Comment Decathlon CMA CGM compte transformer Emilien Jacquelin le puncheur
Publié 30/03/2026 à 23:41 GMT+2
Sur un vélo... comme sur les skis ? Émilien Jacquelin va tenter de transposer sa vision de la compétition sur la route en travaillant avec Decathlon CMA CGM. Mais passer de biathlète explosif à coureur puncheur va nécessiter une vraie évolution sur le plan physique. Explications avec le Grenoblois et Jean-Baptiste Quiclet, directeur de la performance de sa nouvelle équipe.
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Il a souri lorsqu'on lui a dit que la ressemblance avec son idole, Marco Pantani, n'était pas flagrante. Mais Émilien Jacquelin mesure assez bien l'ampleur du défi qu'il a choisi de relever en rejoignant l'équipe de développement de Decathlon CMA CGM. Troquer les skis et la carabine pour le vélo implique une vraie métamorphose sur le plan physique.
"Forcément, Émilien pèse pas loin de 80 kg avec un buste et une cage thoracique extrêmement développés par le ski, note Jean-Baptiste Quiclet, directeur de la performance de l'équipe française. Donc il y a un peu de travail à ce niveau-là." "Je pense que ça me demandera de perdre certains kilos, nous souffle l'athlète. Tout ce qui est au niveau du haut du corps se perdra peut-être assez facilement car je ne ferai pas de ski-roues, ni de musculation pour cette partie-là".
Garder l'explosivité, ajouter l'endurance
Dès le mois de mai, le double médaillé des Jeux Olympiques de Milan-Cortina va entamer une préparation sur mesure. Au programme : moins de variété que lors de ses précédentes intersaisons. Et plus d'endurance. "Il va commencer par pratiquer 15 à 18h de vélo par semaine, nous dévoile Quiclet. Il va travailler sur des cycles de trois ou quatre semaines et au moins de juin, les volumes horaires dépasseront les 20 heures. À cela, il faut ajouter la musculation et la course à pied, parce que ce n'est pas contre-productif."
À cette copie seront intégrées des séances biomécaniques, pour peaufiner sa position et son rendement sur le vélo, mais aussi des exercices techniques. "Parce que faire du vélo, c'est une chose mais faire du vélo en peloton, c'en est une autre", nous rappelle le dirigeant. Même si le Grenoblois ne part pas de zéro, puisqu'il a beaucoup pratiqué jusqu'à son adolescence. "Le peloton pro, même avec la 'new gen' [l'équipe de développement n'est constituée que de jeunes coureurs, NDLR], est beaucoup plus agile, souligne-t-il toutefois. Et ça frotte sans doute beaucoup plus."
La mission la plus relevée sera de transformer un organisme habitué à des efforts denses mais réguliers vers un corps plus endurant et capable de répéter les efforts à très haute intensité. "Il va toucher à une famille d'interval training [entraînement fractionné] qui n'est pas sa pratique dominante, développe Jean-Baptiste Quiclet. Plutôt sur des intervalles de 10, 15, 20 ou 30 minutes." Cette tendance doit lui permettre d'élever ses capacités de seuil, c'est-à-dire ses aptitudes à maintenir un certain niveau d'efforts dans la durée.
On sait qu'il y a quand même un gros moteur
À l'évidence, Émilien Jacquelin ne deviendra pas un grand grimpeur. Decathlon CMA CGM va plutôt l'orienter les entraînements du biathlète vers un profil de puncheur. Ce qu'il est déjà sur les skis, physiquement et dans l'état d'esprit. "Mon explosivité, c'est une chose que j'ai toujours eue", assure-t-il. "Même s'il y a des choses que l'on souhaite consolider dans son profil athlétique, on sait qu'il y a quand même un gros moteur", abonde le directeur de la performance.
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Voilà pour la théorie, même si l'équipe admet avancer avec une inconnue qui concerne "la plasticité du corps et sa capacité à évoluer", après huit saisons pleines de biathlon au plus au niveau. "On reste confiants, certifie Quiclet. Son profil se détache vers quelque chose de très explosif. C'est vers ça qu'on va se diriger et voir de quelle manière son corps peut évoluer sur des temps de soutien classiques pour un puncheur de trois, quatre ou cinq minutes."
Alors, lorsqu'on lui a demandé à quel coureur il pourrait s'identifier physiquement, et non émotionnellement, Jacquelin a visé juste : "Je pense que ce serait quand même un gabarit explosif, comme un Mathieu van der Poel, qui a cette capacité de punch, confie-t-il. Toutes proportions gardées, évidemment." Il y a effectivement du boulot.
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