Bienvenue en enfer (2)

Eurosport sur Google

La 102e édition de Paris-Roubaix s’élancera dimanche matin de Compiègne. Le vainqueur, quel qu’il soit, rejoindra dans le gotha du cyclisme mondial les immenses champions qui l’ont précédé en plus d’un siècle d’histoire. Retour sur quelques unes des plus

Eurosport

Crédit: Eurosport

1981: Hinault règle ses comptes
Hinault, c'est l'anti-De Vlaeminck. Le Français abhorre les pavés. Il peine même à concevoir l'intérêt de courir dans de telles conditions, de risquer une chute et donc une blessure qui pourrait compromettre la suite de sa saison. Mais le Blaireau est aussi un monstre d'orgueil. Alors, par défi, il va relever le gant roubaisien. Année après année, il se rapproche de la victoire : 13e en 1978, 11e en 79 et 4e en 80. La suivante sera la bonne.
Et pourtant, le succès semble une fois encore se refuser à lui. Hinault crève deux fois, chute à quatre reprises, la dernière à 11 kilomètres de l'arrivée mais, au courage, il revient. Comme un symbole, il entre dans le Vélodrome en compagnie des plus grands spécialistes de l'épreuve, dont Francesco Moser, triple tenant du titre, et De Vlaeminck, quadruple vainqueur. Mais Hinault le phénomène, fier et enragé, les règle tous au sprint. Il s'est débarrassé de Paris-Roubaix. Pour de bon.
1993: Le fabuleux doublé du père Duclos
Equipier modèle, puncheur au grand coeur, courageux parmi les braves, Gilbert Duclos-Lassale méritait amplement d'inscrire son nom au palmarès. Mais l'Enfer, ça se mérite ! Et malgré toute sa détermination, le Béarnais est longtemps considéré comme le maudit du Nord. Deuxième derrière Francesco Moser en 1980 à l'âge de 25 ans, il est encore à la pire des places trois ans plus tard, cette fois derrière Kuiper.
On finit par se dire qu'il ne gagnera jamais, lorsqu'il s'impose contre toute attente en 1992. Le couronnement de sa carrière croit-on. Mais Duclos a de la ressource. Quand il revient un an plus tard avec la ferme intention de réussir le doublé, beaucoup croient au bluff. Ils ont tort. Comme Franco Ballerini, son compagnon d'échappée dans le final, a tort de lever les bas au ciel en signe de victoire. Car la photo finish ne laisse aucun doute: c'est bien Duclos-Lassalle qui a coupé la ligne le premier. Entré dans l'histoire à 37 ans, Duclos devient une légende à 38.
1996 : Museeuw dans la confusion
Johan Museeuw est incontestablement le plus grand coureur de classiques de la fin du XXe siècle. En 1996 La Mapei surclasse la concurrence dès la mi-course et, dans les derniers kilomètres, la victoire ne plus échapper à l'équipe italienne puisque trois de ses hommes, Andrea Tafi, Gianluca Bortolami et Johan Museeuw sont en tête. Lorsqu'ils pénètrent dans le vélodrome, le public s'attend à une explication loyale entre les trois hommes. Mais au fil des secondes, chacun comprend le manège. Il n'y aura pas de sprint. Depuis sa voiture, le directeur sportif de l'équipe a reçu des ordres venant de plus haut. Museeuw doit gagner. Un point c'est tout. Le Lion de Gistel passe effectivement la ligne en tête, sous une bordée de sifflets qu'il n'avait pas mérités.
2003: La folle semaine de Van Petegem
Vainqueur du Tour des Flandres une semaine plus tôt pour la deuxième fois de sa carrière, Peter Van Petegem se présente à Compiègne avec le costume du grand favori. Malgré le marquage à la culotte dont il fait l'objet, le Flahute place l'accélération décisive à une quinzaine de kilomètres du vélodrome de Roubaix. Seuls Dario Pieri et Viacheslav Ekimov parviennent à le suivre. Mais au sprint, Van Petegem mate facilement ses deux compagnons d'échappée. A 33 ans, il rejoint dans la légende des classiques six de ses compatriotes (Rebry, Gijssels, Impanis, De Bruyne, Van Looy et De Vlaeminck) qui, entre 1934 et 1977, avaient eux aussi signer cet exigeant doublé. Sous les pavés, la gloire, et l'histoire...
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité