Giro 2023 | Thomas, Roglic et les autres.... : La seule vérité, c'est qu'on ne sait rien

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Entre-t-on dans la troisième semaine dès la 13e étape du Tour d'Italie ? La réponse logique est évidemment non mais philosophiquement les 74 kilomètres d'une étape raccourcie vers Crans Montana promettent un premier jalon nerveux d'une fin de Giro dantesque. Si certains l'ont déjà quitté, le Tour d'Italie n'a pas encore connu de grande bagarre.

"On ne veut pas risquer nos vies" : Gilbert salue la "sage décision" de raccourcir l'étape

Video credit: Eurosport

Douze jours, deux chronos, une arrivée à plus de 2 000 mètres d'altitude et deux minuscules secondes séparent toujours les deux premiers du classement général, 35 si l'on pousse jusqu'au cinquième. Une paille au regard des kilomètres avalés et des pièges en tous genres qui ont d'ailleurs déjà mis sur la touche une pelleté de favoris dont le plus illustre d'entre eux, Remco Evenepoel. Mais ce vendredi, même sur une étape très raccourcie avec un tracé réduit à 74 kilomètres, la course entre dans une autre zone, celle des possibles.
Le sort a voulu que deux des trois leaders qui ont pris du temps sur les autres dans une étape en ligne se retrouvent aux deux premières places du classement général. Sans son infection au Covid-19, Remco Evenepoel (Soudal-Quick Step) trônerait sans doute encore au sommet du général avec un matelas pas bien épais de 45 secondes. Son abandon a propulsé Geraint Thomas (INEOS Grenadiers) en rose et Primoz Roglic (Jumbo-Visma) à ses trousses. Le Gallois fut le seul, avec Tao Geoghegan Hart, depuis rentré à la maison sur chute, à suivre l'offensive du Slovène vers Fossombrone sur la 8e étape. Une escarmouche qui avait repoussé Evenepoel et les autres à… 14 secondes.

Va-t-on savoir dès la 13e étape ?

Rien donc et surtout pas quelque chose de nature à tirer des plans sur la comète pour la suite. Sur les étapes en ligne, les leaders se sont neutralisés. Premièrement parce que Gran Sasso mis à part, la haute montagne n'était pas au programme. Deuxièmement parce que la fin du menu invitait à rester sage sur l'entrée. Mais ce vendredi, même sur un tracé amputé du Grand Saint-Bernard, il faudra gravir deux cols : La croix de Coeur d'entrée de course (15,5 km à 8,6%) et enfin la montée finale vers Crans Montana (12,9 km à 7,3%).
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Le nouveau parcours de la 13e étape du Giro

Crédit: Eurosport

Ce n'est plus exactement le sacré programme initialement prévu, mais le contexte particulier promet une journée très nerveuse et certainement des attaques dès les premiers kilomètres de course. Et il livrera ses premiers enseignements sur la lutte entre les prétendants à la victoire finale. Primoz Roglic évite tous les pièges ou presque depuis le début du Giro, et s'il avait d'abord envisagé un duel avec Remco Evenepoel, il était finalement devenu la cible à abattre après son retrait. Pire pour le Slovène, ses adversaires avaient plusieurs cartouches quand lui allait devoir compter les siennes.

Oubliez les stratégies d'équipe, place à l'homme à homme

On notait la présence de cinq INEOS dans les 11 premiers mais l'abandon de Geoghegan Hart change évidemment la donne chez les Britanniques, rarement adeptes des courses débridées du temps de leur splendeur comme depuis quelques années qu'ils évoluent dans l'ombre des superstars Pogacar & cie. Un temps, Joao Almeida (UAE Team Emirates) avait lui aussi un sacré allié en la personne de Jay Vine mais l'Australien navigue désormais à 20 minutes du maillot rose. Et même le duo BORA - hansgrohe a perdu la moitié de ses forces avec le retrait d'Aleksandr Vlasov, laissant Lennard Kämna seul dans la lutte.
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Geraint Thomas

Crédit: Getty Images

En somme, tous les plans envisagés ont volé en éclats et les douze premières journées du Giro se sont plutôt occupées à éliminer des prétendants, costauds ou non, à la victoire finale, plutôt qu'à déterminer qui parmi les heureux restants seraient dignes de porter seul l'étiquette de favori. On ne sait rien et avec l'évolution des parcours des grands tours, c'est assez rare pour être souligné après une grosse moitié de course. Faut-il déplorer une première partie de Giro décevante d'un point de vue du spectacle ou s'enthousiasmer pour une seconde qui devrait en livrer énormément ? On a très envie de pencher pour la deuxième solution.
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