Moreau est de retour

Deuxième en haut du Ventoux, Christophe Moreau (Ag2r) brille sur le Dauphiné Libéré. A trois semaines du Tour, et à 35 ans, le Belfortin est en forme. Il savoure sans se mettre la pression. Avant le Galibier samedi, il sait aussi qu'il reste un autre morc

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Crédit: Eurosport

Vingt kilomètres d'ascension et une défaite pour vingt centimètres. Rageant peut-être, mais pas pour Christophe Moreau. "C'est la meilleure montée du Ventoux de ma carrière, que demander de mieux ?! En bas, ça aurait été signé d'avance" . A 35 ans, le coureur de la formation Ag2r savoure. Tout simplement. Il n'était pourtant pas loin de réussir à dompter le géant de Provence. "C'est un peu de ma faute, avoue-t-il. Je croyais que Leipheimer était le plus fort et qu'il allait bouger le premier. Menchov a giclé et il m'a pris dix mètres."
"Je ne suis pas fini"
Qu'importe. Moreau se contente de cette belle montée et de cette deuxième place. Surtout après le chrono de mercredi où il n'était pas au mieux. "Je ne m'attendais pas à vivre une telle journée , explique-t-il. Il fallait que je me rassure en tentant de ne pas perdre trop de terrain sur les meilleurs". C'est donc fait et mieux encore. Moreau confirme sa forme. Troisième du récent Tour de Catalogne, le Français monte en puissance à l'approche du Tour. Il est en confiance et ses jambes répondent.
"Avec l'âge, je deviens exigeant mais je prouve que ma forme va crescendo, mes sensations sont bonnes. Je ne suis pas fini". Vainqueur en 2001 et 3e en 2002, le Dauphiné Libéré est une course qui plaît au Belfortin. Cette 58e édition démontre que le temps n'a pas ou peu d'emprise sur lui. "A 35 ans, accompagner les meilleurs en montagne, c'est super, et ça me rassure. J'ai marqué un bon point. Mais je veux relativiser. Pas d'emballement, il reste deux grosses étapes".
Rouler pour le plaisir
Moreau ne vise pas la victoire sur le Critérium. Il n'oublie pas que le peloton devra affronter en deux jours l'Izoard, le Galibier et la Croix de fer. Pour lui, l'essentiel n'est pas de forcer ou se mettre dans le rouge. Les objectifs viennent après, selon la forme et presque selon l'envie. "J'ai du plaisir à faire des étapes comme celle du Ventoux, et celles à venir, avec les meilleurs à l'avant, avec une course débridée qui explose, explique-t-il. Jouer le général pour dire je fais le général, non."
Passé dans les rangs d'Ag2R cette saison suite à une brouille avec le Crédit Agricole, le changement d'air a fait du bien à Christophe Moreau. Son expérience, son sens de la course font le reste et c'est ce qui fait de lui, cette année encore, la meilleure chance française sur la Grande Boucle. Meilleur tricolore l'an dernier (11e), il n'est cette fois pas le leader de son équipe. Il devra a priori travailler pour Paco Mancebo. Si l'Espagnol n'est pas au mieux, le Français ne se gênera pas pour jouer sa propre carte. Sans pression et pour son plus grand plaisir.
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