Cyclisme | Tour d'Espagne | Jonas Vingegaard, ce coureur si frustrant

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Depuis le départ du Tour d'Espagne, Jonas Vingegaard est fidèle à lui-même. Calculateur et prudent, le Danois ne se débarrasse pas du carcan qui l'enferme dans un style de course parfois soporifique. Ce dimanche, sur la 9e étape, il trouvera à nouveau un terrain pour tenter de faire des différences. A moins qu'il attende le bon moment…

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Video credit: Eurosport

Jonas Vingegaard a quelque chose de frustrant, d'énervant et de difficilement compréhensible. Ce n'est pas un scoop de dire qu'il est l'opposé en tous points de Tadej Pogacar. Quand son rival slovène est le coureur incarnant le mieux le panache et le spectacle, lui est plutôt dans le calcul et la frilosité, en plus de sa personnalité lisse et policée. Alors, certes, le Danois a notamment dans sa besace deux Tours de France, ce dont peu de coureurs peuvent se vanter. Mais sur cette Vuelta, on s'attendait à voir une hégémonie du leader de la Visma | Lease a Bike. Pour le moment, on n'en est loin.
Soyons clairs, on parle ici de l'image qu'il renvoie aux yeux des spectateurs, pas forcément de performance pure. Peut-être qu'il remportera la Vuelta dans deux semaines, mais ce n'est pas le sujet. Avec le parcours montagneux proposé par les organisateurs, tout est en place pour une orgie de victoires, un signal fort envoyé à la concurrence pour montrer qui est le patron. Pour le moment, hormis sa victoire sur la 2e étape dans un sprint au sommet, auquel il n'avait même pas prévu d'y prendre part, le Danois est resté sage et dans le rang.

Une victoire à l'instinct, puis... plus rien

Justement, c'est bien ça qui était appréciable dans cette première victoire. La course à l'instinct, l'appel de la ligne qui l'a poussé à se dresser sur ses pédales pour "ne pas laisser passer une opportunité de gagner", selon ses explications après l'étape, maillot rouge sur les épaules. Depuis, le paletot du leader a changé d'épaules et Jonas Vingegaard compte ses coups de pédale avant de porter l'estocade finale, en étant sûrement intraitable. En tout cas, il devra l'être pour assumer son statut, en l'absence de Tadej Pogacar. Vendredi, alors qu'il était dans les meilleures dispositions dans la montée finale vers Cerler, le Danois est resté sage, refusant toute tentative de mouvement.
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Jonas Vingegaard n'a pas quitté la roue de Joao Almeida dans l'ascension finale de la 8e étape

Crédit: Getty Images

Au contraire de Joao Almeida (UAE Emirates-XRG) qui lui s'est lancé dans une offensive avec la sangsue scandinave dans la roue. Mais il n'a pas collaboré. "Il n'était pas vraiment obligé de le faire, donc je comprends, mais bon, c'est comme ça. Je pense qu'il ne roule pas souvent, n'est-ce pas ?", a plaisanté le Portugais qui préférait blaguer sur l'attitude de son adversaire que s'en plaindre. Du côté du principal intéressé, on assumait sans sourciller cette stratégie que d'aucuns qualifieraient de frileuse, lui voit une stratégie d'avenir pour s'assurer d'être présent lorsque les étapes les plus difficiles se présenteront. 
Vingegaard : nous gardons nos forces pour la deuxième et la troisième semaine, car là, ce sera déjà assez difficile
"Si nous l'avions voulu, nous aurions pu nous battre pour la victoire, a reconnu Jonas Vingegaard, vendredi après l'étape remportée après un numéro en solo de Juan Ayuso. Mais oui, comme je l'ai dit, nous voulons aussi préserver l'équipe. Donc oui, nous gardons nos forces pour la deuxième et la troisième semaine, car là, ce sera déjà assez difficile." C'est peut-être le parcours très difficile proposé par les organisateurs qui se retourne un peu contre eux. Après analyse, l'état-major de la Visma | Lease a Bike a sûrement déterminé la ou les étapes sur lesquelles il faudrait faire mal. C'est leur fonctionnement, que cela nous plaise ou non.
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Video credit: Eurosport

Jonas Vingegaard ne sera jamais Tadej Pogacar. La preuve, il fuit comme la peste les courses d'un jour, les Mondiaux en tête. Il ne se comportera jamais en glouton comme a pu le faire "Pogi" sur les routes du Giro l'an passé. On pensait voir une autre version du Danois, mais à 28 ans, cela paraît totalement impossible. Attention pour l'équipe néerlandaise, car la dernière fois qu'ils ont laissé en vie un de leur rival de la sorte, c'était en 2020. Sûrs de leur force avec Primoz Roglic, ils s'étaient fait surprendre par un certain Tadej Pogacar sur le chrono final. On ne leur prédit pas forcément le même destin, mais à trop jouer avec le feu, ils pourraient finir par se brûler. Le feu, ce n'est en tout cas pas ce que met Jonas Vingegaard à la course, jusqu'ici. Et c'est bien dommage.
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