Vous venez de faire 50 jours de course en trois mois, comment ça va physiquement ?

G.M. : Il y a un peu de fatigue évidemment mais avant, on sortait de trois mois d'entraînement, où on ne courrait pas. J'avais pu souffler pendant le premier confinement et j'ai réussi à bien encaisser cette saison courte mais dense. Généralement, je suis plutôt un coureur qui récupère assez bien et qui est habitué à courir beaucoup. L'an dernier, j'avais fait 90 jours de course donc je savais que j'étais capable d'être régulier, d'encaisser une saison lourde. La particularité cette année, c'est que je l'ai faite à très haut niveau de bout en bout. C'était déjà le cas un peu avant mais je suis encore monté d'un niveau.

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Avez-vous ressenti une lassitude mentale pendant la Vuelta ?

G.M. : Non, pas spécialement parce que ça se passait bien, j'avais de bonnes sensations. J'étais à l'offensive, dans la course. J'avais un objectif avec ce maillot à pois donc ça n'a pas été pesant. Je suis content d'être en vacances comme tout le monde mais j'étais heureux d'être sur le vélo par rapport à la situation, au fait qu'on vit un nouveau confinement. Je mesurais la chance que j'avais de pouvoir pratiquer mon sport assez librement.

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On a coutume de dire que courir deux grands tours dans une saison fait passer un palier physique. Le faire autant sur une période aussi courte peut-il avoir le même impact ?

G.M. : Je ne sais pas, je verrai l'an prochain. Mon premier Tour m'avait fait passer un cap donc peut-être que ce sera le cas à nouveau. Je suis toujours dans une dynamique de progression donc il n'y a pas de raison que ça s'arrête. Je n'avais fait que la Grande Boucle parmi les grands tours jusqu'ici mais, à la sortie, j'avais toujours de bonnes sensations. C'était encore le cas cette année. Sur la fin de saison, après le Tour, j'avais d'excellentes sensations. Les grands tours maintenant, je sais les gérer. Dans mes premières années, je pouvais finir le Tour un peu dans le dur. Aujourd'hui, à la fin de cette Vuelta, mon deuxième grand tour de l'année, j'ai le sentiment d'être relativement frais. Je pense avoir atteint une maturité physique qui me permet de mieux aborder ces épreuves au long cours.

Quel bilan tirez-vous de la saison ?

G.M. : Très positif avec de très nombreuses places d'honneur. Je suis passé plusieurs fois très près de la victoire sur de très belles courses. Il manque la victoire, le bonheur d'avoir levé les bras même si avoir remporté le maillot de meilleur grimpeur de la Vuelta peut valoir une victoire. Il ne faut pas se voiler la face mais c'est toujours mieux de construire sur du positif. Il y a beaucoup de "pas si loin" alors j'espère transformer les essais à l'avenir et ne pas vivre au conditionnel mais, en tout cas, il y a des promesses.

Le Tour de France vous laisse-t-il un goût d'inachevé ?

G.M. : Je pense sincèrement et sans être présomptueux que j'avais les moyens d'effectuer ce top 10 sur le Tour. La chute et peut-être plus encore les problèmes mécaniques (Martin a connu un problème de dérailleur au pied du Grand Colombier sur la 15e étape, NDLR) m'ont coûté mais ça fait partie de la course. Il faut l'accepter. Physiquement, j'avais les moyens de faire un petit peu mieux.

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En fin d'année dernière, à votre arrivée chez Cofidis, votre manager général Cédric Vasseur avait évoqué un top 5 pour vous sur le Tour, ce qui avait beaucoup fait réagir. Aujourd'hui, ça ne semble plus si fou…

G.M. : Était-il visionnaire ? Moi aussi je pouvais en douter à l'époque. Aujourd'hui, le top 5 je ne l'ai pas fait. Il y a encore une sacrée marge mais c'est vers quoi je tends. C'est plus de l'ordre du réaliste que de me voir gagner au sprint sur les Champs-Elysées, c'est sûr… Je ne m'interdis pas de le penser. Au-delà du résultat final cette année, il y a la manière et le fait que j'ai longtemps été sur le podium, donc justement à ce niveau-là. Pas sur un coup du sort, vraiment à la pédale. De la même manière au Critérium du Dauphiné Libéré, j'ai terminé 3e du général face à peu près à la même concurrence et devant Tadej Pogacar. Ce sont des éléments qui me font dire qu'un top 5 peut être envisageable.

A quoi ressemblera votre année 2021 ?

G.M. : Le Tour en sera le point d'orgue. Je pense aussi aux Jeux Olympiques de Tokyo, qui auront lieu une semaine après l'arrivée. Ma saison pourrait ressembler à celle de 2020 avec un enchaînement sur la Vuelta. Mais il est encore trop tôt pour parler d'objectifs chiffrés. Je ne m'interdis vraiment pas de continuer à jouer le classement général du Tour. J'ai le niveau pour faire partie de l'intrigue principale et pas seulement des secondaires. Quand on est sportif et qu'on arrive aux niveaux les plus élevés de son sport, le plaisir est décuplé donc ça entretient l'envie et la passion un peu plus. Il y a beaucoup d'appétit pour 2021.

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