"La cerise sur le gâteau"

Revenue de sa préretraite pour disputer les Jeux Olympiques en BMX, Anne-Caroline Chausson était heureuse de s'offrir le titre après deux ans de travail "acharné". La Française explique les détails de son chef d'oeuvre, la façon dont elle a surpassé la fa

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Comment avez-vous vécu le report d'une journée ?
A.C.C: Il y a toujours un mal pour un bien. Par mon éducation, j'ai appris que rien n'était facile. Je me sers des éléments perturbateurs pour me renforcer. Quand il pleuvait hier jeudi, je me suis dit: "J'attends la médaille". Puis, ils ont changé le programme. Pour le sport, c'était mieux comme ça. Le problème, c'était l'attente car ça a duré 3-4 heures sans savoir si c'était fini ou pas, si je devais y croire ou pas. C'était assez perturbant. J'étais un peu abattue et puis finalement j'ai rebondi. Mes amis m'ont encouragé, m'ont dit que la médaille, à la régulière, sera d'autant plus belle. C'est vrai que c'est encore meilleur quand c'est difficile.
Que s'est-il passé pour la finale ?
A.C.C: J'ai fait le choix volontaire de traîner dans ma dernière demie puisque c'est elle qui décide du choix pour la ligne en finale. Pour ne pas partir favorite à la ligne un, de m'éloigner d'elle (Reade). A chaque fois dans les grandes courses, elle m'a enfermée. Avec Laetitia (Le Corguillé), on s'est éloignée d'elle et en plus j'ai pris un bon départ, ce qui est très rare. J'ai pu faire ma première ligne droite à la régulière, elle était un poil devant, ça a été un peu tendu dans les premières courbes et puis après il fallait y croire, surtout ne pas lâcher parce que c'est un sport de guerrier.
Comment avez-vous procédé pour la passer ?
A.C.C: Pour la trajectoire, je peux remercier Laetitia. Elle me l'a montrée. C'est comme ça qu'elle a passé Shanaze dans la deuxième demi-finale. Déjà, pour moi, arriver juste à côté de Shanaze, c'était déjà énorme en fin de première ligne droite. Je savais que j'étais plus rapide après sur la piste. J'avais envie, j'ai tenté ma chance tout de suite. Sur cette course, j'ai réussi à combiner tout ce que j'ai appris depuis deux ans.
Que s'est-il passé sur la chute de Reade dans le dernier virage ?
A.C.C: En BMX, on ne sait jamais où sont les autres, on les sent derrière mais on ne voit pas leur position. C'était la dernière ligne droite et je n'avais pas l'intention de lâcher l'affaire. J'ai pris une trajectoire pas trop ouverte, j'ai été étonnée qu'elle se mette à l'intérieur. Je crois qu'elle a fait une erreur de taper dans la roue arrière. C'est rarement celui qui est devant qui tombe. Elle a fait une erreur de trajectoire. Tant mieux pour les Françaises.
Qu'avez-vous ressenti sur le podium ?
A.C.C: C'était très émouvant. Pour ma part, ça fait deux ans de travail acharné qui se finissent de la meilleure façon possible. Je suis d'autant plus contente qu'on ait fait le doublé. Notre but était de battre une Anglaise, on a battu une Américaine (Jill Kintner, 3e). L'essentiel est d'être devant.
Aviez-vous le sentiment de jouer votre carrière sur cette course ?
A.C.C: Non, tout ce que j'ai fait auparavant fait partie de mon histoire, de l'histoire du VTT, j'en suis fière. Je ne remettais pas en question ma carrière si je n'avais pas réussi. C'était vraiment la cerise sur le gâteau, le truc en plus. En vingt ans de carrière, je n'ai loupé qu'un seul championnat du monde où je me suis blessée. C'est le destin. Il y a peut-être quelque chose qui fait la différence mais je ne sais pas quoi.
Pourquoi êtes-vous revenue à la compétition ?
A.C.C: Je me sentais bien dans ma préretraite. Je suis quelqu'un qui stresse énormément. En compétition, c'est sûrement ce qui me permet d'y arriver mais, en même temps, ce n'est pas très agréable à vivre. C'est vraiment l'ensemble de ma famille, de mes amis, qui m'ont poussé, qui m'ont convaincu qu'une aventure olympique, ça se tente. On ne peut pas avoir le potentiel et ne pas y aller. Ils m'ont convaincu. Quand je prends une décision, je me lance à 1000 pour cent. Pendant deux ans, ça a été très dur. Tous les jours, beaucoup d'entraînement, c'est difficile, mais c'est le haut niveau, c'est pareil pour tout le monde. Il n'y avait que les Jeux, que la magie des Jeux, pour me motiver pour tant d'entraînement, tant de sacrifices.
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