Dorian Godon (Decathlon AG2R La Mondiale), d'"Astérix chez les Romains" lors d'une échappée avec Groupama-FDJ à Roi de France
Eurosport sur GoogleDorian Godon a triomphé dimanche au Mont des Alouettes à l'issue d'une grande performance collective qui tranche avec une image forte : à 72km de l'arrivée, le futur champion de France était en tête avec dix coureurs de Groupama-FDJ. Decathlon AG2R La Mondiale a inversé la tendance grâce à Lapeira, Seixas ou autre Prodhomme. L'immense déception est pour Romain Grégoire et les siens. Explications.
Au nez et à la barbe des Groupama-FDJ : la victoire de Godon en vidéo
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Un contre dix, chiche ? Lorsque la Groupama-FDJ a décanté la course en ligne des championnats de France, ce dimanche, un seul adversaire a réussi à prendre le bon wagon : Dorian Godon. Et deux heures plus tard, c'est lui qui a jubilé aux Herbiers. "J'étais un peu Astérix chez les Romains avec les FDJ (à ce moment-là), ça m'a apporté un certain confort d'être devant", a analysé le lauréat de l'épreuve, après son passage sur le podium.
Mais comment a-t-il fait pour damer le pion à l'armada de Marc Madiot ? Il ne s'agit pas d'une performance individuelle plus folle encore que celles de Ian Stannard, face à la Quick-Step de Tom Boonen, et de Neilson Powless, face à la Visma de Wout van Aert. Non, c'est collectivement que Decathlon AG2R La Mondiale a repris la main, pour conserver son bien.
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10 échappés pour Groupama-FDJ + Godon : l'attaque originale en vidéo
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Lapeira, tenant du titre en éclaireur
Dans le final, Godon a pu compter sur une attaque de Paul Lapeira, vainqueur sortant, qui a forcé les autres équipes à assumer la poursuite. Puis il a été lancé par Paul Seixas et Nicolas Prodhomme, dans le Mont des Alouettes, où il a pris le meilleur sur Romain Grégoire (2e), carte-maîtresse de Groupama-FDJ, et Kévin Vauquelin (Arkéa-B&B Hotels, 3e).
"Ça fait un an que ma copine dit que je vais être champion de France ici, a souri le néo-porteur du maillot tricolore. J'étais porté par le public (dans le sprint). Je n'y voyais plus très clair." Clairvoyants, les coureurs de Decathlon AG2R La Mondiale l'ont donc été pour le placer dans cette situation idéale. "On n'était pas les plus nombreux, on a bien couru, s'est gargarisé Prodhomme. J'ai cru que Dorian allait casser le vélo tant il avait de la force."
Tout est parti d'une première échappée très fournie qui ne leur convenait pas tellement. "On a rétabli la situation avec une grande aide d'Arkéa, on s'entend bien avec Kévin (Vauquelin)", raconte Lapeira. Puis il y a eu ce fameux coup de la cassure de Groupama-FDJ, à 72 bornes de l'arrivée, que Seixas a compensé d'une rapide ascension du Mont des Alouettes, alors qu'il restait quatre tours à parcourir.
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"Les Groupama avaient pris la course en main, je n'ai pas réussi à les remercier" : Grégoire déçu
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AG2R a été plus malin sur ce coup-là, j'ai certainement commis une erreur
Et lorsque le surnombre a changé de camp, le sang-froid a parlé. Quand Louis Barré (Intermarché-Wanty) a repris puis dépassé Lapeira, c'est Grégoire qui a accéléré pour revenir dans son sillage, à un peu plus d'un kilomètre du terme. "Peut-être que AG2R aurait pu faire cet effort, a déploré le vice-champion de France, avec du recul. Dans un moment comme ça, c'est toujours difficile d'être lucide. Mon dernier équipier, Valentin (Madouas) s'écarte. Je me sens obligé d'y aller (…) AG2R a été plus malin sur ce coup-là, j'ai certainement commis une erreur."
Pas de panique chez Seixas, Prodhomme et Godon, qui ont dans cet ordre avalé la dernière borne en maîtres des événements. "Je n'ai aucun regret personnel. Je savais que Dorian n'était pas jouable au sprint pour les autres équipes, a assuré Paul Lapeira, au sujet de son sacrifice payant. Mission plus qu'accomplie, on se devait de garder le maillot. Que Dorian l'ait, je suis le plus heureux du monde."
Le témoignage d'une sacrée confiance, alors qu'il restait des coureurs véloces comme Axel Laurance (5e) et Paul Magnier (10e) dans le groupe de tête. "La clef de la victoire de Godon, c'est le travail des grimpeurs. Pourquoi Axel Laurance et Paul Magnier ne jouent pas la victoire ? Parce que Nicolas Prodhomme et Paul Seixas ont été énormes après la flamme rouge et les sprinters n'avaient plus de ressources dans les 200 derniers mètres", estime notre consultant Jacky Durand.
C'est une question de confiance et d'atomes crochus, aussi. "[Dorian] est un mec pour qui on a une affection énorme, tous, dans l'équipe. C'est un gros bonhomme qu'on aime tous", juge celui qui lui transmet le témoin. Or, le "gros bonhomme" avait des jambes de feu ce dimanche, sur ce circuit de 16,5km à arpenter treize fois (et non quatorze, en raison de fortes chaleurs). "Je savais que j'allais faire un très bon résultat, j'étais dans une grande journée", a vite senti Godon.
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"'Stach Power, je savais que j'avais de bonnes jambes dès le 1er tour" : Godon savoure son titre
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Deux injonctions de victoire, un seul vainqueur
"Superbe travail collectif, de A à Z, c'est juste incroyable", a quant à lui soufflé un Paul Seixas brillant (9e) qui savait qu'il pourrait tenir le rôle de leader comme celui d'équipier, en fonction du scénario. Celui-ci s'est donc dessiné en faveur de son aîné d'une dizaine d'années (18 "contre" 29 ans). Les automatismes en prime, avec Nicolas Prodhomme, Dorian Godon était dans un fauteuil : "Grâce à lui, j'ai gagné pas mal de course, au Romandie l'année dernière (deux étapes, ndlr). Quand ça se passe comme ça, je ne peux pas me louper."
Un sentiment à la fois si proche et si éloigné animait Romain Grégoire, peu après l'arrivée : "J'ai cru en ma chance. Après toute ce que l'équipe avait fait, je ne me laissais pas d'autre choix que de l'emporter... Je suis battu par plus fort. Le deuxième est le premier perdant, dans un championnat plus que partout ailleurs. C'est une grosse déception personnelle et collective." Ce n'était pas le jour de(s) Romain(s) mais bien celui de Godon et de sa moustache digne d'Astérix.
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