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Paris-Roubaix | Van der Poel - Philipsen, duo d’enfer (du Nord)
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Publié 11/04/2025 à 23:36 GMT+2
Inspiré et poussé par Mathieu Van der Poel, Jasper Philipsen a largement étoffé sa palette de sprinteur pour devenir un atout majeur sur les classiques et notamment à Roubaix, où il a pris la 2e place derrière son ami néerlandais en 2023 et 2024. Le duo d’Alpecin-Deceuninck s’avance vers l’Enfer du Nord avec de belles certitudes.
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Par Benoît Vittek
Dimanche dernier, Jasper Philipsen a pu apprécier le Tour des Flandres depuis son canapé. "Des gars comme Van der Poel et Pogacar dominent complètement cette course", expliquait-il cet hiver à la presse flamande pour justifier son absence à venir sur le Monument flandrien. "Les coureurs comme moi ne sont tout simplement pas assez forts pour lutter avec eux." Ce week-end, en revanche, il sentira bien les secousses brutales des pavés de Paris-Roubaix et sera peut-être mouillé par les averses qui menacent à l’horizon.
Les regards restent pourtant braqués sur Van der Poel, vainqueur des deux dernières éditions de l’Enfer du Nord, et Pogačar, attraction arc-en-ciel d’un dimanche qui respire la légende. Le Ronde a également replacé Wout van Aert au premier rang des outsiders, au côté de Mads Pedersen, un cran au-dessus de Stefan Küng, Jasper Stuyven ou Filippo Ganna… Mais il ne faudrait pas oublier Philipsen, absent dans les Flandres (il n’avait pas tort) mais incontournable à Roubaix, où il a pris la 2e place derrière son compère MVDP en 2023 et 2024. Il est aussi le seul coureur à s’immiscer au palmarès récent des Monuments (Sanremo 2024) entre Van der Poel et Pogacar, auteurs d’une razzia inédite depuis la série de succès partagés initiée par le Slovène sur Il Lombardia 2023.
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Le natif de Mol (comme son idole Tom Boonen, quadruple vainqueur à Roubaix) a déjà annoncé la couleur pour 2025 : il se sent très fort, encore plus que l’an dernier. Au point de détenir la clé au milieu des deux fantastiques des Monuments ? "Je me suis senti beaucoup mieux que ce à quoi je m’attendais", se réjouissait-il dès le week-end d’ouverture belge où, à l’occasion de son 27e anniversaire, il prenait la 3e place de l’Omloop Nieuwsblad avant de remporter Kuurne-Bruxelles-Kuurne. "Ça confirme les sensations que j’ai eues cet hiver, j’ai bien passé un cap." Et la star belge de rendre à Van der Poel ce qui lui appartient : "Mathieu m’a vraiment poussé. Je ne m’étais jamais entraîné aussi dur."
Sois là à 10h, pas une minute de retard !
Philipsen et Van der Poel font la paire depuis un peu plus de quatre ans maintenant et l’arrivée du Belge dans le giron Alpecin, l’équipe de toujours du Néerlandais. Les deux stars ont eu besoin de deux saisons pour accorder leurs partitions. Surdoué physiquement, Jasper "the disaster" ("le désastre") devait notamment se mettre à niveau sur le plan mental. Mais depuis 2023, le duo fait merveille, des classiques au Tour de France, où l’icône MVDP se met volontiers au service de Jasper "the master" ("le maître"), vainqueur de neuf étapes en juillet, souvent dans le sillage de son ami et leader, qu’il se refuse à qualifier de "poisson-pilote". "Je trouve ça irrespectueux pour lui", explique avec déférence celui qui n’a jamais affiché la moindre velléité de bousculer la hiérarchie interne à une équipe dévouée à son leader néerlandais. Même avec la sélection belge, il a assuré qu’il ne roulerait pas contre Van der Poel.
