La Vuelta 2021 - Yates remuant, Bernal impuissant : à défaut d’une solution, INEOS a trouvé des réponses

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VUELTA 2021 - Arrivée sur cette 76e Vuelta aux commandes d’une véritable armada, la formation INEOS Grenadiers avait tout pour bousculer l’ordre établi d’une main de fer par Primoz Roglic, et ce dès dimanche. Pourtant, à l’arrivée de la 9e étape, c’est le Slovène qui est reparti gagnant face à une équipe britannique impuissante.

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Et le train noir s’est mis en ordre de bataille. Les rayons assommants du soleil andalou aveuglant le bitume, la locomotive d’INEOS Grenadiers a choisi son heure pour déplier l’accordéon dans l’ascension de l’Alto Collado Venta Luisa (29 km à 4,4 %). L’objectif était double. Revenir d’une part sur les derniers rescapés de l’échappée. Mais surtout affaiblir le collectif Jumbo-Visma, qui a souvent montré des signes de faiblesse depuis le départ de Burgos en montagne. Mettant à la planche tous ses fidèles gregarios, la formation britannique a bien cru pouvoir renverser le cours de la Vuelta et planter les premiers clous du cercueil de Primoz Roglic.
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Bardet et les Ineos ont essayé, Caruso et Roglic ont concrétisé : le résumé de la 9e étape

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"Nous avions décidé d’y aller et de peser sur la course. Nous savions que la course allait être très folle et l’idée était de mettre un gros rythme sur la longue ascension avant de mettre la pression sur le dernier col. Mais il y avait d’autres coureurs forts", a concédé, réaliste, Egan Bernal à l’arrivée dans des propos relayés par l’organisation.

Tactique parfaite, physique défaillant

"Tactiquement (la INEOS, ndlr) a très bien joué, sauf que physiquement ça n’a pas suivi." Jacky Durant, consultant dans les Rois de la Pédale a tenu à saluer l’initiative des hommes en noir. "Quand on regarde le résultat brut, c’est une faillite de la part de l’équipe INEOS. Mais au moins, elle aura tenté de déstabiliser l’équipe de Roglic dans un premier temps, avant d’attaquer (dans l’ultime ascension, ndlr)", analysait après coup l’ancien vainqueur du Ronde (1992).
Mais dans ce cas pourquoi parler de faillite alors que la manière est bonne ? La réponse est physique. "Je me sentais bien, mais je n’arrivais pas à changer de rythme. Je roulais fort mais quand ils ont accéléré, j’ai senti que je ne pouvais pas y aller", lâchait Bernal (9e à plus d’une minute du maillot rouge) à l’arrivée. "Les autres étaient juste plus forts. Je reste tranquille avec ce résultat et satisfait de ce que l’on a tenté aujourd’hui." INEOS peut-elle vraiment se contenter d’animer les étapes ?
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Sur la course des Ineos : "Tactiquement bien joué mais physiquement ça n'a pas suivi"

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Yates-Bernal : bientôt le chassé-croisé des statuts ?

Un homme a été capable de jumeler panache et résultat : Adam Yates. Lui, l’artificier en chef de la formation britannique sur cette édition 2021. Jusque-là considéré comme un leader bis, le frère jumeau de Simon a laissé poindre de belles promesses sur le flanc mansardé du géant andalou. A son aise (6e avec 39'' de retard sur Roglic) en deuxième rideau, Yates donnait même l’impression de se relever volontairement pour attendre le dernier lauréat du Giro : "Adam (Yates, ndlr) a essayé de m’aider mais à un moment donné, je lui ai dit de faire de son mieux pour sa course", a confié le Colombien au micro de l’organisation.
De là à redistribuer les cartes au sein de la formation INEOS ? Il est encore trop tôt selon "le condor de Zipaquirá" : "Je n’ai aucune idée de la stratégie de l’équipe à l’avenir. Pour l’instant, demain, nous allons nous reposer et voir comment nous allons faire pour la suite." Revenu à seulement 15'' de l’ancien vététiste au général, Adam Yates a sans doute gagné ses galons de leader au sein de l’équipe dirigée par Dave Brailsford.

Quid du plan anti-Roglic ?

Remporter la Vuelta sans ressources physiques mais disposant toujours d’une main d’œuvre redoutable en haute montagne, telle est l’équation à résoudre pour les équipiers de Richard Carapaz, effacé une nouvelle fois ce dimanche. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’optimisme ne transpirait pas sous les cuissards noirs tachés de sel sur la ligne : "Clairement, concéder une minute à Roglic, sans compter le débours du chrono (prévu lors de la dernière étape, ndlr), ce sera pratiquement mission impossible (de remporter la Vuelta, ndlr)," a avoué Egan Bernal, la mine fataliste sous le masque blanc, en zone mixte.
Contraint par ses propres jambes à baisser pavillon, Bernal a dû rapidement comprendre qu’il devait abandonner son costume de leader discret pour celui du lieutenant dynamiteur. La réponse à la question du leadership interne apportée, rien ne change à la problématique d'INEOS, à savoir détrôner Roglic, souverain depuis 2019 sur les routes de la Péninsule Ibérique.
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