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Qu'on est bien chez soi
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Publié 12/04/2006 à 15:00 GMT+2
Les clameurs du vélodrome de Bordeaux-Lac valent quelques dixièmes de seconde de bonus pour les pistards français, qui disputent à partir de jeudi les Championnats du monde à domicile, pour la première fois depuis huit ans. Un atout maitre?
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Pour l'occasion, Florian Rousseau, l'ancien champion devenu entraîneur national du sprint, reprend les termes du football et des autres sports d'équipe: "C'est toujours un avantage de jouer à domicile, d'entendre crier 5000 personnes." Le triple champion olympique se souvient du millésime 1998, des gradins pleins à craquer en plein mois d'août, de la folle ambiance qui a poussé l'équipe de France, dominatrice à l'époque, à multiplier les exploits.
Cette année-là, l'Orléanais avait gagné deux médailles d'or sur la piste en bois clair de Bordeaux-Lac. "Etre champion du monde dans son pays, dit-il, c'est quelque chose de fort. Au-dessus, il n'y a que les Jeux Olympiques. En 1998, j'étais attendu, j'avais gagné le titre de la vitesse les deux années précédentes, au regard des gens c'était normal que je sois champion du monde".
Quel effet produisent les encouragements ? "C'est toujours important, cela motive énormément, répond Rousseau. Dans une épreuve aussi difficile que le kilomètre, François Pervis (7e en 2005) ressentira moins la douleur et va gagner quelques centièmes. A l'inverse, le coureur peut éprouver beaucoup plus de pression à cause de l'envie de réussir, de bien faire. Mais, tous comptes faits, c'est plutôt un avantage".
"Un public super"
En apprenant que le vélodrome affichait d'ores et déjà complet pour les deux dernières journées (samedi et dimanche), celui qui a ouvert la voie aux plus grands succès français de la décennie écoulée a marqué sa satisfaction: "On a un public super, qui participe beaucoup. Les gens vont encourager énormément les Français. D'ailleurs, quelques étrangers avaient été surpris en 1998. " Désormais entraîneur, l'ancien champion a prévenu les plus jeunes, notamment Grégory Baugé qui figure parmi les candidats au podium de la vitesse, sur les écueils possibles.
"Il faut être prêt, savoir que c'est un avantage mais ne pas vouloir en faire plus que d'habitude et être surtout concentré sur la piste, ne pas se laisser envahir par l'extérieur. Il n'a pas à s'occuper de ce qui se peut arriver autour de lui. C'est une fois la course terminée qu'il pourra apprécier ce moment, savourer tout cela tant qu'il voudra", explique l'entraîneur.
L'élève a écouté le maître. "La pression, je la ressens déjà de la part des médias ", a souri Baugé, interrogé mardi sur le sujet: "De la part de l'entourage aussi. Mais, en même temps, cela fait plaisir. Je sais que je suis attendu. C'est normal, j'ai gagné deux épreuves de Coupe du monde et le classement général. Courir à domicile, ça aide vachement. Ma famille sera là, mes amis aussi. On a toujours envie de pédaler plus fort".
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