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Gilbert assume tout

Gilbert assume tout
Par Eurosport

Le 28/09/2010 à 22:17Mis à jour Le 29/09/2010 à 00:07

Toutes les délégations le désignent comme le favori numéro un du Championnat du monde. Mais ce statut ne perturbe pas Philippe Gilbert. Au contraire, le Belge l'assume, comme il revendique son ambition de revêtir le maillot arc-en-ciel dimanche. Toute la Belgique croit en lui. Non sans raisons.

Ils n'ont que son nom à la bouche. Les Belges croient en lui. Les autres le craignent. De Bettini à Pozzato, de McEwen à Evans, tous l'ont intronisé comme le principal candidat à la succession de Cadel Evans. Alors, Philippe Gilbert en arc-en-ciel dimanche à Melbourne? Aucune course n'est plus imprévisible que le Championnat du monde. Mais le Liégeois fait quasiment l'unanimité quand il s'agit de trouver un favori. "Ça ne me dérange pas, ça ne me fait pas peur", a-t-il confié. Tout plaide en sa faveur. Le parcours, au profil suffisamment dur pour provoquer une sélection, sa forme du moment, la solidité de l'équipe belge, tout joue en sa faveur.

Oui, Gilbert a tout pour lui. Depuis un an et son fabuleux automne 2009 (victoires enchainées dans la Coppa Sabatini, Paris-Tours, le Tour du Piémont et le Tour de Lombardie), l'ancien protégé de Marc Madiot a changé de dimension et 2010 a confirmé qu'il appartenait bien à l'élite mondiale. L'ex grand espoir est devenu une référence. Pas étonnant, donc, que sont nom revienne aussi souvent à l'heure de désigner un favori. “Ca, ce n’est pas surprenant, juge Marc Sergeant, le manager de l'équipe Omega Pharma Lotto. tout le monde sait qu’il est devenu un des meilleurs, si pas le meilleur, spécialiste des courses d’un jour. Et quand Philippe Gilbert est concentré sur un objectif, on peut être certain qu’il sera prêt. Tout en sachant qu’il gère très bien la pression."

Sergeant: "Il a bien géré sa préparation"

Pour la concurrence, Gilbert est un vrai casse-tête. Il est capable de sortir en solitaire, mais peut aussi compter sur sa pointe de vitesse. En Australie, il aura donc deux atouts à abattre, selon les circonstances. “Avec ces deux côtes, ce ne sera pas facile, a-t-il jugé dans le quotidien La Dernière Heure après avoir reconnu le parcours. La première me fait penser à celle que nous devions monter lors du championnat de Belgique d’Aywaille tandis qu’un virage technique au pied de la seconde rendra celle-ci encore plus dure, puisque notre vitesse ne sera pas élevée au moment de l’aborder. C’est bon pour moi. La dernière partie jouera aussi en ma faveur. Je ne devrai par exemple pas attaquer à tout prix dans la dernière côte car je peux avoir de grandes chances en cas de sprint.” D'autant qu'en l'absence de Tom Boonen, il fera figure d'unique leader.

Une confiance inébranlable qui puise aussi sa source dans la récente Vuelta. Avec deux victoires d'étapes et presque une semaine avec le maillot de leader sur le dos, Gilbert a marqué les esprits et consolidé sa stature d'homme à battre au Mondial. “Il m’a même un peu surpris, car avant le Tour d'Espagne, lors d’une réunion, il m’avait qu’il n’était pas certain de sa condition, reprend Marc Sergeant. Mais quelques jours plus tard, il a sorti un grand numéro lors de sa première possibilité de victoire d’étape, avant de joliment défendre son maillot rouge de leader." Mais cette année, le Mondial se tient deux semaines après la fin de la Vuelta. Pourrait-il avoir atteint trop tôt son pic de forme? Sergeant ne le croit pas. "Il a bien géré sa préparation. Il a coupé après les classiques, s’est reposé après le Championnat de Belgique avant de reprendre par un stage à Livigno et de n’enchaîner que trois courses avant la Vuleta : San Sebastian Hambourg et Plouay.”

Ce dernier point n'inquiète pas davantage le Wallon. "Je suis à 100%, garantit Gilbert. Je me suis préparé comme jamais. Depuis quatre mois, tout ce que je fais, je le fais en pensant aux Mondiaux. Je n'ai vécu que pour ce rendez-vous et j'y crois très fort." Confiant sans être arrogant, Philippe Gilbert sait ce qu'il vaut. Et ce qu'il veut. "Comme tout le monde, j'ai très envie de devenir champion du monde et je crois que je peux le faire, confie le vainqueur de l'Amstel Gold Race 2010. Je ne dis pas que je vais gagner mais si tout se passe normalement, j'aurai ma chance, j'en suis certain". Et ils ne seront pas nombreux à avoir une chance plus grande que la sienne…

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