Les rêves de Levi

En remportant le Dauphiné Libéré, Levi Leipheimer (Gerolsteiner) a réalisé un rêve d'enfant. Après un début de semaine malheureux, l'Américain a su s'imposer grâce à sa régularité et sa polyvalence. Malgré tout, Il n'y voit pourtant pas un signe pour le

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Crédit: Eurosport

Cette fois, Levi Leipheimer ne s'est pas fait avoir. C'est lui qui donne la conférence de presse du vainqueur, les yeux brillants. Dominateur sur l'édition 2005, l'Américain avait été piégé par une échappée au long cours d'Inigo Landaluze pour finalement échouer à la troisième place du podium. Cette fois, il savoure son succès. "Ca fait vraiment plaisir car l'année dernière j'aurais pu gagner, j'aurais dû gagner même, se souvient-il. Le Dauphiné, c'est une course difficile à contrôler pour une équipe et cette année Gerolsteiner a l'a très bien fait".
Ce ne fut pas de tout repos. Cette 58e édition a plutôt mal commencé pour Levi Leipheimer. Des soucis techniques sur le prologue, une chute sur la première étape, rien ne souriait au petit chauve. "Je pensais que je n'aurais pas de chance et ça ne serait pas mon année, explique-t-il. J'ai accusé le coup mais finalement le vent a tourné et la semaine s'est bien terminée." L'Américain s'est ensuite affirmé comme le plus régulier. Troisième du contre-la-montre puis sur le Ventoux, il n'a eu qu'à gérer son avance dans les deux grandes étapes alpestres et contenir ses adversaires dans l'Izoard puis sur l'étape-reine de samedi.
Un rêve puis un autre
Depuis plusieurs années, le Critérium réussit bien aux Américains. Tyler Hamilton s'y était imposé en 2000 (2e en 2004) puis Lance Armstrong par deux fois (2002 et 2003). Depuis cinq ans, ils sont toujours montés sur le podium. Levi Leipheimer est tout heureux de prendre le relais et d'inscrire son nom au palmarès de l'épreuve. "Depuis que je suis tout petit, je rêvais de gagner le Dauphiné. Je connais cette course depuis que j'ai commencé le cyclisme. C'est vraiment l'un des plus belles du calendrier. En 2000, j'ai dit à Tyler que je remporterais cette épreuve un jour et c'est fait !"
L'autre rêve de Levi Leipheimer, c'est bien sûr le Tour de France. Sixième l'an dernier, l'ancien lieutenant de Lance Armstrong est bien placé pour briller sur les routes en juillet. Spécialiste du contre-la-montre, il est aussi capable de suivre les meilleurs en montagne. Il faudra compter sur lui malgré ses 32 ans même si lui n'en fait rien. "On ne peut pas tirer de conclusions du Critérium en vue du Tour. Certains coureurs effacés ici seront alors bons et vice versa. Je sais aussi que la plupart sortent d'une longue coupure et qu'ils n'ont pas voulu puiser dans leurs réserves."
"Arrêtons de se projeter"
Les piètres performances d'Alexandre Vinokourov, d'Alejandro Valverde et surtout de son compatriote Floyd Landis ne sont pas des indicateurs pour Levi Leipheimer. Tout au long de la semaine, il a répété qu'il y avait plusieurs manières de remporter le Tour. Et c'est l'exemple d'Armstrong qui lui vient tout de suite en tête. "Il a dépensé beaucoup d'énergie certaines années sur le Dauphiné et était beaucoup plus économe d'autres fois. Moi, j'ai choisi de faire des efforts ici parce qu'il est impossible d'en faire autant à l'entraînement, seul".
Effacé depuis sa victoire sur le Tour de Californie en février, Levi Leipheimer poursuit sa montée en puissance. Il devrait s'accorder une semaine de break avant de reprendre l'entraînement, "persuadé qu'il peut rester dans le même degré de forme" . Le Tour de France, il y pense mais pas tous les jours. C'est même loin d'être une obsession. "Arrêtons de se projeter systématiquement sur le Tour" , assène-t-il depuis le début du Critérium. Un objectif à la fois, c'est bien suffisant pour lui. L'Américain avance à son rythme et continue de rêver…
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