Le suspense aura duré plus longtemps que prévu. Vendredi à l’issue de la 10e étape, personne ne savait qui était le leader de la Vuelta. Primoz Roglic a d’abord été placé en tête du classement général. Puis Richard Carapaz lui est repassé devant. Puis Roglic a repris le dessus. Durablement, cette fois. La raison de cette lutte virtuelle ? Une cassure de trois secondes qui a été annulée puis restaurée a permis au Slovène, lauréat à Suances, de faire coup double.

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Le leader de la Jumbo-Visma a fait parler son jump dans le repecho final. Alors que Carapaz (INEOS Grenadiers) a fait l’effort derrière Guillaume Martin, parti aux 500 mètres en quête d’une première victoire pour Cofidis, Roglic a été plus patient. Positionné idéalement au pied de cette côte par Paul Martens, il a temporisé, profité du travail des autres puis lâché les chevaux dans les 200 ultimes mètres de l’étape.

Roglic et Carapaz départagés au cumul des places

Il n’y a alors pas eu photo. Le maillot vert s’est envolé vers un troisième bouquet depuis le début de l'épreuve. Il l'a acquis avec plusieurs vélos d’avance sur Felix Grossschartner (BORA-Hansgrohe, 2e) et Andrea Bagioli (Deceuninck-Quick Step, 3e). La cassure décisive a été comptabilisée derrière Guillaume Martin (8e), Richard Carapaz terminant au 14e rang et perdant son maillot rouge au cumul des places sur chaque étape.

Avant ce final haletant, en plusieurs temps, une échappée fleuve avait compté jusqu’à 12 minutes de marge sur ce parcours long de 185 kilomètres depuis Castro Urdiales. Jonathan Lastra (Caja Rural - Seguros RGA), Brent Van Moer (Lotto-Soudal), Alexander Molenaar (Burgos-BH) et Pim Ligthart (Total Direct Energie) savaient que leur sort dépendait du peloton. Celui-ci a décidé de les croquer, avec Mitchelton-Scott, Deceuninck-Quick Step et Astana à l’initiative.

Sam Bennett défaillant

Dans la seule ascension répertoriée du jour, Sam Bennett a montré des signes de faiblesse. On s’est alors demandé, à 60 bornes de l’arrivée, si c’était du bluff. On a compris à l’orée du final, quand le sprinteur irlandais – sans doute revanchard après sa défaite sur tapis vert de la veille –, a perdu le contact avec le peloton. La Deceuninck-Quick Step devait bel et bien miser sur une autre carte.

Elle l’a fait par l’intermédiaire de Rémi Cavagna, sorti à dix bornes du but, avec Ivo Oliveira (UAE Emirates), alors que le quatuor d’éclaireurs avait abdiqué depuis six kilomètres. Mais le champion de France du chrono a été repris à 4500 mètres de la ligne. C’est ensuite Bagioli qui a essayé de finir le travail. Sans succès, donc (3e). Les formations Astana et Mitchelton-Scott ont aussi été seulement récompensées par des accessits (Alex Aranburu 4e, Robert Stannard 5e).

L'heure de vérité ?

Place à deux arrivées au sommet, ce week-end, à l’Alto de la Farrapona samedi et à l’Angliru dimanche. Les écarts pourraient alors se chiffrer en minutes plutôt qu’en secondes. Et les masques tomber. Primoz Roglic a prouvé d’Arrate à Suances en passant par Sabiñanigo qu’il était le meilleur puncheur de ce Tour d’Espagne. Mais qui en est le meilleur coureur ? On en saura beaucoup plus dans 48 heures.

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