Heras: "Le Tour en 2005"

Vainqueur à l'usure de sa deuxième Vuelta Dimanche, Roberto Heras confirme qu'il est taillé pour briller sur les courses de trois semaines. Equipier de luxe de Lance Armstrong chez US Postal depuis trois ans, l'Espagnol se découvre de nouvelles ambitions

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Crédit: Eurosport

Son exploit dans le chrono
Le retournement de situation opéré par le coureur de l'US Postal samedi dans l'Alto de Abantos en a surpris plus d'un, à commencer par lui-même. "Quand j'ai pris le départ, je voulais juste me donner à 100%, aller au bout de moi-même, explique-t-il. Pour être franc, je ne pensais pas pouvoir combler mon handicap sur Nozal. Il fallait tout de même que je reprenne dix secondes par kilomètres. C'est énorme! J'ai vraiment vécu un moment fantastique. Sur la ligne d'arrivée, Roberto, si avare de ses sentiments d'habitude, n'a pu retenir quelques larmes, en pensant à son père, disparu voilà quelques mois. "L'année dernière, il m'avait vu perdre la Vuelta. J'aurais voulu qu'il me voie gagner cette année".
Sa deuxième Vuelta
Trois ans après son premier succès, Roberto Heras a donc ajouté un deuxième Tour d'Espagne dans sa besace. Impossible pour lui de comparer ses deux triomphes. "Ne me demandez pas lequel je préfère", prévient d'ailleurs l'Espagnol. Sa conquête du pouvoir fut cette fois le fruit d'un travail de longue haleine, au contraire de l'édition 2000. "Lors de ma première victoire, tout s'était joué dans l'Angliru. Cette fois, il a fallu se battre jour après jour pour grignoter mon retard. Ma joie était moins explosive cette année, j'ai ressenti comme une sorte de délivrance".
Une pensée pour Nozal
Les deux hommes se sont livrés une sacrée bataille, surtout la dernière semaine. Mais elle fut toujours marquée par un grand respect mutuel. Dimanche, sur le podium, Heras n'a pas oublié de penser à son rival: "Je voudrais dire à Isidro que je sais ce qu'il ressent. Je l'ai vécu l'an passé, où j'avais perdu la Vuelta lors du dernier chrono, la veille de l'arrivée. Il doit retenir le côté positif de ce qu'il a vécu pendant trois semaines. Nozal doit regarder vers l'avenir, il a les moyens de devenir un grand coureur".
Son avenir
Avec deux victoires dans la Vuelta à 29 ans, Roberto Heras est en train de se tailler un palmarès des plus respectables. Pourtant, quand il a quitté Kelme pour l'équipe US Postal, beaucoup ont cru qu'il allait enterrer ses propres ambitions. "Je suis fier d'appartenir à cette équipe. Contrairement à ce qu'avaient dit certains, j'ai fait le bon choix en venant ici." Mais il le sait, chez US Postal, le patron, c'est Armstrong.
Le rôle de fidèle lieutenant, qu'il a tenu ses dernières saisons, lui offre certes des satisfactions, mais nourrit inévitablement certaines frustrations. "L'an prochain, Lance tentera de gagner son sixième Tour de France et je l'aiderai. Moi, je viserai encore la Vuelta. Mais en 2005, peut-être que je pourrais jouer ma carte et essayer de gagner le Tour de France moi aussi. J'aurai 31 ans alors". Sous entendu, il sera tant de me faire confiance...
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