Tour d'Italie - Remco Evenepoel, la solitude d'un homme

Eurosport sur Google

Remco Evenepoel passe énormément de temps seul ou accompagné de sa garde rapprochée à s'entraîner. Si on le voit si peu en courses, c'est qu'il cible des objectifs très précis et consacre le reste du temps à un entraînement acharné proche de chez lui ou un peu plus loin. Des sacrifices nécessaires pour que son immense talent s'exprime à plein. Il espère que ce sera le cas sur le Tour d'Italie.

Remco Evenepoel (Soudal-Quick Step)

Crédit: Getty Images

Un cliché vaut parfois 1000 mots. Seul sur sa montagne, au loin, Remco Evenepoel apparaît minuscule. Et pourtant, quel géant il est depuis un an. Mais avant la lumière des flashs des appareils photos, il y a toute une partie d'ombre. Celle que l'on fantasmait avant que les coureurs eux-mêmes ne documentent ces longues semaines de préparation en stage. Le champion du monde, favori du Giro, a fait de ces moments un passage obligé. Plus que quiconque, il sacrifie beaucoup de choses pour briller l'heure venue.

Calpe et Teide

Celle des stages en secret n'existe plus vraiment. Pas avec Remco Evenepoel en tout cas. Si Primoz Roglic, son principal adversaire, a moins couru que lui en 2023 (14 jours de course contre 22), on ne sait que peu ce qu'a fait le Slovène pendant son "temps libre". On ne doute pas qu'il a cravaché, motivé qu'il est par l'envie de prouver qu'il a encore ce qu'il faut pour triompher d'un autre grand tour mais Roglic n'utilise pas autant les réseaux sociaux que le jeune Evenepoel.
picture

Evenepoel raconte ce qui a changé en lui, depuis sa terrible chute de 2020

Video credit: Eurosport

Un rapide tour entre Strava (application utilisée pour enregistrer ses efforts, qu'ils soient sur un vélo, en course à pied, à la nage…) et Instagram permet de tracer assez fidèlement le parcours du Belge depuis le début de l'année. Au bas mot, le décompte de ses jours en stage (proche de la maison, ou non) atteint une petite soixantaine en Espagne - à Calpe ou à Tenerife sur le Volcan Teide. A l'inverse, il n'a, tout au plus, passé que deux petites semaines en Belgique en comptant son détour pour écraser Liège-Bastogne-Liège.

Un déménagement en Espagne

Dans le détail, Evenepoel a réalisé un premier stage dès le 1er janvier avant de courir le Tour de San Juan (22-29 janvier), un second avant l'UAE Tour (20-26 février), un troisième avant le Tour de Catalogne (20-26 mars) et enfin un quatrième, plus long celui-ci, avant Liège-Bastogne-Liège (23 avril). A-t-il immédiatement pris la direction de l'Italie pour finir de préparer le Giro ? Certainement pas puisqu'il fut de retour à Calpe, accompagné de sa femme pour quelques jours.
A elle seule, cette information dit beaucoup. Combien de temps Evenepoel a-t-il passé avec celle dont il partage la vie ? S'il a déménagé dans le sud de l'Espagne, à Alicante, à moins d'une heure de Calpe, le champion du monde a tellement enchaîné les heures de selle pour tout optimiser, de ses qualités à sa forme du moment et jusqu'à son matériel, qu'on comprend où il met le curseur. Pour atteindre ses objectifs, Evenepoel met en œuvre une montagne de travail que peu accepteraient. Ses cinq semaines à Teide à cheval sur mars et avril le prouvent.

La performance avant tout

"Le but était de viser l’altitude maximale avant le Tour d’Italie et ce avec un objectif bien précis, explique son entraîneur Koen Pelgrin à la RTBF. Ainsi, plus vous pouvez conserver ce stimulus longtemps et plus vous terminez le stage près du Giro. Vous pouvez alors en tirer un avantage. Il sera important d’être aussi bon que possible dans la troisième semaine qui peut-être décisive".
Ce n'est pas un hasard si Evenepoel a choisi le sud de l'Espagne comme terre d'accueil. Trop sollicité en 2022, il a choisi de s'exiler pour vivre un peu plus tranquillement, loin des invitations médiatiques et de ses fans. Mais il a aussi fait ce choix pour pouvoir s'entraîner plus souvent, et mieux.
Le choix de la performance au détriment de sa famille. Il aurait aussi pu vivre à Monaco ou à Andorre comme bon nombre de ses pairs mais les avantages fiscaux n'ont pas pesé. Seule la volonté de briller prime. Et jusqu'ici, ses rares incursions dans le monde de la compétition prouvent qu'il a raison.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité