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La tradition Nazon
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Publié 27/03/2004 à 11:15 GMT+1
Jean-Patrick Nazon a remporté la 1e étape du Criterium International samedi, un an après son frère Damien et deux après son premier succès. Le sprinter de l'équipe AG2R perpétue ainsi la tradition familiale dans les Ardennes et signe sa première victoire
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Voilà une victoire qui fait du bien. A son auteur, à son équipe et à tout le cyclisme français, plutôt avare de succès en ce début d'année. En s'imposant dans l'étape en ligne du Criterium International, Jean-Patrick Nazon a apporté au cyclisme hexagonal son quatrième succès de la saison, son premier personnel. A croire que l'air des Ardennes réussit tout particulièrement à la fratrie Nazon. Il y a deux ans, J-P, alors sous les couleurs de la Fdjeux.com, s'était déjà imposé. L'année suivante, c'est Damien, l'autre sprinter de la famille, qui avait levé les bras. Jean-Patrick a donc perpétué la tradition samedi.
Superbement emmené par Marc Scanlon, Nazon s'est comporté en patron dans la dernière ligne droite, justifiant son nouveau statut dans le peloton depuis son dernier Tour de France, mais aussi la confiance de Vincent Lavenu. Le manager de l'équipe AG2R possède désormais deux pointures du sprint, puisque Jan Kirsipuu a lui aussi déjà sévi cette saison. Devançant nettement les compères de la Gerolsteiner, Markus Zberg et Peter Wrolich, Nazon s'est offert la 14e victoire de sa carrière.
La galère de Beloki
L'édition 2004 du Criterium n'a donc pas échappé à la coutume, qui veut que la première étape débouche presque neuf fois sur dix sur un sprint massif. Les attaques n'ont pourtant pas manqué. Celle de Guillaume Auger fut la plus longue, la plus courageuse et la plus significative. Seul à l'avant de la course pendant plus de quatre heures et 160 kilomètres, le coureur de l'équipe RAGT Semences n'a déposé les armes qu'à une dizaine de kilomètres de l'arrivée. Forcément cruel, mais très encourageant pour la bande à Serge Barle et Jean-Luc Jonrond, trop timide depuis son arrivée dans le peloton.
Après cette tentative de grande évasion, les petites fuites du final furent rapidement colmatées par un peloton décidé à terminer en ordre groupé. Samuel Dumoulin, Sylvain Chavanel ou David Moncoutié avaient des fourmis dans les jambes, mais il leur aurait fallu de la dynamité pour mener à bien leurs tentatives. On attend quand même avec impatience la suite des opérations, notamment pour les deux derniers nommés, qui seront à nouveau à l'attaque dès dimanche matin dans la course de côtes.
Qui sait si Lance Armstrong et Alexandre Vinokourov ne les accompagneront pas? Les deux stars se sont tirés la bourre pour deux secondes de bonification samedi, à la stupeur de leurs collègues. D'un boyau, Vino a coiffé le Texan, avant d'échanger avec le sextuple vainqueur de la Grande Boucle un sourire complice et révélateur. Le Tour de France a déjà commencé. Il semble en revanche bien loin pour Joseba Beloki. Pour sa grande rentrée huit mois après sa chute dans le Tour, le Basque a vécu une sacrée galère. Pris dans une chute à 40 kilomètres de l'arrivée, le nouveau leader de La Boulangère a continué courageusement, avec son équipier Laurent Lefèvre comme seul compagnon d'infortune. Dure, dure, la rentrée...
ILS ONT DIT...
Jean-Patrick Nazon (FRA/AG2R): "Je pense à mon frère Damien qui s'est fait retirer des broches (jeudi) après son opération. Cette ville nous réussit bien. Avec mon frère, c'est la troisième victoire en trois ans. J'en avais besoin car je commençais un peu à douter. Je n'avais pas gagné de sprint depuis l'arrivée du Tour sur les Champs-Elysées. Ce n'est pas encore la grosse forme mais le parcours n'était pas trop physique, je pouvais m'en sortir. Les bonnes sensations reviennent. Les Français ont été très critiqués après Paris-Nice. Je pense que ce n'était pas mérité. Les coureurs français vont être motivés après cette période un peu délicate".
Guillaume Auger (FRA/RAGT): "Il y avait du vent dans le final, ce n'était pas favorable à un homme seul contre un peloton. J'ai essayé de gérer mon avance du mieux possible. Mais les bosses à répétition dans la dernière partie m'ont été fatales. J'aime bien partir de loin. Je ne suis pas sprinter et c'est la bonne tactique pour moi".
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