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Neuville est grand
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Publié 16/04/2006 à 08:04 GMT+2
Magnifique Jérôme Neuville. Au terme d'une course pleine de panache et d'audace, le Français a été sacré champion du monde du scratch samedi à Bordeaux. C'est la troisième médaille d'or mondiale de sa carrière, après les deux titres conquis dans l'América
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Crédit: Eurosport
60 tours et 15 kilomètres pour un sacre et un immense bonheur. Epreuve méconnue mais intense et palpitante, le scratch a fait vivre un grand moment au public bordelais samedi, avec la deuxième médaille d'or de l'équipe de France après celle de la vitesse par équipes. Malgré son expérience, Jérôme Neuville n'était pourtant pas le grand favori de l'épreuve, d'autant qu'il a vu sa préparation largement perturbée. "J'ai souffert d'une luxation de l'épaule cet hiver, explique-t-il. Je suis vraiment revenu en forme in extremis."
In extremis, peut-être, mais meilleur moment, en tout cas. Manifestement décidé à prendre tous les risques, le Grenoblois s'est montré offensif dès les premiers tours de piste. Au tiers de la course environ, il a d'ailleurs provoqué la première échappée, avant de trouver les ressources pour intégrer le quatuor de tête. Mais derrière, le peloton réagissait pour venir mourir sur les leaders. Dans le dernier tour, Neuville puisa on ne sait ses dernières forces pour résister au retour de l'Argentin Angel Colla, en tête des poursuivants.
"Un truc de fou"
Un instant, on eut même l'impression que Neuville avait été coiffé sur la ligne. Il n'en était rien et ce n'est que justice, tant le Français, par sa générosité et sa combattivité, méritait cette médaille d'or. "C'est un truc de fou. Je n'ai pas feu long feu dans le peloton et j'étais toujours devant. Franchement, je ne sais pas comment j'ai fait pour aller jusqu'au bout", raconte le Tricolore, qui s'offre là sa troisième médaille d'or dans le cadre des Championnats du monde, après les deux conquises dans l'américaine en 2001 et 2002.
La troisième est sans aucun doute la plus belle. Par sa manière, d'abord et pour le contexte, ensuite, car une victoire à domicile n'a pas de prix. D'autant que Neuville avait gardé un goût amer des précédents Mondiaux organisés à Bordeaux, en 1998. "J'étais dans l'équipe de poursuite par équipes, rappelle-t-il. Nous étions très forts et pourtant nous avions fini quatrièmes." Il n'en savoure que davantage cette petite revanche. "C'est mon année. Ce scratch, j'y pensais depuis des mois. Je me suis vraiment préparé pour ça, en mêlant entrainement de sprinters et de fond? Aujourd'hui, ça a payé ", savoure l'Isérois.
Stop ou encore?
En offrant sa quatrième médaille au clan tricolore, la deuxième en or, Jérôme Neuville a épaté son monde. Jacky Mourioux, très ému, n'a pas tardé à rendre hommage à son champion. " C'est extraordinaire, salue l'entraineur national. On savait que c'était un garçon énorme capable de se préparer comme il faut, mais là, il a prouvé qu'il avait du coeur. Et puis gagner devant son public, c'est fantastique. Il a vraiment fait une course magnifique. C'est lui qui a provoqué l'échappée décisive et il a su trouver les ressources pour sprinter sur la fin." Il prouve au passage que la piste française ne se résume pas aux seules épreuves de vitesse. Tant mieux.
L'avenir proche de Jérôme Neuville passe par l'Américaine, dimanche, où il tentera de poursuivre sa moisson, associé à Mathieu Ladagnous. Et après? A 30 ans, l'homme aux trois maillots arc-en-ciel se tâte, hésite entre un départ par la grande porte, ou un dernier défi, olympique, en 2008. "Bonne question, sourit-il. Je ne sais pas encore. J'ai failli arrêter ma carrière après Athènes. Depuis, je fais du vélo au jour le jour. Peut-être que ça va me relancer... ou m'inciter à arrêter. Je ne sais pas, je vais réfléchir à tout ça." Après son one man show, on aurait envie de lui dire de continuer...
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