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Rui Costa piège Fédrigo

Rui Costa piège Fédrigo
Par Eurosport

Le 11/09/2011 à 16:33Mis à jour Le 11/09/2011 à 23:45

Rui Costa (Movistar) a remporté le Grand Prix de Montréal au terme d'un final parfaitement maitrisé où il a réussi à prendre le meilleur sur Pierrick Fédrigo (FDJ). Esseulé dans les derniers kilomètres, Philippe Gilbert (Omega Pharma Lotto) complète le podium.

Discret jusqu'au bout. Jusqu'à 150 mètres de la ligne. Rui Costa (Movistar) a parfaitement négocié le Grand Prix de Montréal. Parti à 7 kilomètres de l'arrivée avec Denifl (Leopard Trek) et Fédrigo (FDJ), le Portugais a réussi à damner le pion à ses deux compagnons d'échappée et notamment au Français pourtant doté d'une pointe de vitesse supérieure. Sous le souffle d'un peloton et d'un Philippe Gilbert très remuant (Omega Pharma Lotto), malgré sa chute en début de course, Fédrigo est sans doute parti un peu trop tôt.

Opportuniste et roublard, Rui Costa, déjà lauréat d'une étape sur le Tour de France 2011 à Super-Besse, en a profité pour décrocher une victoire de prestige et couronner une saison déjà bien remplie. "Au départ, j'étais protégé au sein de l'équipe avec Rojas. L'équipe a bien travaillé tout au long de la journée. Dans le final, quand on s'est retrouvé avec 15 secondes d'avance, je savais que ça pouvait aller au bout. C'était bon dans le dernier kilomètre, le peloton ne pouvait plus rentrer. Je me suis concentré sur la gagne. C'est une victoire que je place presqu'au niveau de mon succès dans le Tour de France à Super-Besse", a commenté Rui Costa.

Esseulé dans le final, Gilbert ne réussit pas la passe de deux mais se console en s'offrant un nouveau podium en échouant à deux secondes de la jeune pépite de la formation Movistar. Une issue haletante pour une course de poker menteur où les favoris n'ont jamais vraiment dévoilé leur jeu. Résultat, une course de mouvement qui a piégé tout ceux qu'on attendait. Car Gesink (Rabobank), tenant du titre à Montréal et archi-favori, a bien tenté de revenir sur le trio dans les derniers kilomètres. Mais à force de faire rouler sa formation toute la journée, il lui a manqué de précieuses unités dans le final pour raccrocher les wagons.

Les crampes de Fédrigo

Même constat d'échec pour les Sky qui ont beaucoup travaillé, comme vendredi à Québec, pour pas grand chose. Pierrick Fédrigo, lui, a parfaitement saisi l'occasion à sept kilomètres de l'arrivée. Au coeur d'une saison blanche, le Marmandais a démontré qu'il avait des jambes en cette fin d'exercice pour tenter sa chance. "Aujourd'hui, j'essaye de retrouver mon niveau, de me faire plaisir sur le vélo. Je finis avec des crampes, je pense que c'est dû à un manque de compétition", a simplement regretté le Marmandais.

Problème, il a emmené sur son porte bagage un Rui Costa plein de malice. Déjà présent en tête de course durant une dizaine de kilomètres au coeur d'un groupe d'une douzaine de baroudeurs avant d'être repris à 12 kilomètres de la ligne, le Portugais a remis le couvert dans le sillage du coureur de la FDJ. Denifl (Leopard Trek) s'est joint à eux pour livrer un magnifique bras de fer. Le peloton réduit à une trentaine d'unités, incapable de s'organiser en l'absence d'équipiers, a laissé filer pour une poignée de secondes malgré un Samuel Sanchez (Euskaltel) particulièrement remuant. Gilbert a tenté avec le panache qui le caractérise. Cette fois, et c'est suffisamment rare pour être souligné, il n'a pas cueilli le bouquet. Le Belge est tombé sur plus malin que lui.

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