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Comme si c'était fait
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Publié 14/09/2008 à 12:00 GMT+2
Alberto Contador a très probablement gagné le Tour d'Espagne. Après son tour de force dans l'Angliru, le Madrilène est plus que jamais le grand favori. Lors de la 13e étape, l'épreuve de vérité de cette édition 2008, le leader d'Astana a écoeuré une concu
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"Je ne lui ai encore rien trouvé de tellement extraordinaire pour que beaucoup donnent pour acquis que c'est le plus fort de la course. Il a grignoté des secondes comme une petite fourmi". Ces déclarations de Carlos Sastre avant le départ de la 13e étape ne sont sans doute pas tombées dans l'oreille d'un sourd. A l'arrivée au sommet de l'Angliru, Alberto Contador a en tout cas mis tout le monde d'accord, à commencer par son compatriote. Oui, il est plus que jamais le favori de la Vuelta 2008. Oui, il est bien plus fort que ses rivaux.
Privé de Tour de France, le Madrilène s'était "vengé" sur le Giro en dominant de tout son talent l'épreuve italienne. Il est bien parti pour en faire autant sur le Tour d'Espagne, marquant au passage l'histoire du cyclisme ibérique et internationale. Sur les pentes de l'Angliru, le leader d'Astana a répondu présent là où on l'attendait. Là où il s'attendait. "Je visais cette étape, a-t-il avoué samedi soir après avoir revêtu le maillot or de leader. De tous les cols d'Espagne, c'est le plus physique, le plus dur. On ne voit pas ça tous les jours. Et avec tous ces fans qui étaient présents, c'était un grand spectacle." Comme prévu, il en fut le principal acteur. La vedette incontestée et incontestable. Dans les Asturies, Contador a tout gagné: l'étape et l'or.
Valverde: "Il a gagné la Vuelta"
Pour asseoir sa domination, il faut frapper un grand coup. Contador n'est pas de la race des gagne-petit. Et quel terrain de jeu plus propice au fier Hidalgo que l'enfer de l'Angliru. Dans la terrible ascension finale, il a scellé le sort de la concurrence, en résistant tout d'abord à l'attaque d'Alejandro Valverde, avant de finalement le distancer pour s'imposer en solitaire. Une montée épique du Castillan qui restera dans les annales tant il a fait preuve de facilité. "C'était impossible de le suivre" , avoue Carlos Sastre.
Dans sa quête d'une nouvelle victoire dans un grand Tour, Contador est également aidé par la chance. Celle qui fait perdre la tête à Alejandro Valverde, pris dans une cassure jeudi. Celle, aussi, qui fait tomber Igor Anton dans la descente du Cordel, samedi, poussant le Basque à l'abandon. Puis le leader d'Astana peut compter sur la force de frappe collective de son équipe. Son dauphin, aujourd'hui, n'est autre d'ailleurs que son coéquipier Levi Leipheimer. L'Américain, qui le devançait encore au général samedi matin, n'a pas hésité à rouler pour lui. "Levi a fait un travail fabuleux, n'a pas manqué de souligner Contador, tout en rappelant que "les choses étaient claires. Johan Bruyneel avait bien rappelé vendredi que j'étais le leader de l'équipe." Mais il n'y a pas la place pour le moindre malentendu…
Au soir de la 13e étape, Contador a donc très probablement gagné le Tour d'Espagne. Même s'il prétend évidemment le contraire. "La course n'est pas encore gagnée, assure-t-il. C'est bien parti, mais il ne faut rien célébrer avant l'arrivée à Madrid. Il faut respecter la course jusqu'à la fin." A la régulière, il apparaît pourtant évident que personne ne pourra le battre. L'intéressé finira par l'admettre. "Les écarts commencent à être importants. Si je ne connais pas un jour sans, tout devrait bien se passer." Valverde, plus lucide que résigné, a déjà compris. "Il a gagné la Vuelta", a tranché le Murcien samedi soir. Contador semble désormais être son seul adversaire sur la route du troisième grand succès de sa carrière. Dans huit jours, sauf catastrophe, il aura alors tout gagné et figurera parmi les plus grands. A seulement 26 ans. De quoi filer un coup de vieux à tout le peloton. Et même à Lance Armstrong…
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