Problème physique récurrent de Cian Uijtdebroeks (Visma | Lease a Bike) : la douleur et la peur d'un curieux phénomène
Eurosport sur GoogleQuand concourir devient un objectif en soi. Cian Uijtdebroeks en est à nouveau là. Lors de Tirreno-Adriatico, le Belge de Visma | Lease a Bike a été rattrapé par le problème physique qui avait perturbé sa saison 2024. Jambes engourdies, il n'a plus pour but, à court terme, de devenir un coureur du standing d'Evenepoel ou de Vingegaard. Son équipe veut comprendre, pour de bon, la cause de son mal.
Cian Uijtdebroeks lors de Tirreno-Adriatico 2025
Crédit: Imago
Son visage déformé par des larmes qu'il peinait à retenir, Cian Uijtdebroeks était méconnaissable, à l'arrivée de la 6e étape de Tirreno-Adriatico. Quelques heures plus tôt, il nous confiait viser "un Top 10, un Top 5, ou quelque chose comme ça", arborant un sourire qui, d'habitude, le caractérise. Pourquoi une telle métamorphose ? Plus encore que le décalage entre son dessein et sa place (46e), le grimpeur belge de 22 ans venait de se prendre en pleine tronche la résurgence d'un mal dont il se pensait affranchi.
"Ce qui m'est arrivé l'année dernière se répète. Ce sont les mêmes symptômes, a pesté Uijtdebroeks le 15 mars dernier, auprès de Sporza. Ma fréquence cardiaque était de 150, mais je ne pouvais pas accélérer, j'avais à nouveau les jambes engourdies." Comme si son cauchemar reprenait après une saison 2024 plutôt bien entamée… puis très vite décevante (abandon lors du Giro et de la Vuelta) et surtout marquée par ce problème physique des plus frustrants.
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Uijtdebroeks a un problème : "Je n'avais pas de sensation dans la jambe gauche"
Video credit: Eurosport
"C'est comme si mes jambes étaient anesthésiées. Je ne savais pas d'où cela venait ni combien de temps ça allait durer, c'était assez horrible", résumait-il dans L'Equipe en février. Il partageait alors son "immense soulagement" d'avoir identifié la source de son blocage (dans le bas du dos) et d'avoir annihilé cet écueil par des séances d'étirement et de musculation. Son espoir d'être "à 100%" rétabli avait accouché d'une 5e place au classement général du Tour d'Oman.
Nous essayons de rester calmes
Un mois et demi plus tard, le voici donc de retour à la case départ. La Semaine internationale Coppi et Bartali se tient sans lui, de mardi à samedi. "Cian a été pris par l'émotion. Il a vécu une période très difficile dans les jours qui ont suivi son retrait (de Tirreno-Adriatico, ndlr), raconte Maarten Wynants, membre du staff de Visma | Lease a Bike, cité par le média WielerFlits. Nous essayons de rester calmes, de l'examiner, de poser un diagnostic. Nous devons faire les choses dans l'ordre."
Wynants ne se prononce pas sur une éventuelle présence d'Uijtdebroeks dans le Jura et le Doubs (19 et 20 avril), où il était supposé courir avant cette rechute. Rayon Grand Tour, il n'y a rien à mettre à jour, étant donné la prudence avec laquelle le programme du coureur de 22 ans avait été élaboré. Le lauréat du Tour de l'Avenir 2022 n'a que 22 ans, mais il voit le temps s'égrener, pendant qu'Isaac del Toro, vainqueur de l'édition 2023, vient de remporter Milan-Turin et de terminer 13e de Milan-Sanremo.
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Comparaison avec Evenepoel et succession de Vingegaard
Cian Uijtdebroeks n'a jamais levé les bras au plus haut niveau. Mais le 8e de la Vuelta 2023 a déjà "matché" aux portes de la cour des grands. Il rétrograde sans parvenir à lutter, et ce alors que sa précocité avait suscité des comparaisons, plus ou moins pertinentes, avec son compatriote Remco Evenepoel. "On fait croire à tous les Juniors qu'ils sont des Evenepoel", a récemment regretté Alexys Brunel (TotalEnergies, 26 ans), dans notre émission Bistrot Vélo.
Pour couronner le tout, rayon pression, le transfert d'Uijtdebroeks de BORA à Visma avait fait grand bruit, à l'intersaison 2023-2024. "Je sais que l'équipe croit en moi. Je sais que le jour où Jonas [Vingegaard] ne sera plus aussi fort, elle compte sur moi pour lui succéder", disait-il encore il y a quelques semaines. Plus que la douleur, c'est la peur de voir ce discours devenir inexorablement caduc qui doit animer les pensées du jeune Belge.
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