Et le meilleur coureur de la saison est… Le roulement de tambour va peut-être aboutir à une réponse dimanche, à l’issue de la course en ligne des Mondiaux à Wollongong. Celui qui fera main basse sur le maillot arc-en-ciel pourrait bien empocher cette distinction virtuelle. Mais le suspense est aussi en mesure de se poursuivre jusqu’au 8 octobre, avec le Tour de Lombardie. Cela témoigne de la pluralité des talents qui ont irradié le peloton en 2022. En premier lieu : les monstres Tadej Pogacar et Wout van Aert.
Le "grimpeur" Pogacar lâché dans Hautacam par le "sprinteur" Van Aert, scintillant durant le Tour de France, le 21 juillet. Ce même "Pogi" trop rapide pour ce même "WVA" dans la dernière ligne droite du Grand Prix de Montréal, le 11 septembre. Est-ce à n’y rien comprendre ? De prime abord, peut-être. Mais c’est surtout l’illustration de la polyvalence des meilleurs coureurs du monde. L’ère de l’hyperspécialisation est dans les cordes, la petite reine regoûte à des duels quasiment dénués de limite topographique.
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Du suspense, encore

Parce que derrière ce duo prestigieux, Mathieu van der Poel (lauréat du Tour des Flandres cette année) se défend très bien – et se situe même un cran au-dessus, d’une certaine manière – en matière d’éclectisme. Le prodige Remco Evenepoel a aussi un beau bagage de compétences, et il vient de balayer l’écueil "course de trois semaines" qui planait au-dessus de lui, en gagnant la Vuelta après avoir accroché Liège-Bastogne-Liège cette saison. Julian Alaphilippe, double tenant du titre mondial dans une forme incertaine, est un coureur qu’il serait présomptueux d’enfermer dans une case. Tous visent l’or.
Qui plus est, sur un terrain qui peut permettre à chacun d’y croire. Comme à Louvain en 2021, comme à Imola en 2020 etc. l’incertitude règne. Il faut remonter à Doha 2016 pour trouver trace de Mondiaux réservés aux purs sprinteurs. Dimanche matin (à partir de 2h15, heure française), au gré de 266,9 bornes de lutte, tout cador pourra croire en sa bonne étoile. Mount Pleasant, la côte du circuit final qui se dressera douze fois devant les coureurs (dont une ultime fois à dix bornes du terme), pourrait se montrer décisive, mais rien ne le garantit.

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Une course pour… un champion

Elle ne fait que 1,1 km, à 7,7% de pente moyenne. Tant mieux pour ceux qui tenteront de s’accrocher dans l’espoir de régler un petit peloton. Mais elle comporte un passage à 14% qui peut donner le sourire à Alaphilippe (s’il est en condition) et aux puncheurs de sa trempe. La répétition de l’effort ne doit pas déplaire à Pogacar. La Belgique doit se demander comment Evenepoel et Van Aert exploiteront ce tremplin sans se marcher sur les pieds. Quant à Van der Poel, il a comparé le parcours à l’Amstel Gold Race, course qu’il a remportée en 2019. "C’est peut-être un peu plus difficile", a-t-il précisé, abondant au sentiment général : le menu est plus corsé que sur le papier.
Reste, pour en revenir à la question de la suprématie entre ténors, qu’ils peuvent tous estimer que le tracé est "fait pour eux", en fonction de la lecture qu’ils en font. Même les outsiders, de Michael Matthews à Biniam Girmay en passant par la pléiade de co-leaders de l’équipe de France (Valentin Madouas, Christophe Laporte, Benoît Cosnefroy outre Alaphilippe) peuvent l’emporter de différentes façons. Le cyclisme redevient un feuilleton annuel, plus qu’une une somme de séries. L’épisode de dimanche promet.

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