Cyclisme - Tour de Hollande - "Ca ressemble à un règlement de comptes" : Pourquoi l'UCI en veut à Jan-Willem Van Schip et son vélo bizarre

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Il ne fait rien comme les autres. Disqualifié mercredi du Tour de Hollande pour une tige de selle jugée non conforme par l'UCI, Jan-Willem Van Schip a été au coeur des débats ces dernières heures. Son directeur sportif au sein de l'équipe Parkhotel Valkenburg dénonce "un règlement de comptes" contre un coureur qui est loin de faire l'unanimité. Explications.

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L'image a fait sourire, interpellé ou énervé ceux qui l'ont vue. Sur le Tour de Hollande qui se dispute actuellement, Jan-Willem Van Schip, le coureur de la Parkhotel Valkenburg a, comme de coutume, l'art de se faire remarquer. Casque très profilé, lunettes à l'ancienne, on ne peut pas manquer le double champion du monde sur piste de 31 ans qui détonne par rapport au reste de ses compères dans le peloton. Quand il a doublé tout le monde pour s'isoler à l'avant, mercredi, un autre détail a sauté aux yeux : son cintre totalement avancé par rapport à sa roue avant, très resserré, comme s'il roulait sur un vélo de contre-la-montre, sauf qu'à la place des prolongateurs c'est un cintre classique. Une bizarrerie dont lui seul a le secret.
Mais là n'est pas le problème. Le coureur néerlandais court sur un vélo avec une tige de selle en forme de coude qui lui permet d'avoir un bec de selle plus rapproché, tout en étant plus efficace. Ce qui n'a pas plu à l'Union Cycliste Internationale qui aurait carrément depuis les bureaux d'Aigle (Suisse) ordonné que l'on mette hors-course le savant-fou du peloton, selon les informations du site néerlandais Wielerflits. Aussitôt dit, aussitôt fait, le coureur est disqualifié pour avoir roulé avec "une tige de selle illégale" et ce, malgré le refus en premier lieu des commissaires de la course de le disqualifier. Une décision vécue comme une injustice alors que dans son entourage, on assure avoir déposé tous les documents à l'UCI pour permettre de rouler avec son innovation personnelle.
Il s'est fait insulter toute la journée par les autres
Plus tôt dans l'article, nous le qualifions de savant-fou à dessein. Sur une des publications de son équipementier Toot Equipments, avec qui il travaille en étroite collaboration, on apprend qu'il a testé douze prototypes avant de trouver "la configuration qui lui permettait de contrôler le vélo et de sprinter, tout en maintenant une position très aéro très efficace", selon ses mots. Une innovation qui ne passe pas auprès des instances, mais aussi dans le peloton. Paul Tabak, le directeur sportif du vilain petit canard, a confié que son coureur "s'est fait insulter toute la journée par les autres, alors qu'il fait de son mieux". 
La personnalité du Néerlandais fait débat, notamment sur la piste avec une exclusion des compétitions après un mauvais comportement lors des Mondiaux de Ballerup en 2024 qui ont poussé les Pays-Bas à l'exclure de l'équipe nationale. Mais revenons au Tour de Hollande. Alors que son équipe a contacté l'UCI pour lui demander de revenir sur sa décision, rien n'y a fait et il n'a pas pu prendre le départ du contre-la-montre de ce jeudi. "C'est vraiment un athlète de haut niveau et une source de motivation au sein de notre équipe et pour les autres coéquipiers, a jugé son directeur sportif, toujours au micro de Wielerflits. Ce n'est pas un garçon qui a un casier vierge. Cela ressemble effectivement à un règlement de comptes, oui. Ils cherchent un peu à le coincer. Je l'ai déjà dit en plaisantant : s'il s'était mal rasé la moustache, ils l'auraient également disqualifié."
De son côté, le principal intéressé vit mal la situation, lui qui sortait d'une dépression après les événements de l'année passée. "Il est déçu et triste, et c'est tout à fait compréhensible. Il sortait d'une période très difficile et avait réussi à s'en sortir. Nous avions tracé un parcours pour lui en vue du Tour de Hollande et de la saison sur piste, et voilà qu'il se retrouve confronté à cette merde. Parce que c'est vraiment de la merde. (sic)" Pour le moment, l'UCI n'aurait pas répondu aux sollicitations de l'équipe qui demande des explications sur leur décision. Une chose est quasi certaine, le cycliste n'est pas prêt de rentrer dans le rang avec un vélo classique tant qu'il n'aura pas les documents sous les yeux lui attestant que c'est bel et bien interdit.
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