Moncoutié: "Ma course fétiche"

Moncoutié: "Ma course fétiche"
Par Eurosport

Le 20/09/2010 à 14:34Mis à jour Le 20/09/2010 à 14:42

David Moncoutié a découvert le Tour d'Espagne presque par hasard. En trois ans, la Vuelta est pourtant devenue un vrai porte-bonheur pour le Lotois. Sacré meilleur grimpeur pour la troisième année consécutive, avec autant de victoires d'étapes, le coureur de Cofidis n'a pas perdu son temps.

Une fois encore, la Vuelta vous a souri...

D.M. : Oui, je suis très satisfait, évidemment. J'avais fait le pari en venant sur la Vuelta de remporter une troisième fois de suite le maillot de meilleur grimpeur. Il y avait beaucoup de monde, je me disais que ce serait compliqué. Et j'espérais aussi aller chercher une victoire d'étape si possible. J'ai rempli tous mes objectifs. On peut dire que tout s'est passé comme dans un rêve.

Comment avez-vous vécu ces trois semaines de course?

D.M. : Je me suis vraiment senti très fort pendant les deux premières semaines. Tout s'est déroulé exactement comme je l'espérais. La troisième a été plus compliquée. D'abord parce que j'ai eu une rhino-pharyngite qui m'a un peu diminué. Il y avait le chrono aussi. Je me suis contenté de gérer pour le classement de la montagne et j'ai essayé de garder ma place dans le Top 15, ce que j'ai réussi.

Comment expliquez-vous votre réussite sur le Tour d'Espagne?

D.M. : Comme je le dis souvent, c'est une course qui me convient très bien. Des trois tours, c'est le plus "facile" pour moi. Il n'y a pas beaucoup de grosses étapes de plaines comme on peut en avoir sur le Tour. Il y a presque tout le temps des bosses ou de la montagne. Les étapes sont moins longues en moyenne. Ensuite, il fait souvent très chaud, contrairement au Giro. Ça aussi, j'aime. Puis ça frotte beaucoup moins sur la Vuelta.

Ne regrettez-vous pas de ne pas avoir découvert cette course plus tôt dans votre carrière?

D.M. : Avec le recul, on peut se dire ça, effectivement. Mais ce que j'ai accompli en trois ans, c'est déjà pas mal. La première fois, j'ai fait la Vuelta presque par hasard, parce que j'avais manqué le Tour. C'était une session de rattrapage. On peut dire que c'est devenu ma course fétiche. Trois fois meilleur grimpeur, trois étapes, une fois 8e, une fois 14e, c'est bien.

Cofidis a officialisé la semaine dernière que vous alliez rempiler pour une saison. Est-ce que votre bonne Vuelta a influé sur votre décision?

D.M. : Non. En fait, j'ai décidé de continuer ma carrière pendant le Tour de France, au mois de juillet. Lors de la deuxième journée de repos, j'ai appelé Boyer pour lui dire que je ne voulais pas m'arrêter.

Pourquoi?

D.M. : Essentiellement parce que j'ai été un peu frustré cette saison. Le Giro m'a pris beaucoup d'énergie alors que je savais que c'était une course qui ne me convenait pas trop. En 2011, je voudrais un programme qui me permette d'exploiter un peu mieux mon potentiel. On en discutera tous ensemble cet hiver.

Vous avez toujours dit que le plaisir était votre moteur. A 35 ans, il est intact?

D.M. : Oui. J'aime toujours autant le vélo. Pour moi, c'est essentiel. Cet été, je suis resté cinq semaines sans disputer la moindre course. Je ne faisais que m'entraîner, et j'ai senti que je prenais toujours autant de plaisir à le faire.

Mine de rien, votre palmarès s'étoffe au fil des ans. Quel regard portez-vous sur votre carrière?

D.M. : Ce n'est pas vilain. Surtout si on tient compte de mes énormes lacunes. Je suis catastrophique au sprint. Si je veux gagner, je dois donc arriver tout seul. Je suis un très mauvais descendeur, et je déteste quand ça frotte, quand ça bagarre. Mais j'ai quand même obtenu de très belles victoires, dans des grandes courses. Avoir ce palmarès avec tous ces défauts, c'est bien.

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