Tournant, le seul rescapé

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Onze fois champion du monde, Arnaud Tournant a pratiquement tout gagné à l'âge de 26 ans mais le Nordiste, déjà présent à Bordeaux en 1998, a gardé toute son envie d'en découdre au Mondial, alimentée par une farouche volonté de revanche sur la piste et da

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Crédit: Eurosport

Seul rescapé de l'équipe qui a dominé le sprint jusqu'à une époque récente, Tournant a abandonné le kilomètre pour se tourner vers la vitesse, suivant l'évolution qu'eurent jadis Frédéric Magné et Florian Rousseau. Il s'est aussi pris au jeu du keirin, l'une des trois épreuves (avec les deux tournois de vitesse) pour lequelles il a obtenu son billet dans les Mondiaux-2006 à Bordeaux. "J'ai découvert le keirin l'an passé", a raconté le Roubaisien à La France cycliste.
Peut-être "barjot"
"Au début, cette épreuve me paraissait folle. Je ne me sentais pas prêt à rentrer dans l'arène. J'avais limite peur. Mais, depuis que j'ai arrêté le kilomètre, c'est bizarre, je retrouve sur le keirin l'excitation que je ressentais durant la borne. C'est la compétition sur laquelle je me fixe le plus de challenges. Et qui me fait le plus 'triper'. Peut-être que je suis devenu 'barjot', que l'âge passant, j'ai perdu quelques neurones, dont ceux notamment qui régissent la raison ?", a assuré le Français.
Derrière la boutade affleure l'ambition du plus titré des coureurs français, une légende sur le kilomètre dont il détient quatre titres mondiaux et le record du monde. Seule lui fait défaut sur cette distance la médaille d'or olympique, qu'il a conquise dans la vitesse par équipes à Sydney (2000) avec Laurent Gané et son entraîneur actuel Florian Rousseau.
Bla-bla et fâcherie
"J'ai déjà participé à deux olympiades, dit-il. Mon souhait serait d'en disputer une troisième. J'en ai pris plein les yeux à Sydney quand on est monté sur la plus haute marche du podium. C'est le haut niveau en matière de sentiments. Je rêve de revivre ça un jour". Tournant bondit quand on ose évoquer une hiérarchie des épreuves: "Je trouve absurde d'affirmer qu'une discipline est reine et l'autre pas. (...) Moi, entre vitesse et keirin, je ne fais pas de différence. Ce sont les médias qui font leur bla-bla là-dessus. Nous sportifs, on fait notre job, c'est tout."
Et le Nordiste, qui avait frappé un grand coup en 2001 (trois fois titré en vitesse, individuelle et par équipes, et sur le kilomètre), d'enfoncer le clou: "La victoire, c'est un peu comme une drogue, une fois que tu y as goûté, tu as sans cesse envie d'y replonger. Moi, j'ai l'envie de refaire ce que j'ai fait en étant plus jeune. (...) Le jour où je perds cette envie, autant arrêter tout de suite." Après une saison 2005 en demi-teinte ("même si ça n'a pas été ma meilleure année, j'ai tout de même été champion de France de vitesse devant le vice-champion du monde", relève-t-il), Tournant est redevenu pleinement compétitif, si l'on se fie à ses derniers temps d'entraînement.
Fâché avec nombre de médias, il a travaillé pour mitonner sa revanche. Ne serait-ce que pour mieux clouer le bec à ceux qui, a-t-il souvent tempêté, accordent une place trop limitée à son sport.
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