Julian Alaphilippe, déclin et renoncement

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Julian Alaphilippe en a terminé de sa vie de coureur, selon les informations de L'Equipe ce jeudi, qui s'inscrivent dans la continuité d'un Tour de France péniblement traversé par le Français de 34 ans. "Loulou" a dû faire le deuil du champion qu'il était ces dernières années, mais il a continué d'"exister". Ne plus y parvenir a probablement fait céder l'ultime digue aboutissant à son renoncement.

Julian Alaphilippe - Tour de France 2026

Crédit: Getty Images

Il est resté là. Collé à l'asphalte. Impuissant, comme tant d'autres l'avaient été face à ses accélérations foudroyantes. Julian Alaphilippe a dû laisser filer Anthon Charmig, Nelson Oliveira et Mathis Le Berre, en juillet dernier lors de la 11e étape du Tour de France, déposé dans une côte de Billy-Chevannes aux allures de vulgaire pont d'autoroute pour le "Loulou" flamboyant que l'on a connu. Cette image de l'ex-Roi du Mur de Huy désarçonné par 1,4 km à 5% a pris encore un peu plus de poids, en ce jeudi 20 août 2026.
Parce qu'il a achevé son processus de renoncement, selon les informations de L'Equipe, stipulant qu'Alaphilippe prend sa retraite avec effet immédiat, et ce alors qu'il lui reste théoriquement une année de contrat avec la formation Tudor. Son émotion et ses propos à l'issue de la Grande Boucle laissaient entendre qu'il n'y remettrait plus les pieds. De là à tirer un trait sur un pan de sa vie de manière si brutale, il y avait un pas qu'il a donc depuis franchi d'après nos confrères. L'ultime étape d'un déclin progressif.
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Alaphilippe distancé dans une côte de 4e catégorie

Video credit: Eurosport

Liège 2022, la chute charnière

Il y a d'abord eu des chutes. Celle au contact d'une moto, lors du Tour des Flandres 2020, n'a pas marqué un avant/après, puisqu'il a glané un second sacre planétaire l'année suivante. En revanche, celle de Liège-Bastogne-Liège 2022, quelques semaines après un soleil sur les Strade Bianche, l'a sans doute profondément marqué, dans sa chair et son esprit. Alaf' a continué de briller avec Quick-Step, mais plus du même éclat, jusqu'à sa tentative de rebond dans la structure helvète, qui demeurera un échec.
En deux saisons chez Tudor, le Français de 34 ans n'aura levé les bras qu'une fois, et ce d'une manière symptomatique. Lui, qui était si peu avare en efforts du temps de sa grandeur, quitte à en faire trop (et parfois à gagner quand même), a cette fois joué au plus fin. Lors du Grand Prix de Québec 2025, c'est un Alaphilippe malin qui a décroché la timbale, prenant le meilleur sur des adversaires pas très véhéments au moment de lui demander des relais, tant il n'avait pas multiplié les sournoiseries dans sa carrière.
"En faire moins que celui qui en fait le moins", "courir au millimètre", ce sont des préceptes qu'il a dû apprivoiser sur le tard. Longtemps, il a continué de courir comme un champion. Comme celui dont on épie le moindre mouvement. Lors de l'Amstel Gold Race, il y a un an et demi, c'était lui qui avait mis sur orbite Tadej Pogacar, s'échappant avec lui à 47 bornes de l'arrivée. Résultat ? Deuxième place pour "Pogi", en quelque sorte piégé par l'entrain d'Alaphilippe, et 20e place pour celui-ci, prisonnier de son tempérament.
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Voeckler sur "la victoire de la maturité" d'Alaphilippe : "Il a bénéficié de son aura"

Video credit: Eurosport

J'ai encore du mal à me dire que c'est difficile de suivre les meilleurs
Autre exemple, lors des Strade Bianche cette année, en inversant les rôles mais en restant dans la même thématique de l'appartenance à la caste de ceux qui dictent le tempo. Quand UAE et Pogacar ont accéléré, l'ancien porteur du maillot arc-en-ciel s'est brûlé les ailes en s'entêtant à les déployer. "Je me suis un peu emballé, c'est une course que j'adore, nous racontait-il le 9 mars dernier dans Bistrot Vélo. J'ai encore du mal à me dire que c'est difficile de suivre les meilleurs dans ce genre d'effort."
Lors de cette même émission, il avait aussi déclaré sa flamme à la nouvelle génération française : "J'étais très, très bien placé. Puis j'ai vu Paul (Seixas) dans ma roue. J'ai vu que j'allais casser le moteur et j'ai dit : 'Vas-y Paul, prends la place', parce que je savais qu'il avait les jambes pour y aller, et pas moi. On parle de Paul, mais quand c'est Romain Grégoire, c'est pareil. J'espère qu'ils vont réaliser des grandes choses. Il faut profiter de cette jeunesse qui arrive, qui prend la relève. C'est chouette, on a de la chance."
Mais pour passer la main au sens (quasiment) propre, il faut être là quand la course se durcit, en être un acteur et non un spectateur. L'anonymat qu'il a vécu lors du Tour de France lui a peut-être ôté cet ultime plaisir.
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Alaphilippe : "Il ne faut pas s'attendre à me revoir sur le Tour"

Video credit: Eurosport


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