Sur le Tour, auquel le petit-fils de Poulidor porte un intérêt tout relatif, Philipsen prend le devant de la scène. Au printemps, le Néerlandais est omnipotent, malgré la mue opérée par le sprinteur belge ces dernières saisons. "Les sprints resteront ma force mais ce n’est pas la priorité pour la première partie de saison", expliquait-il en décembre, lors d’un camp d’entraînement en Espagne, plus précisément à l’hôtel Syncrosfera, sur la Costa Blanca, où Van der Poel a pris ses habitudes depuis plusieurs années. Le Néerlandais y a même fêté son 30e anniversaire, en janvier, privilégiant les effets simulés de l’altitude à la manche de coupe du monde de cyclo-cross organisée le même week-end à Benidorm.
Sur le Tour, auquel le petit-fils de Poulidor porte un intérêt tout relatif, Philipsen prend le devant de la scène. Au printemps, le Néerlandais est omnipotent, malgré la mue opérée par le sprinteur belge ces dernières saisons. "Les sprints resteront ma force mais ce n’est pas la priorité pour la première partie de saison", expliquait-il en décembre, lors d’un camp d’entraînement en Espagne, plus précisément à l’hôtel Syncrosfera, sur la Costa Blanca, où Van der Poel a pris ses habitudes depuis plusieurs années. Le Néerlandais y a même fêté son 30e anniversaire, en janvier, privilégiant les effets simulés de l’altitude à la manche de coupe du monde de cyclo-cross organisée le même week-end à Benidorm.
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Philipsen était également là pour se mettre au diapason du leader néerlandais. "On a passé beaucoup de temps à s’entraîner ensemble", raconte-t-il. "Il me poussait toujours : ’Sois là à 10 heures, pas une minute de retard !’ Et il rajoutait toujours des kilomètres en fin d’entraînement. J’ai besoin qu’on me motive. C’est bien d’avoir pu faire cette préparation avec Mathieu." Parmi les autres ajustements opérés cet hiver par le sprinteur belge, il a signé sa reprise sur l’UAE Tour, pour mieux briller sur l’Omloop et à Kuurne, avant un nouveau stage d’altitude en vue de Sanremo, dont il était le vainqueur sortant, grâce à ses talents et à ceux de Van der Poel.
Des moyens différents de gagner la course
Dans le Poggio, le Néerlandais avait contrôlé les attaques de Pogačar, comme il l’a fait cette année dès la Cipressa. Puis Philipsen l’avait "supplié de ralentir, de ne pas faire d’effort à l’avant". Le duo se préparait à remettre le couvert sur la Primavera 2025, avant laquelle Philipsen faisait un détour par la Danilith Nokere Koerse, pour retrouver le rythme de la course au sortir de leur stage commun. "Nous avons un peu changé la préparation cette saison, et on a été performant dès le week-end d’ouverture, contrairement aux autres années", se projetait-il début mars. "Mais il faut maintenir une bonne forme jusqu’au bout des classiques, c’est une longue campagne." Las, une violente chute à Nokere l’a considérablement handicapé pour Sanremo, où il a dû se contenter de la 163e place, très loin derrière Van der Poel, qui a dû puiser dans ses dernières réserves pour mater Pogacar.
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Depuis, le Néerlandais a remporté l’E3 Saxo Classic et subi la loi du Cannibale slovène sur le Tour des Flandres. Philipsen a affiché de belles dispositions sur Gand-Wevelgem, avant d’être mis hors jeu par une crevaison, et sur le Grand Prix de l’Escaut (2e) mais il se plaint toujours de douleurs au cou. Dans les bonnes dispositions, il sera une force majeure auprès de Van der Poel, qui assurait l’an dernier : "Notre force, c'est qu'on a tous les deux des moyens différents de gagner la course."
Il reste à trouver la bonne équation pour répondre aux défis posés par Pogacar, par le reste du peloton et par une épreuve qui, si elle a souri à Van der Poel ces deux dernières années, a l’habitude de faire mordre le pavé à n'importe quel prétendant, même les plus doués. En quête d’un triplé historique, une semaine après avoir été défait sur le Ronde, MVDP ne tirera certainement pas un trait sur le succès roubaisien aussi facilement qu’il a pu le faire l’an dernier à Sanremo, en ouverture d’une campagne de Monuments qui l’a ensuite vu survoler le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Aura-t-il le choix ?
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Course en ligne | HommesCompiègne → Roubaix / 259.2 km
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