Touchés, les Bleus

Alors que la grande bagarre pour le classement général a débuté jeudi, les Français sont restés en marge de cette lutte. Comme souvent malheureusement sur des épreuves de ce niveau. reste trois jours pour inverser la tendance. Mais l'optimisme n'est pas de mise.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Dur, dur, les lendemains de fête. Mercredi, le cyclisme français était à la une avec la très belle victoire de Thomas Voeckler à Belleville, dans le Beaujolais. 24 heures plus tard, c'est la douche froide. La Course au Soleil est entrée dans sa phase décisive en ce qui concerne le général avec la première étape de montagne et patatras, les Bleus ont disparu de la circulation. Un constat amer. Comme (trop) souvent, quand la grande bagarre se déclenche, les Tricolores s'éclipsent, incapables de jouer dans une cour trop grande pour eux.
Pas un Français ne figurait dans le premier groupe réglé par Andreas Klöden sur la ligne d'arrivée. Ils n'étaient que deux, Pierre Rolland (Europcar) et Jean-Christophe Péraud (AG2R) dans le deuxième groupe d'une quinzaine de coureurs en deuxième rideau, à 19 secondes du vainqueur. Les autres sont largement au-delà de la minute. Du coup, après ce premier grand coup de balai, le Tricolore le mieux placé au général, Péraud, pointe tout de même au 15e rang, à 29 secondes de Klöden, nouveau maillot jaune. Pierre Rolland (19e) est dans le même temps. Ils sont les deux seuls encore dans le coup. Mais pour combien de temps?
La toux de Chavanel
Le long chrono d'Aix-en-Provence, vendredi, tombe mal pour Pierre Rolland, peu adepte de ce type d'exercice. "C'est très bien ce qu'a fait Pierre, se réjouit Jean-René Bernaudeau, le patron du team Eurocpar, sur le site officiel de la formation vendéenne. Il revient à un très bon niveau. Cette journée va lui redonner confiance, il en avait besoin. Il va faire le chrono à fond." Mais on le voit mal maintenir sa position. "Dans le contre-la-montre, je vais reculer un bon coup, a-t-il d'ailleurs admis dans les colonnes de L'Equipe. Et c'est sûr que je ne pourrais plus faire une place dans le top 10 du classement final." Péraud n'est pas plus optimiste. Déçu par son résultat de jeudi, il se dit encore trop juste pour rivaliser. "Mon objectif de faire une place au général est compromis", dit-il.
Intrinsèquement, le seul qui a les moyens de lutter pied à pied avec les ténors est Sylvain Chavanel. Troisième de paris-Nice il y a deux ans, le Poitevin est taillé pour ce genre d'épreuves. Sauf qu'il traine une terrible bronchite depuis maintenant près de deux semaines. Et s'il fait du bruit dans le peloton ces jours-ci, ce n'est pas tant par ses coups d'éclat que par ses quintes de toux. Le leader de Quick Step s'est accroché comme il a pu. Vu les circonstances, sa performance n'est pas si mauvaise. Et lui se veut encore combatif. "Vous allez voir, Paris-Nice n'est pas fini", promet-il. Mais pour les Français, il a tout de même perdu de son intérêt. Et dire qu'il y a une semaine à peine, certains se prenaient à rêver d'une possible victoire française... Nous sommes loin du compte.
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