C’est l’une des particularités du Tour d’Espagne. La découverte, chaque année, d’ascensions de plus en plus dures, sur des routes parfois très étroites voire sur lesquelles aucune autre course cycliste ne se risquerait. Sauf la Vuelta. Et cette édition 2021 n’échappe pas à la règle avec notamment le Gamoniteiru (étape 18) qui attise tous les regards. Mais l’étape 14 aura elle droit à une double dose d’inédit avec les deux versants du Pico Villuercas, l’une des nouveautés de cette 76e édition, abordée à 71km de l’arrivée pour la première fois avant de faire office de montée finale. Deux routes bien différentes mais qui n’en sont pas moins très difficiles, l’une comme l’autre.

Le profil de la 14e étape : Le Pico Villuercas sous toutes ses coutures

2,8 km en enfer : voici le versant est

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Si le premier côté emprunté se nomme officiellement Alto Collado de Ballesteros, il s’agit bien du versant est du Pico Villuercas. Les coureurs ne monteront toutefois pas jusqu’au sommet, qui est un cul-de-sac, contrairement à la seconde fois, pour l’arrivée de l’étape. Si la montée est très courte, avec seulement 2,8 kilomètres au programme, ce premier versant est tout de même dans la continuité, sans descente au milieu, de l’ascension précédente (7,7km à 5,8% pour le Puerto Berzocana) et sera donc abordé avec une première fatigue. Histoire de compliquer encore plus cette ascension typiquement "Vueltaesque". Avec 2,8km à 14%, c’est un véritable mur qui se dressera devant les coureurs au km 94,7. Un véritable enfer d’un quart d’heure (pour les meilleurs) avec des pourcentages frôlant l’indécence, avec deux passages à 20%, une pente toujours au-dessus des 10% et même une (longue) portion de 400m à 17% ! Un peu comme dans le dernier kilomètre à Valdepenaes de Jaen... mais en trois fois plus long !

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Bref, une véritable torture pour les coureurs et un spectacle garanti sur les dix lacets (après un premier kilomètre quasi droit) de l’Alto Collado de Ballesteros (1415m d’altitude). Impossible de se cacher dans ce genre d’ascension, qui pourrait faire d’énormes dégâts, même à 68km de l’arrivée. Surtout qu’il faudra impérativement être placé au pied. Il sera impossible ou presque de dépasser sur une route peu large et au rendement très moyen puisque les coureurs évolueront sur des plaques de béton, un peu à l’image de la partie en forêt de Los Machucos, où Roglic avait brillé en 2019 (2e derrière Pogacar). Un leader mal placé au pied pourrait perdre facilement 1’30’’ dans cette montée. Et revenir ne sera pas si facile ensuite, même s’il y aura une vallée mal plate d’une trentaine de kilomètres avant d’affronter la montée finale : le deuxième versant du Pico Villuercas.

L'ascension "sur plaques de béton" de Los Machucos, sur la Vuelta 2019

Crédit: Getty Images

De 2 à 15%, impossible d’y prendre son rythme : voici le versant ouest

Cette fois, c’est officiellement le Pico Villuercas puisque l’arrivée se fera au sommet, au niveau de l’ancienne base militaire, à 1580m. Sur le papier, l’ascension n’a rien de compliqué, avec 14,5km à 6,2% mais ces chiffres cachent une montée bien plus complexe et difficile. Les ruptures y sont particulièrement nombreuses et il sera très compliqué d’y prendre son rythme entre les replats à 2% (entre le km 9 et 10 de l’ascension) et les plus forts pourcentages, allant jusqu’à 15% dans le dernier kilomètre. Si le premier versant est un enfer à l’état pur, ce deuxième versant est un peu plus "tactique" avec un profil pour pur grimpeur, aimant les changements de rythme. Il ne faudra pas se faire exploser la caisse au mauvais moment.

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Avec deux premiers kilomètres entre 6% et 8%, les coureurs arriveront déjà sur le premier replat, avec une pente à 4% seulement pendant deux kilomètres. Puis ça redeviendra dur avec 3 des 4 kilomètres suivants à plus de 7%, avec même le kilomètre le plus terrible de l’ascension, à 9,8% de moyenne. On sera alors à un peu plus de 6 bornes de l’arrivée et l’occasion semble idéale pour attaquer car arrive juste derrière un court replat à 2,7% avant les quatre derniers kilomètres à plus de 7%. A partir de la flamme rouge, la pente ne cessera de s’élever au fur-et-à-mesure que les coureurs se rapprocheront de l’arrivée, pour atteindre les 15% à 500m de la ligne. Cette 14e étape n’est sans doute pas la plus dure de cette Vuelta, ni celle qui devrait créer le plus d’écart. Mais il ne faudra sous-estimer aucune des deux ascensions de Pico Villuercas. Sous peine de le payer très (très) cher.
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