Cette fois, pas de petite moue en passant la ligne d’arrivée et en apprenant le nom du vainqueur. Il faut dire que Remco Evenepoel le connaissait déjà depuis de longs kilomètres, depuis qu’il s’était extirpé du groupe de tête, à plus de trente kilomètres de l’arrivée. Peu importe qu’il ait été suivi par Alexey Lutsenko. Le Belge n’a jamais douté de la finalité. "J'ai senti assez vite que j'étais plus fort", avoue-t-il d’ailleurs au terme de son sacre en solitaire, après avoir décroché le Kazakh dans l’avant-dernière ascension du Mount Pleasant, à 26 kilomètres de l’arrivée. La conclusion parfaite d’une course parfaite, y compris sur le plan de l’équipe de Belgique.
Ce maillot, j'en rêvais depuis que j'ai commencé à courir
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Raillés l’an dernier pour leur tactique, victimes de "querelles" internes entre Evenepoel et Wout Van Aert, les Belges ont cette fois appliqué la tactique idéale, celle que tout le monde attendait, en lançant Remco à l’avant loin de l’arrivée. Et ça a payé. Surpuissant en solitaire, jamais inquiété d’un éventuel retour de l’arrière, Evenepoel n’a pas coincé mais n’en a pas vraiment profité pour autant. Pas avant la toute fin de course. "Les dernières ascensions étaient vraiment très dures, mes jambes allaient exploser, confie le jeune Belge. Quand je passais au sommet, je savais qu'il ne me restait que cinq kilomètres. on est venu me donner des écarts, il augmentait. Je continuais à écraser les pédales, c'est un championnat du monde, tu ne veux pas perdre une seconde". Et il a appliqué ce principe à la lettre pour conserver plus de deux minutes sur le peloton jusqu’à la ligne. Un écart stratosphérique pour un champion du monde sur son dauphin. Sauf quand le champion du monde s’appelle Remco Evenepoel.

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Après tout, le Belge avait glané le titre Juniors à Innsbruck en 2018 avec plus d’une minute d’avance après avoir rattrapé deux minutes à la suite d’une chute et avait été sacré aux championnats d’Europe la même année avec plus de neuf minutes d’avance. Mais les choses sont bien différentes désormais. "Je ne peux pas comparer ça avec les juniors", admet celui qui est devenu le premier coureur de l’histoire à gagner le Tour d’Espagne et les Mondiaux la même saison. Mais l’émotion est tout autant au rendez-vous. "Être champion du monde, après une saison aussi longue, après toutes ces victoires, le long voyage jusqu'ici, le décalage horaire que j'ai eu du mal à digérer... c'est juste incroyable, raconte le Belge. Ce maillot, j'en rêvais depuis que j'ai commencé à courir. C'est un accomplissement, la plus belle victoire de ma carrière". La plus belle saison, aussi.
Je vais enfin pouvoir profiter de ce que j’ai fait cette année
En 2022, Remco Evenepoel aura tout simplement réussi tous les rêves d’une vie. En une seule saison. "J'avais plusieurs grands objectifs pour ma carrière : gagner Liège-Bastogne-Liège, un grand Tour et les Championnats du monde, explique-t-il. Et là je remporte les trois la même année, c'est complètement fou". Une année stratosphérique pour le Belge, devenu le 4e coureur de l’histoire à gagner un Grand Tour, un Monument et les Mondiaux la même saison après Alfredo Binda (1927), Eddy Merckx (1971) et Bernard Hinault (1980). "Je crois que j'ai gagné tout ce que je pouvais gagner", se félicite le prodige belge avant d’admettre : "Ce sera difficile de faire une meilleure saison". Mais, pour le moment, l’heure est aux célébrations.

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Même s’il devra patienter pour recevoir les messages de félicitations. "Mon téléphone est toujours en mode avion car le roaming coûte très cher en Australie, expliquait t-il en rigolant. J'attends d'être de retour à l'hôtel pour me brancher sur le wifi". Et sans doute pour débuter véritablement des festivités doublement méritées. "Je vais enfin pouvoir profiter de ce que j’ai fait cette année, et du maillot, explique Evenepoel. Je n’ai pas vraiment pu profiter de la ma victoire sur la Vuelta, je suis venu tout de suite ici, concentré sur le contre-la-montre". Mais les courses, c'est terminé pour cette saison. "Sauf peut-être une course dans les discothèques", plaisantait-il. Et ça devrait commencer par "une grosse fête ce dimanche soir". "Je ne verrai pas mon lit", rit-il même. Quand on est champion du monde, pour sa dernière course de la saison, on peut bien se le permettre.
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