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Le roi, c'est Gilbert

Le roi, c'est Gilbert
Par Eurosport

Le 09/09/2011 à 17:41Mis à jour Le 09/09/2011 à 23:28

Insatiable Philippe Gilbert qui a remporté sa 17e victoire de la saison sur le GP de Québec au terme d'un bras de fer haletant avec Robert Gesink (Rabobank). Le Belge fait coup double et prend les rênes du World Tour à Cadel Evans (BMC).

L'histoire est connue, rabâchée depuis le début de saison. Mais les faits sont têtus et le talent de Philippe inépuisable. Le Belge est allé cueillir sa 17e victoire de la saison au terme de l'interminable utlime ligne droite du Grand Prix de Québec. Celle-ci a forcément un goût spécial car elle lui permet de prendre les commandes du classement World Tour au nez et à la barbe de Cadel Evans (BMC). Gilbert est parti à deux kilomètres de l'arrivée en faisant exploser dans la dernière difficulté un groupe de neuf échappés. Son bras de fer avec Robert Gesink (Rabobank) dans les derniers mètres fut somptueux. Mais le Néerlandais, comme beaucoup depuis le début de saison, a dû déposer les armes devant le leader d'Omega Pharma Lotto, le cannibale de cette saison 2011 qu'il aura dominée de bout en bout. "C'était un rêve de repasser N.1 mondial et surtout terminer la saison à ce rang", a souri le champion des classiques, âgé de 29 ans.

Et pourtant, au départ, le premier maillot jaune du Tour de France 2011 ne donnait pas cher de sa peau. Fin de saison et jambes un peu lourdes, équipe pas franchement compétitive, Gilbert n'était pas aussi conquérant qu'à l'accoutumée. Il faut croire qu'il n'avait pas encore assez de bâtons dans les roues. "La course a été très difficile. Dans son dernier tiers, tout le monde était fatigué, personne ne pouvait attaquer, le vent soufflait fort surtout sur la ligne d'arrivée. C'étaient des groupes de cinq à dix coureurs qui partaient et c'était difficile à contrôler. J'ai paniqué. Je n'avais pas d'équipiers, j'étais seul, je ne voyais pas trop comment je pouvais m'en sortir", a commenté le nouveau numéro un mondial une fois la ligne franchie. C'est la formation Rabobank qui a fait son jeu en écrémant un peloton soumis aux vagues incessantes d'une course complètement décousue. "C'est devenu plus simple, on est resté entre favoris", a poursuivi Gilbert.

Le sang froid du Belge

Le Belge a d'abord tenté sa chance en solitaire à 12 kilomètres de l'arrivée. Trois kilomètres durant, il tient tête à un groupe de huit coureurs qui comprend quelques belles têtes d'affiche dont Gesink (Rabobank), Uran (Sky), Leipheimer (RadioShack) ou encore Ciolek (Qiock Step) et sa pointe de vitesse tant redoutée. Plutôt que de s'obstiner dans un raid qui aurait pu lui coûter cher et alors que l'écart plafonne à 15 secondes, le leader d'Omega Pharma Lotto se relève. "J'ai cherché à récupérer. J'ai pu faire la différence dans la dernière côte qui est raide." Simple et limpide. Gesink aura beau s'accrocher pour offrir un dernier kilomètre à couper le souffle, le Néerlandais butera sur Gilbert comme il a buté la saison dernière sur Voeckler au bout de cette ligne droite maudite pour le leader de la Rabobank.

"Aux 700 mètres, j'ai décidé de récupérer un peu et je suis reparti aux 500 mètres. J'ai pu me relever avant la ligne, c'était un moment magnifique", résume Gilbert. Un final XXL avec les gros bras : un scénario idéal pour une épreuve spectaculaire. Si la course a mis 150 kilomètres à se décanter après une longue échappée vaine de l'Italien Cristiano Salerno (Liquigas), de l'Espagnol Jesus Herrada (Movistar) et du Français Tony Hurel (Team Europcar), les ambitions de Sky (pour Boasson Hagen et Gerrans) et de Garmin-Cervélo (pour Hesjedal) ont permis d'accoucher d'une vraie course de mouvements. Mais à ce petit jeu là, depuis le début de saison, le scénario est connu...

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