Cyclisme: concilier Tour de France et Jeux olympiques, un défi et un atout

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Alors que le Tour de France vient de s'achever avec la victoire de Tadej Pogacar, les Jeux Olympiques de Paris 2024 se profilent déjà avec le contre-la-montre dès samedi prochain et la course en ligne le 3 août. Tadej Pogacar, "fatigué", a déclaré forfait mais la plupart des prétendants à l'or olympique sortent de la Grande Boucle, à l'exception notable de Julian Alaphilippe.

Mathieu Van der Poel - 10e étape du TDF 2024

Crédit: Getty Images

Près de la moitié des 90 coureurs qui disputeront la course en ligne des Jeux olympiques le 3 août sortent du Tour de France : loin d'être incompatible, le cumul peut même être un atout à condition de bien gérer ses efforts.
A voir l'état dans lequel la plupart des coureurs terminent l'épreuve la plus exigeante de l'année, joues creusées et maigres comme des clous, on pourrait penser qu'enchaîner rapidement sur une nouvelle compétition n'est franchement pas l'idée du siècle. Tadej Pogacar, tout juste vainqueur de son troisième Tour de France a d'ailleurs déclaré forfait lundi, invoquant sa "fatigue".
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Pogacar les a rendus fous : Ses 14 attaques en vidéo

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En vérité, c'est souvent l'inverse puisqu'une course de trois semaines permet aussi de se constituer une "caisse" indispensable pour espérer triompher sur le parcours exigeant (270 km) des Jeux de Paris. "Il y a quelques années, j'aurais même dit qu'il fallait obligatoirement passer par un grand Tour", souligne le sélectionneur français Thomas Voeckler.
"Aujourd'hui chaque cas est différent et cela dépend aussi de la manière de courir le Tour de France. Si tu fais le classement général, tu en ressors plus fatigué que si tu cibles des étapes", ajoute Voeckler dont trois des quatre coureurs de sa liste (Laporte, Madouas, Vauquelin) ont participé au Tour.
Le quatrième, Julian Alaphilippe, a préféré faire l'impasse, comme plusieurs autres cadors, surtout des spécialistes du contre-la-montre à l'image de Filippo Ganna qui sera au programme dès samedi prochain.

"Comme un stage"

Mais la plupart des favoris pour l'or à Paris ont participé au Tour, que ce soit Mathieu van der Poel, Wout Van Aert et Remco Evenepoel (les deux Belges sont également engagés sur le chrono), l'Erythréen Biniam Girmay ou encore le Danois Mads Pedersen qui a abandonné la Grande Boucle après une chute.
"Pour eux, le Tour est comme un stage, un élément de stimulation pour être prêt aux JO. Il faut juste éviter de ne pas terminer cramé", souligne Fred Grappe, directeur de la performance de l'équipe Groupama-FDJ et chercheur en science du sport.
Doser ses efforts, se faire mal parfois, laisser filer le lendemain : "on peut trouver chez certains coureurs des manières de courir étonnantes. Les meilleurs savent le gérer parce qu'ils se connaissent bien, comme Van der Poel", ajoute-t-il.
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La suite pour Van der Poel ? "Souffrir"

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Van der Poel, qui a été discret sur la Grande Boucle, peut s'appuyer sur un précédent. L'année dernière, le Néerlandais avait aussi fait un Tour de France a minima avant de survoler deux semaines plus tard la course en ligne des Mondiaux à Glasgow. "C'est comparable et j'ai opté pour une préparation similaire. Je me sens même mieux que l'année dernière où j'étais un peu malade sur le Tour", prévient le champion du monde qui sera le favori N.1 à Paris sur un parcours à sa main.
"Avec les Championnats du Monde, on a appris comment il fallait faire", abonde Valentin Madouas auprès de l'AFP. "Je vais rester sur le schéma. Mon résultat n'était pas extraordinaire (15e et premier Français), mais j'ai une base de travail. Je sais comment gérer la fatigue et arriver à bien surcompenser."

Pas de Pogacar aux JO

Mot un peu barbare, la surcompensation est un principe fondamental de la performance. Elle permet à l'organisme, qui a subi un stress important, de développer, après une courte période de repos, une capacité encore supérieure.
"En surcompensation, on réadapte les capacités physiologiques de l'athlète à un niveau supérieur", souligne Frédéric Grappe. Cela demande un travail d'orfèvre que les coureurs et leurs équipes maîtrisent de mieux en mieux.
Pour Evenepoel, qui a couru le Tour à fond, "la transition avec le chrono des Jeux ne sera pas simple", souligne son directeur sportif Tom Steels, car la course arrive très vite. Et Pogacar dans tout ça ? Le Slovène, troisième à Tokyo-2020 et qui faisait partie des inscrits pour les JO contrairement à son rival Jonas Vingegaard, a finalement déclaré forfait, arguant de sa "fatigue", a annoncé lundi le Comité olympique slovène.
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Evenepoel, "diplôme d'escaladeur" pour un "tueur à gage"

Video credit: Eurosport

Une annonce peu surprenante pour "Pogi", qui a fourni énormément d'efforts pour gagner le Tour de France dans la foulée du Tour d'Italie, et n'avait par ailleurs pas digéré la non-sélection de sa fiancée Urska Zigart par la Fédération slovène.
La veille, il était resté très évasif sur les Jeux, préférant mentionner son "rêve" de porter un jour le maillot arc-en-ciel de champion du monde. Les prochains Mondiaux, fin septembre à Zurich, sur un parcours très montagneux, lui offrent une opportunité en or de le réaliser.
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