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Le panache de Gilbert

Le panache de Gilbert
Par Eurosport

Le 18/04/2010 à 12:26Mis à jour

Omniprésent dans le final, Philippe Gilbert a placé une ultime accélération dans le Cauberg pour remporter l'Amstel Gold Race 2010. Le Belge offre à l'équipe Omega-Pharma Lotto sa première victoire de la saison ! Il a devancé Ryder Hesjedal (Garmin-Transitions) et Enrico Gasparotto (Astana).

Andy Schleck avait à la fois raison et tort. Invité cette semaine à donner son avis sur Philippe Gilbert avant l'Amstel Gold Race, le Luxembourgeois avait estimé que son collègue belge était "très fort et à ne pas négliger", mais aussi qu'il le trouvait "mieux sur un parcours comme le Tour des Flandres que sur les Ardennaises". Dimanche, Gilbert était effectivement très fort, comme l'avait prédit le cadet des Schleck. Il était, en fait, tout simplement le plus fort. Sa victoire, la première d'un belge dans l'épreuve néerlandaise depuis 16 ans, ne souffre aucune contestation.

    En l'absence d'Alejandro Valverde, bloqué au pays par le nuage de cendres islandais, Gilbert apparaissait à beaucoup comme le principal favori de l'Amstel. Il a amplement justifié ce statut en s'imposant au sommet du Cauberg. Mieux, il y a mis la manière. Car autant l'édition 2009 avait déçu par l'apathie de ses principaux prétendants, ouvrant la voie à la victoire d'un outsider, celle de Serguei Ivanov, qui avait devancé Karsten Kroon sur la ligne, autant cette fois, les ténors ont fait honneur à leur rang. Lorsque la course a réellement débuté dans les 30 derniers kilomètres, une fois la jonction opérée avec les six courageux de l'échappée matinale, l'Amstel a tenu ses promesses.

    Les Schleck un peu juste

    D'Andy Schleck à Cadel Evans, de Damiano Cunego à Frank Schleck, les costauds ont mis le nez à la porte, accélérant à tour de rôle. Andy Schleck fut l'un des premiers à secouer le cocotier, dès le Kruisberg et l'Eyserbosweg, à 20 kilomètres de l'arrivée environ. Il paraissait fluide, mais la précocité de ses escarmouches trahissait en réalité davantage de faiblesses que de forces. On allait s'en apercevoir quelques minutes plus tard. Dans le Keutenberg, quand le rythme monta d'un cran supplémentaire, il devint clair que le cadet des Schleck n'avait pas les moyens de s'imposer. Les deux plus impressionnants étaient alors Serguei Ivanov et Philippe Gilbert. Déjà.

    A 11 kilomètres du but, Gilbert a alors placé une première très grosse attaque. Mais l'entente de ses quatre poursuivants, un groupe royal avec le vainqueur 2009 (Ivanov), le vainqueur 2008 (Cunego) et le lauréat 2006 (Frank Schleck) sans oublier le toujours dangereux Alexandre Kolobnev, a condamné l'offensive du Belge. On pouvait dès lors craindre que sa chance soit passée pour de bon. On se trompait. Kolobnev, en contrant, allait tenter la sienne. Il devait tenir jusqu'au pied du Cauberg, avant de se faire avaler à 650 mètres de la ligne. C'est à la fois peu après 258 kilomètres de course, et beaucoup dans une ascension comme le Cauberg. Tout était donc à refaire mais la dernière attaque de Philippe Gilbert allait être la bonne. Cette fois, personne n'allait revoir le Wallon, qui pouvait se permettre de lever le poing bien avant la ligne, ses deux premiers poursuivants, Ryder Hesjedal (Garmin-Transitions) et Enrico Gasparotto (Astana) étant à distance respectable. Tous les autres avaient rendu les armes.

    C'est un soulagement pour Philippe Gilbert, souvent placé en ce printemps 2010 mais jamais gagnant. Ça l'est plus encore pour son équipe, Omega Pharma Lotto, qui était toujours en quête de sa première victoire en 2010, aussi incroyable que cela puisse paraître pour une formation de ce calibre. Mais ça valait le coup d'attendre. "C'est mieux de gagner une classique comme celle-ci que cinq succès dans une petite course par étapes", s'est d'ailleurs amusé Gilbert. L'ancien protégé de Marc Madiot est en train de se bâtir un joli palmarès. Son fabuleux automne 2009 (victoires dans Le Tour du Piémont, la Coppa Sabatini, Paris-Tours et le Tour de Lombardie) lui a donné définitivement une nouvelle dimension. Ce triomphe dans l'Amstel vient le confirmer. Il est d'autant plus probant qu'il était annoncé.

    Reuters

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