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Mondiaux Florence: Chris Froome rêve du maillot arc-en-ciel

Froome en rêve mais…
Par Eurosport

Le 27/09/2013 à 16:12Mis à jour Le 27/09/2013 à 18:28

Après le Tour, Chris Froome se lance à la conquête du titre mondial dimanche. Le Britannique a des atouts mais pour diverses raisons, sa tâche parait complexe.

SES TROIS RAISONS D'Y CROIRE

Il marche sur l'eau cette saison: C'est son année. Chris Froome a presque tout gagné. Il a affiché une supériorité impressionnante sur le Tour de France, où il s'est définitivement imposé comme le maitre du peloton sur les courses par étapes. Son maillot jaune l'a libéré. Il a subi une grosse pression en amont et pendant le Tour. Désormais, quoi qu'il arrive, sa saison est un immense succès. Contrairement à d'autres, il ne joue pas gros dimanche à Florence. Il a tout à gagner. Il peut courir l'esprit tranquille. En pleine confiance, motivé, mais pas stressé. La configuration idéale. Puis il a eu des jambes de feu toute l'année, il n'y a pas de raison de croire qu'elles l'auront abandonné, même s'il ne sera pas au niveau de juillet.

Le parcours lui convient : Cela fait plusieurs mois que Chris Froome a annoncé qu'il serait au Championnat du monde, et qu'il comptait bien y jouer un rôle important. Il ne l'aurait pas fait si le tracé ne lui convenait pas. Le circuit toscan, long de 15,6km, lui sied bien avec deux bosses (la montée de Fiesole, 4,3 kilomètres à 5 % avec un passage à 9 %, puis celle de Salviati, courte mais pentue avec  600 mètres à 10 % et un passage à 18 %). Un parcours d'usure, avec de vraies possibilités de faire la différence. Tout ce que Froomey adore. "J'aime ce parcours et je pense vraiment que j'ai une chance unique de devenir champion du monde", a-t-il estimé cette semaine.

Toute son équipe est derrière lui : Il y a deux ans, la Grande-Bretagne avait axé toute sa stratégie de course autour de Mark Cavendish, amenant le sprinter de l'ile de Man à une implacable victoire. Cette fois, ce sera tout pour Chris Froome. Avec huit coéquipiers, le vainqueur du Tour 2013 sera bien épaulé. "C'est notre unique leader, il n'y a pas de plan B, a prévenu le Gallois Geraint Thomas, également un de ses lieutenants chez Sky. Moi, je vais être là pendant au moins 220 km pour le protéger du vent, le dépanner en cas de crevaison, etc. Après, d'autres prendront le relais." Mark Cavendish a lui aussi annoncé la couleur. Il est prêt à se mettre minable pour mettre Froome dans les meilleurs dispositions. Même Bradley Wiggins serait prêt à filer un coup de main, c'est dire. Les deux hommes doivent se rencontrer vendredi pour en discuter. Mais le boss, le seul boss, c'est Froome.

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TROIS RAISONS D'EN DOUTER

L'histoire est contre lui : Froome s'attaque à une montagne dimanche. Enfiler le maillot arc-en-ciel dans la foulée du maillot jaune constitue une exception, pas une règle. Personne n'a signé le doublé Tour-Mondial depuis Greg LeMond, il y a quasiment un quart de siècle. Depuis, rares sont les vainqueurs du Tour, il est vrai, qui ont réellement tenté d'accrocher la tunique irisée à leur  palmarès. Miguel Indurain s'est escrimé au début des années 90 et il est passé tout près en plusieurs occasions (4e en 1991, 2e en 1995 derrière Olano). Ils sont cinq seulement (Speicher, Bobet, Merckx, Roche et LeMond), dans toute l'histoire, à avoir gagné le Tour et les Championnats du monde la même année. C'est peu.

Il manque de référence sur les courses d'un jour : La dernière fois que Chris Froome a remporté une course d'un jour, la seule d'ailleurs, c'était une des manches du Tour du Cap, disputés cette année-là sous forme de challenge. En gros, pour résumer, le Britannique a bâti la totalité de son palmarès sur des courses par étapes. Certes, au sein de ces épreuves, il signe beaucoup de victoires dans des épreuves en ligne et ne se contente pas de ramasser le classement général, mais dans l'approche, dans la gestion, ça n'a rien à voir. Une course d'un jour, ce n'est pas une étape d'un grand Tour ou d'une épreuve de 7-8 jours. Clairement, Froome ne dispose d'aucune référence sur un rendez-vous comme le Championnat du monde.

Il est sur la brèche depuis (trop?) longtemps : Nous sommes fin septembre. Chris Froome a signé sa première victoire de la saison au début du mois de février, lors du Tour d'Oman, où il affichait déjà une condition impressionnante. Il est monté en puissance pendant six mois pour atteindre son pic de forme au mois de juillet, pour le Tour. Après son triomphe estival, il a eu besoin de couper, de façon légitime. Même s'il a envie de ce Mondial, difficile de dire si, mentalement, sa détermination et son engagement sont ce qu'ils étaient sur le Tour. Et physiquement, à l'évidence, il n'est pas à 100%."Il n'a pas construit sa saison autour du Mondial, c'est sûr et certains gars seront plus proches de leur meilleure forme que lui, concède Geraint Thomas. Il peut gagner en étant à 90% mais ce sera un accomplissement majeur." Ces dernières années, le titre est le plus souvent revenu à un coureur préparé spécifiquement depuis de longues semaines pour cet évènement.  

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NOTRE AVIS

Il est beaucoup plus difficile de maitriser une course comme le Mondial qu'une étape du Tour. Les schémas sont plus flottants. Les coureurs, qui ne viennent pas tous de la même équipe, ont moins l'habitude de rouler ensemble. On ne peut tout maitriser, tout le temps. Puis la concurrence est beaucoup plus dense pour Froome qu'elle ne l'était sur le Tour. La course florentine parait ouverte. Froomey a donc sa chance, comme beaucoup d'autres. Mais son manque de vécu sur ce type d'épreuve risque de constituer un handicap trop important. On ne s'improvise pas du jour au lendemain spécialiste d'une course comme le Mondial. Maintenant, s'il se met à voler dans les deux bosses comme sur le Ventoux…

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