"Il peut perdre beaucoup" : Tadej Pogacar prend-il des risques pour le Tour de France en s'alignant sur Paris-Roubaix ?
Par Emile Pawlik
Mis à jour 27/03/2025 à 15:48 GMT+1
Il veut tout gagner. En décidant d'ajouter Paris-Roubaix à son programme, Tadej Pogacar se lance dans une saison marathon et risquée. Alors qu'il court après un nouveau Tour de France, le champion du monde se lance à corps perdu dans une campagne de classiques qui pourrait le couvrir de gloire ou tout remettre en question. Un choix plein de panache, comme sa manière de faire du vélo.
Lors du Tour 2022, Pogacar avait réussi son mini-Roubaix
Video credit: Eurosport
Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, l'Amstel, la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège… Vous aurez reconnu la liste des grandes classiques du printemps, mais c'est aussi le programme gargantuesque de Tadej Pogacar (UAE-Team Emirates-XRG) . Fantasme de la plupart des suiveurs, la participation du Slovène à Paris-Roubaix est devenue réalité après l'annonce de son équipe, ce mercredi. L'ogre slovène a décidé de marquer l'histoire, et forcément cette mission passe par l'Enfer du nord, course mythique, mais non moins dangereuse, à la hauteur de son panache.
Avec ce programme démentiel, sa saison ne tient plus qu'à un fil, mais Tadej Pogacar est un excellent funambule qui sait se jouer du danger. "Quand on est au départ du Tour des Flandres ou de Paris-Roubaix, les risques de chute sont doublés, voire quadruplés, pointe Jacky Durand, consultant pour Eurosport. Il y a un très gros risque sur le placement avant les secteurs pavés et sur les pavés eux-mêmes." Très technique sur son vélo et peu habitué aux gadins, Tadej Pogacar s'en sort souvent sans une égratignure et tout semble glisser sur lui. Mais attention, en cas de pépin, tout pourrait être remis en cause. Comme lorsque sa chute sur Liège-Bastogne-Liège 2023 avait hypothéqué ses chances de victoire finale sur le Tour de France.
Si chute il y a, les conséquences peuvent être terribles
"Il y a moins de risques à Paris-Roubaix que sur le Tour des Flandres. Mais si chute il y a, les conséquences de celle-ci peuvent être terribles", pointe Steve Chainel, qui juge inopportun le débat sur les risques, alors qu'il est inhérent aux classiques. Sa chute sur la Doyenne l'a prouvé, il n'y a pas besoin d'un secteur ou d'un mont pavé pour se prendre une bonne gamelle.
Qu'importe, Tadej Pogacar veut surfer sur la forme du moment et continuer de marquer l'histoire, à seulement 26 ans. "Je pense que c'est peut-être l'une des rares occasions pour gagner Paris-Roubaix. Il est dans la forme de sa vie et il ne sait pas si dans cinq ou six ans, il aura les mêmes jambes. Il sera peut-être en perte de vitesse, il y aura peut-être des jeunes coureurs plus forts que lui… S'il veut gagner Paris-Roubaix, c'est maintenant ou jamais", affirme Jacky Durand. David Moncoutié, lui, y voit un nouveau "challenge" pour le Slovène qui chasse l'objectif de remporter les cinq monuments.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/03/26/4113470-83407048-2560-1440.jpg)
Hinault : "Pogacar peut gagner les cinq Monuments quand il en a envie"
Video credit: Eurosport
écrire sa légende
Ce calendrier gargantuesque ne ressemble à aucun autre, mais l'unicité et le talent du double vainqueur du Tour de France invite à ne plus comparer. De toute façon, si l'on souhaitait se lancer dans des comparaisons, il faudrait convoquer les légendes de la petite reine : Eddy Merckx, Bernard Hinault… Comme le Cannibale, il vise à être performant à la fois sur les pavés des plaines flandriennes, mais à imposer aussi sa loi dans les monts ardennais. En 1973, le Belge avait triomphé à Roubaix et à Liège, mais n'avait réussi ce doublé qu'une seule fois dans sa carrière. Preuve de l'ampleur de la tâche qui se présente devant le natif de Komenda.
Une chose est sûre : quand le champion du monde slovène est au départ d'une course, c'est pour la gagner. Ce qui peut donner des sueurs froides à son encadrement qui freinait des quatre fers pour ne pas le voir affronter les pavés de l'enfer du Nord. "Je pense que les managers et les directeurs sportifs n'attendent qu'une chose, c'est que la ligne d'arrivée soit franchie, qu'il soit entier pour pouvoir préparer le suite de la saison, imagine Jacky Durand. Durant les classiques, il va peut-être gagner beaucoup de courses, mais il peut aussi perdre beaucoup." Et c'est bien ça qui fait tout son charme.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/03/22/4112261-83382868-2560-1440.jpg)
Le débat des RP : Milan-Sanremo est-il impossible à gagner pour Pogacar ?
Video credit: Eurosport
Sur le même sujet
Publicité
Publicité