Tour d'Espagne 2025 | Le meilleur des "humains" mais 0 grand tour : L'anomalie Almeida

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Trois semaines durant sur la Vuelta, Jonas Vingegaard aura à surveiller un duo chez UAE Emirates-XRG avec l'hydre à deux têtes, Juan Ayuso et Joao Almeida. S'il ne fallait en choisir qu'un, ce serait peut-être le Portugais qu'il faudrait épier plus que l'Espagnol tant il a déjà prouvé pouvoir monter plus haut. Pas assez cependant pour remporter un grand tour jusqu'ici.

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Le discret Joao Almeida va-t-il s'adapter à la probable situation explosive chez UAE Emirates-XRG ces trois prochaines semaines ? De la réponse à cette question, de sa cohabitation avec Juan Ayuso et de sa capacité à faire fi du contexte pour développer l'essentiel de son potentiel, dépend sans doute son destin dans la Vuelta qui s'élance de Turin samedi avant de rallier l'Espagne via un détour par la France dans quelques jours. A 27 ans, il n'y a pas encore le feu, mais le palmarès du Portugais est vierge de grand tour et ceci est une anomalie.
Pourquoi une anomalie ? Après tout, Almeida n'était pas attendu comme un monstre chez les jeunes, moins qu'un Tadej Pogacar (quoiqu'on en dise…) qui avait d'ailleurs remporté le Tour de l'Avenir en 2018 quand son futur coéquipier ne prenait "que" la 7e place. C'est plutôt à la fois son arrivée tonitruante dans le monde des grands tours (nous y reviendrons), sa constance au haut niveau depuis et les performances qu'il a souvent affichées qui permettent de s'étonner, a minima, qu'il n'ait pas encore inscrit un grand tour à un palmarès qu'il a sacrément garni cette saison.

Un abandon sur le Tour et plein de questions

Tour du Pays basque, de Romandie et de Suisse, en un peu plus de deux mois, Almeida a montré qu'il n'y avait pas plus fort que lui quand les deux monstres, Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, n'étaient pas là. Son échec à Paris-Nice (6e) fait tache mais pour le reste, le lieutenant du patron est intouchable. Celui-ci est si fort que son abandon lors de la 9e étape du dernier Tour de France nous a poussés à nous demander si UAE et "Pogi" n'avaient pas perdu un atout maître dans le match avec Visma et "Vingo". 
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La suite a prouvé que rien ne pouvait bousculer le destin du Tour 2025, mais c'était bien la preuve qu'Almeida n'est pas un lieutenant comme un autre. Sa 4e place, obtenue en bossant pour son leader un an plus tôt, avait prouvé sa valeur au plus haut niveau et face à la plus belle des concurrences. Sans ses obligations d'équipiers, Almeida avait-il le niveau pour se battre avec un Remco Evenepoel (dix minutes devant lui à Paris tout de même) pour le podium ? L'histoire ne le dira jamais, mais les deux n'ont peut-être pas fini d'écrire de nouvelles pages à leur roman commun.

En rose pendant 15 jours dès 2020

Pour un peu, Joao Almeida aura déjà pu régler l'épineuse question de son palmarès sur les courses de trois semaines. Dès 2020, à 22 ans, il avait dominé quinze jours durant le Giro version Covid. Son épopée en rose avait démarré sur les pentes de l'Etna et déjà, l'on avait découvert cette force tranquille qui évoluait alors sous les couleurs de la Deceuninck-Quick Step après avoir été biberonné à l'école d'Axel Merckx chez Hagens Berman Axeon. La grande étape du Stelvio avait sonné le glas de ses ambitions à quatre jours de la gloire qui l'attendait à Rome mais qu'importe, sa 4e place finale était un indice, un gros, un vrai, pour la suite.
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Problème pour Almeida, c'est en simple équipier qu'il allait aborder le Giro suivant, six mois plus tard. Le cœur a ses raisons que la raison, et les promesses, ignorent. Chez Quick-Step, on croit beaucoup, et on a raison, en un gamin de 21 ans qu'une chute sur le dernier Tour de Lombardie aurait pu laisser pour mort. Qu'importe qu'Evenepoel ne soit pas prêt pour le Tour d'Italie, il est le boss et Almeida doit faire avec, notamment quand il perd pied dans l'étape des chemins blancs. 

Almeida restera-t-il chez UAE après 2026 ?

Alors qu'il aurait pu accompagner les meilleurs, le Portugais prend trois minutes dans la vue, comme son leader, et fait savoir son mécontentement. Evenepoel abandonnera ce Giro qu'Almeida terminera à la 6e place après avoir été l'un des deux plus forts sur les trois dernières étapes de montagne. A-t-il laissé passer deux chances ? Peut-être. Il montera sur le podium en Italie deux ans plus tard, pas loin de Primoz Roglic et Geraint Thomas puis terminera 4e du Tour de France, donc.
Autant de résultats qui lui ont offert le statut de "meilleur des autres", qu'il n'a jamais pu vraiment confirmer par une victoire sur trois semaines. Un statut qui ferait d'ailleurs presque se poser la question de ce qu'il fera fin 2026 quand son bail chez UAE Emirates-XRG arrivera à expiration. Nul doute qu'il aura alors à choisir entre des offres qu'il pourrait rendre encore plus alléchantes en remportant la Vuelta 2025. Il faudrait pour ce faire battre Jonas Vingegaard et passer un palier, et pas n'importe lequel, dans la hiérarchie des coureurs de grand tour, et dans une carrière qui aborde ses meilleures années.
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