Duel à l'italienne

Le printemps revient et la saison des classiques avec lui. Première manche de la Coupe du monde 2004, Milan-San Remo pourrait tourner samedi au duel entre les deux Italiens, l'attaquant Paolo Bettini (tenant du titre), et le sprinter Alessandro Petacchi.

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L'EPREUVE
Depuis 1989, Milan-San Remo marque officiellement l'ouverture de la Coupe du monde. Mais la Primavera n'a pas attendu la création de ce "championnat des classiques" pour entrer dans la légende du cyclisme. Organisée pour la première fois en 1907, elle figure parmi les courses les plus prestigieuses de la saison. La principale caractéristique de Milan-San Remo réside dans son exceptionnelle longueur, près de 300km. Une véritable odyssée, qui décourage souvent les échappées au long cours.
Culminant à 532m d'altitude, le Turchino est à la fois la plus élevée et la plus longue des difficultés de Milan-San Remo. Mais une fois au sommet, il reste encore plus de 150 kilomètres à parcourir. Impossible donc de faire la différence ici. Le parcours se corse considérablement dans les 50 derniers kilomètres, là où tout se joue, avec l'enchaînement des différents "Capi" et, bien sûr, les fameux Cipressa et Poggio. Située à un peu plus de vingt kilomètres de l'arrivée, la Cipressa peut permettre d'opérer une première sélection et d'éliminer quelques sprinters.
C'est souvent là que la grande bagarre se déclenche. Mais le véritable juge de paix de Milan-San Remo, c'est bel et bien le Poggio, terrible bosse qu'il faut digérer avec près de 300 bornes dans les pattes. A partir du milieu des années 90, les sprinters ont commencé à faire main basse sur les épreuves, en tenant le coup dans ces deux passages clés. Mais l'an dernier, Paolo Bettini a démontré qu'il était toujours possible pour un attaquant d'éviter une arrivée massive. Bis repetita cette année?
LES PRINCIPALES DIFFICULTES
- Passo del Turchino: 14km de montée avec une pente moyenne de 3,5% (maximum 5%). Sommet à 151km de l'arrivée.
- Capo Mele: 1,5km de montée avec une pente moyenne de 3,5% (maximum 6%). Sommet à 52km de l'arrivée.
- Capo Cervo: 3km de montée avec une pente moyenne de 2,5% (maximum 5%). Sommet à 46km de l'arrivée.
- Capo Berta: 2,5km de montée avec une pente moyenne de 5% (maximum 8%). Sommet à 39km de l'arrivée.
- Cipressa: 5,7km de montée avec une pente moyenne de 3,8% (maximum 7%). Sommet à 22km de l'arrivée.
- Poggio: 3,3km de montée avec une pente moyenne de 3,8% (maximum 7%). Sommet à 7km de l'arrivée.
LES FAVORIS
A tout seigneur, tout honneur. Tenant du titre, Paolo Bettini est le principal candidat à sa propre succession. Vainqueur d'une étape sur le Tour Méditerranéen puis deux autres sur Tirreno-Adriatico, avec le général en prime, le champion d'Italie est en grande forme. Son duel annoncé avec Alessandro Petacchi passionne l'Italie, pour ce qui s'annonce comme une véritable opposition de style entre le pur attaquant et le sprinter. Pour beaucoup, soit la course s'achève par un sprint massif sur la Via Roma et on voit mal alors qui pourrait priver Petacchi de sa première classique, soit un coup part dans la Cipressa ou le Poggio et Bettini semble le seul capable d'en tirer profit. Quel que soit le scénario, les deux hommes font l'unanimité au jeu des pronostics.
LES OUTSIDERS
Derrière Bettini et Petacchi, ils sont nombreux à croire en leurs chances, non sans raison. Dans le registre attaquant, Alexandre Vinokourov apparaît particulièrement dangereux. Très incisif sur la fin de Paris-Nice, où il a remporté trois des quatre étapes, le Kazakh a le profil du coureur capable de sortir dans le Poggio. Oscar Freire peut également le faire, mais l'Espagnol possède l'avantage de pouvoir attendre le sprint, où il n'est pas manchot. Bettini l'a d'ailleurs désigné comme son principal rival cette semaine.
Difficile d'écarter également Erik Zabel, quadruple vainqueur de l'épreuve. Mais l'Allemand est-il encore capable de s'imposer au sprint à San Remo? On peut en douter, a à bientôt 34 ans, sa pointe de vitesse n'est plus ce qu'elle fut. Le problème et le même pour Mario Cipollini. Peu à son avantage sur Tirreno-Adriatico, il a promis de sortir le grand jeu samedi. Mais l'Italie reste sceptique et nous avec. Attention enfin aux hommes en forme, comme Max Van Heeswijk, qui affiche déjà cinq victoires en 2004, et la cohorte d'Italiens, de Rebellin à Di Luca en passant par Celestino, deuxième l'an passé.
MILAN-SAN REMO: LA COTE DES FAVORIS
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