Indurain juge la Vuelta

Eurosport sur Google

Miguel Indurain, l'icône du cyclisme espagnol, porte un regard plutôt bienveillant sur le Tour d'Espagne 2003, qui s'achevé dimanche à Madrid, sacrant pour la deuxième fois Roberto Heras. Le quintuple vainqueur du Tour a jugé la Vuelta intéressante, même

Eurosport

Crédit: Eurosport

Cette Vuelta n'a pas donné le spectacle espéré...
"Non, ce n'est pas vrai. Regardez, cela a été indécis jusqu'au final. C'est vrai qu'il a manqué des grimpeurs. Dans les grands tours, d'habitude, il y a deux ou trois ou plus grimpeurs qui luttent pour le général. A la Vuelta, cette année il n'y avait qu'Heras qui cherchait le général. Les autres cherchaient des victoires d'étape. Donc, il n'y avait qu'Heras qui attaquait dans la montagne et qui devait ensuite supporter le poids de la course. A l'arrivée, il y a quand même eu cette lutte entre le spécialiste du contre-la-montre et le grimpeur et la lutte a été incertaine jusqu'au bout... Les écarts ont été faibles jusqu'à Madrid.
Peut-être aurait-il fallu un tracé plus dur, dans les Pyrénées notamment?
Non, non. Tu ne peux pas programmer des grosses difficultés en septembre. Les coureurs viennent de passer un an à souffrir sur leur vélo, à courir à fond. Il faut donc proposer un tracé moyen: des contre-la-montre, de la montagne mais pas trop. C'est sûr que les spectateurs veulent des difficultés et encore des difficultés. Des difficultés tous les jours... Mais, les coureurs et même les grimpeurs ne peuvent pas monter des difficultés tous les jours.
Qu'est-ce qu'il a manqué alors à cette Vuelta?
Il a manqué des coureurs. Aitor Gonzalez n'était pas en forme, d'autres ne sont pas venus. Il y a ce changement de génération et les spectateurs connaissent moins certains nouveaux coureurs que d'autres plus anciens mais, on a vu l'avenir du cyclisme sur les routes d'Espagne.
L'avenir, justement est sombre. Le sport est en crise, votre ancienne équipe (Banesto) est menacée de disparaître...
Il y a évidemment un problème de sponsors. Mais, avant tout, il faut remercier Banesto d'avoir aidé le cyclisme pendant tant d'années. Il faut remercier la ONCE aussi. Maintenant, il faut se restructurer, trouver d'autres sponsors.
Il manque une figure comme vous dans le peloton espagnol, non?
C'est difficile de sortir une figure, une idole... Dans tous les sports, c'est difficile. La France ou l'Italie la cherchent aussi. Les choses changent. Avant, c'était la France (Hinault/Fignon), après c'était l'Espagne (Indurain/Delgado), maintenant c'est l'Allemagne (Ullrich) ou les Etats-Unis (Armstrong). Mais, un jour, il en ressortira un autre...
Vous qui n'avez jamais gagné la Vuelta, vous auriez peut-être pu la gagner celle-là, non?
Je ne sais déjà plus courir moi!"
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité