Aubin Sparfel, attention (gros) talent : "Moi, une pépite ? Ce serait exagéré"
Vendredi, Aubin Sparfel est entré dans la cour des grands en remportant, à 19 ans et 6 jours seulement, sa première course professionnelle à l'occasion du Tour du Finistère. Une victoire qui a fait du bruit par sa manière, impressionnante, mais aussi évidemment, à cause de la précocité d'un garçon appelé à faire de grandes choses sur la route et en cyclo-cross.
Le Tro Bro Leon mériterait-il d'être "World Tour" ?
Video credit: Eurosport
Il y avait Paul Seixas, il y aura peut-être bientôt Aubin Sparfel. Pas encore tout à fait membre de l'équipe Decathlon-AG2R La Mondiale (il ne figure "que" dans l'équipe de développement). Le gamin avait encore 18 ans il y a dix jours mais son nom a explosé à la figure du peloton mondial en même temps que son punch, vendredi dans les derniers hectomètres du Tour du Finistère. Un coup de canon accompagné de belles promesses car ce succès n'a fait que confirmer le talent d'un probable futur grand.
On le connaissait cyclo-crossman prometteur, champion d'Europe juniors 2023 et champion du monde du relais mixte en 2024, année où il aurait pu décrocher aussi le titre continental individuel sans une crevaison malheureuse dans l'ultime tour de circuit. Puisqu'il emprunte les mêmes routes que les Wout van Aert ou Mathieu Van der Poel et qu'il brille de manière très, très précoce chez les professionnels, Sparfel sera tôt ou tard comparé à ses glorieux aînés. Il y avait d'ailleurs dans la double accélération qui lui a permis de remporter le Tour du Finistère, quelque chose que le duo belgo-néerlandais a aussi pour lui, une qualité que le cyclo-cross développe chez ses adeptes.
Dans la roue d'Evenepoel
"Pour moi qui viens de découvrir les rangs professionnels, c'est sûr que c'est spécial, savoure-t-il à notre micro quelques jours plus tard. Il faut savourer parce que ça n'arrive pas à beaucoup de coureurs de gagner aussi tôt." En vérité, ce succès l'amène dans des sphères atteintes par Remco Evenepoel, Isaac Del Toro, eux aussi vainqueurs précoces chez les pros, en attendant de voir s'il peut rapidement atteindre un niveau proche de celui de ce genre de coureurs et de savoir vers quel profil il se dirigera.
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Aubin Sparfel (Décathlon - AG2R La Mondiale) a signé le premier succès de sa carrière en remportant le Tour du Finistère
Crédit: Getty Images
"Pour l'instant, je me dirige plutôt vers un profil de puncheur, dit-il. Un bon puncheur qui, dans ses bons jours, peut faire des choses en montagne. Il faudrait anticiper les batailles des favoris, parce que je ne pense pas être le meilleur grimpeur du monde à mon âge." Est-il, à l'inverse, le meilleur puncheur de son âge ? "Difficile de le dire de soi-même, rigole l'intéressé. Mais j'ai de bonnes qualités." Ne comptez pas sur Sparfel pour rouler des mécaniques. Quand on lui demande s'il a conscience d'être ce qu'on appelle un peu facilement "une pépite", le Vosgien répond qu'à ses yeux, c'est un "brin exagéré". Sparfel en a pourtant bien les atouts.
Fidèle au cyclo-cross
Mais le gamin, très heureux d'avoir ouvert son compteur professionnel, ne veut pas griller les étapes. Puisqu'il ne court "que" dans l'équipe de développement de Decathlon-AG2R La Mondiale, Sparfel ne pourra pas courir en World Tour cette saison. Et d'ailleurs, s'il est évidemment amené un jour à y courir et, peut-être, à y briller, Sparfel n'a pas un désir brûlant pour le plus haut niveau du cyclisme. L'an prochain ? Pas sûr. C'est que le coureur de 19 ans a un plan en tête : il veut être champion du monde espoirs de cyclo-cross en 2026 - une discipline qui restera longtemps à son programme -, et, avant cela, entend engranger les succès dans les catégories inférieures.
"J'ai beaucoup travaillé pour Paul Seixas donc côté résultat personnel, c'était un peu moins ça, répond-il quand on lui demande pourquoi il n'a pas franchi le pas en même temps que son ami l'hiver dernier. Paul avait vraiment le niveau pour passer en World Tour. Moi c'est différent. Je n'ai pas le profil pour avoir les watts pour m'accrocher. J'ai encore besoin d'apprendre comment gagner des courses avec mon punch avant de pouvoir m'exprimer chez les grands. Je pense que j'ai besoin de maturité." Dans ses mots, Aubin Sparfel ne fait pas ses 19 ans et physiquement sa victoire de vendredi prouve qu'il est, là aussi, un peu en avance.
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Cyclo Cross World Championships Tabor - Highlights
Video credit: Eurosport
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