Lenny Martinez (Bahrain Victorious) dans Bistrot Vélo sur Eurosport : "Ma réputation ? Je m’en fous un peu"
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 30/03/2026 à 20:23 GMT+2
Son talent est indéniable, à l’image de son début de saison remarquable. Mais sa réputation est parfois écornée. Lenny Martinez, invité lundi dans Bistrot Vélo, a évoqué les commentaires négatifs dont il a régulièrement fait l’objet. Le coureur de la Bahrain Victorious, auréolé de sa deuxième place sur le Tour de Catalogne, préfère se concentrer sur le vélo. Et cela lui réussit.
Martinez, le déclic : "Battre Vingegaard à Nice m'ouvre plein de portes"
Video credit: Eurosport
"Ça m’a fait bizarre quand il a refusé de passer." Lenny Martinez a vécu une situation à laquelle il ne s’attendait vraiment pas cette saison. C’était il y a quinze jours, sur la dernière étape de Paris-Nice, quand il a joué la victoire au sprint dans un tête-à-tête avec Jonas Vingegaard. Et que le Danois était resté prudemment dans sa roue jusqu’à la dernière ligne droite. "Dans ma tête, qu’il ait gagné le Tour et qu’il joue avec moi comme ça alors que je suis encore tout petit à côté de lui en termes de palmarès… Ça voulait peut-être dire qu’il avait peur de moi pour le sprint." Et il n’avait pas tort.
Vingegaard a fait "du Lenny Martinez" et cela ne lui a pas réussi à Nice, où le coureur de la Bahrain Victorious a signé une victoire de prestige. Celui qui traîne la réputation du coureur malicieux, parfois vicieux, c’est plutôt le Français. Il y avait eu "l’affaire du bidon collé" sur le Col du Glandon lors du dernier Tour de France, quelques semaines après une victoire d’étape sur le Critérium du Dauphiné, où le Cannois avait profité d’un ravitaillement d’Enric Mas pour placer l’accélération fatale à l’Espagnol. Des faits de course qui ont brouillé son image. Il doit parfois faire face à des commentaires peu élogieux sur sa manière de courir.
Martinez n’est pas aveugle. Mais il reste hermétique. "Honnêtement, je m’en fous un peu, a-t-il assuré lundi dans l’émission Bistrot Vélo sur Eurosport. Je ne comprends pas trop ce que les gens disent parfois. C’est possible aussi que je ne sois pas d’accord avec des commentaires sur moi. Je sais que c’est normal, beaucoup de gens ont des opinions. Quand on regarde la télé, c’est différent, on n’est pas à l’intérieur, on n’est pas en course. Je n’ai rien contre ces gens-là, je n’ai pas trop de haine, je ne suis simplement pas trop d’accord parfois."
"C’est normal, ce sont les médias, les gens"
Le coureur de 22 ans n’a jamais laissé indifférent. Il a été annoncé comme le plus grand espoir du cyclisme français de manière trop précoce pour qu’il en soit autrement. "Ça ne me dérangeait pas, ça ne m’a jamais trop mis de pression quand on me disait que je serai le futur vainqueur du Tour, etc... C’est tellement loin, a-t-il souligné. C’est normal, ce sont les médias, les gens. Je ne me soucie pas trop de ma cote de popularité. J’essaie juste de faire au mieux chaque année, progresser, me faire plaisir sur le vélo. Le reste, c’est comme ça."
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Martinez, sanction en vue ? Le bidon collé polémique en vidéo
Video credit: Eurosport
Et ça lui réussit plutôt bien. Martinez peut être un coureur clivant, mais la qualité de son début de saison fait l’unanimité. Sa victoire d’étape sur Paris-Nice, la 11e de sa carrière, était venue valider une très belle semaine symbolisée par sa cinquième place au classement général. Son début de saison traduisait la même régularité, avec une 5e place sur le Tour des Alpes-Maritimes et deux podiums sur la Faun Classic et la Faun Ardèche Classic (3e à chaque fois). Il a brillamment confirmé cette tendance la semaine passée sur le Tour de Catalogne, avec une troisième place sur l’étape reine au Coll de Pal. Seul Vingegaard l’a devancé au classement général.
La suite logique des choses. Martinez s’estime "beaucoup plus fort que la saison passée" après avoir beaucoup progressé cet hiver. Il ne s'est pas fixé trop d’ambitions pour le classement général du Tour de France, préférant "chasser les étapes et le maillot à pois". Mais il n’a pas exclu une bonne surprise sur la Flèche wallonne, dont il avait pris la 4e place l’an passé. "J’ai un bon pressentiment pour cette course, peut-être pas cette année… mais j’espère la gagner un jour dans ma carrière." Quitte à faire "du Lenny Martinez" ou non. Et qu’importe si ça ne plait pas à tout le monde.
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