La bataille de Covadonga

Le Tour de France a ses monuments, la Vuelta a également les siens. Pour une grande partie du peloton, l'étape de mardi ne sera que la première journée de montagne. Mais dans l'esprit des nombreux coureurs Espagnols, une victoire aux Lacs de Covadonga, c'

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Crédit: Eurosport

L'ascension des Lacs ne propose pas la difficulté de l'Angliru. Avec ses 17 kilomètres à 7,9% de moyenne, l'effrayant des Asturies fait peur et avait même, il y a quelques années, poussé David Millar à poser pied à terre pour franchir un passage à plus de 20%. Si bien que les organisateurs ont choisi, cette année, de franchir cette région par Covadonga, pour la deuxième fois en trois ans. Pour le plaisir de tous, car cette montée a sa part de magie, et son histoire.
Le cyclisme préfère les belles histoires aux affaires de dopage. En 2005, lors de la 14e étape, Eladio Jimenez l'emportait en solitaire sur les hauteurs des Lacs. Il signait la belle victoire de sa carrière, mais aussi l'un des plus belles coïncidences : Le nom de Jimenez fait avant tout penser à José Maria Jimenez. Le grimpeur magique des années 90 a remporté neuf étapes sur la Vuelta au cours de sa carrière. Il a dominé l'Angliru, le plus dur des cols Asturiens, mais il n'a jamais gagné aux Lacs de Covadonga. Le 6 décembre 2003, quelques semaines avant Marco Pantani, "El Chaba" décède des suites d'une crise cardiaque, à 32 ans, alors qu'il tentait de sortir d'une dépression et de revenir au cyclisme. José Maria Jimenez ne gagnera jamais aux Lacs, mais quand Eladio l'emporte près de deux ans plus tard, on ne peut s'empêcher de penser à son homonyme de champion.
La quatrième arrivée en sept ans
Cela fait maintenant 24 ans que la Vuelta a apprivoisé Covadonga, et depuis 2000, le peloton y est arrivé déjà trois fois. C'est l'un des cols les plus visités par le Tour d'Espagne. En 2000, le plus Portugais des coureurs Russes, Andrei Zintchenko, y remportait la 14e étape. Au sortir de cette journée, Roberto Heras était leader de l'épreuve, mais Angel Casero le suivait dans la même seconde. Lors de la dernière semaine, celui qui quittera ensuite Kelme pour rejoindre Lance Armstrong créait la décision et gagnait son premier Tour d'Espagne. L'année suivante, sous ses nouvelles couleurs, celui qui sera ensuite convaincu de dopage devait laisser une nouvelle génération jouer les premiers rôles. Aux Lacs, Juan Miguel Mercado l'emportait devant Oscar Sevilla, ce dernier prenant les commandes d'une Vuelta qui sera finalement celle d'Angel Casero. Enfin, en 2005, c'est donc Eladio Jimenez qui inscrit son nom au palmarès de la montée Asturienne. Denis Menchov prennait alors les devants sur une épreuve qu'il remportera sur tapis vert, après disqualification de Roberto Heras.
La révélation du dopage du triple vainqueur de la Vuelta marquait alors le début d'une longue série qui fera tomber bon nombre de leaders sur les grands tours. Cette année, l'ensemble du peloton (sic) espère que la dernière course de trois semaines de la saison montrera un autre visage que celui du Tour de France 2007. On en devinera les premiers traits mardi.
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