas non plus un esprit de revanche”, assure Delcourt, pendant que Vollering refuse de s’apitoyer sur son sort : ”Quand on perd on ne peut pas juste se mettre dans un coin et pleurer.”
”On sait qu’on a été battu par plus fort”, assume le manager français. ”Collectivement, on était l’équipe la plus forte, mais Pauline était un cran au-dessus de nous. On va partir du principe qu’elle sera très forte et que nous on doit être très très très fort.” La Française (qui intéressait également FDJ - Suez mais a très rapidement opté pour Visma-Lease a Bike pour renouer le fil de sa carrière sur route) est prévenue : ”Je sais qu’elles seront au rendez-vous du Tour, et que Demi sera super forte, mais c’est à moi de progresser et d’être une meilleure athlète. Ce sera une belle bataille et je suis déjà excitée.”

Négociations en cours avec Vollering

Au départ du Tour, délocalisé en Suisse ce mois d’août, Vollering sera sur ses terres d’adoption. Elle sera surtout la leader absolue d’un collectif FDJ - Suez également doté de Juliette Berthet et Evita Muzic, qui ont chacune fini dans le top 5 de la Grande Boucle. Toutes deux comptaient viser le podium à titre personnel, avant de voir la star Oranje débouler dans l’équipe française avec ses sponsors (Specialized et Nike) et ses immenses ambitions, qui passeront également par le Giro cette année (3e en 2021, sa dernière participation).
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Comment Vollering a lâché Ferrand-Prévot : son attaque dans le Vieux Quaremont

Video credit: Eurosport

La star Oranje occupe beaucoup de place. Surtout sur le Tour. Mais ”Demi n’a pas peur de partager le leadership”, assure Delcourt. C’était notamment le cas l’an dernier à l’Amstel, lorsque Berthet s’était retrouvée aux avant-postes pendant que Vollering restait en retrait avec les autres favorites. ”Juliette a demandé : ‘On fait quoi?’”, se souvient le manager FDJ - Suez. ”À l’oreillette, Demi n’a pas attendu qu’on réponde depuis la voiture : ‘C’est pour toi aujourd’hui !’” La Française a finalement pris la 4e place. Une scène similaire s’est jouée début mars aux Strade Bianche. Cette fois, Chabbey a filé vers la gloire siennoise, pendant que Koch prenait la 3e place.
”Demi gagne et elle fait gagner”, résume Delcourt, qui s’attelle à la prolongation de contrat de son étoile néerlandaise. Pour l’instant, les deux parties sont liées jusqu’à la fin de l’année 2026. Chacune a affiché publiquement son intention de poursuivre et même parfaire l’association. L’objectif est de donner à Vollering plus de responsabilités pour incarner le rôle de ”leader sur le vélo, et en dehors”, que son patron lui prête. L’équipe FDJ - Suez est devenue un ”supergroupe”. Il lui faut une ”super leader”.
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