Tour d'Espagne 2025 - "Leçon au monde entier" ou "honte internationale" : En Espagne, une Vuelta si politique

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Il était temps que ça se termine. La Vuelta 2025 est allée au bout de ses trois semaines, même si la 21e et dernière étape n'a pu être menée à son terme dimanche après de nouvelles manifestations en soutien à la cause palestinienne. La situation à Gaza et l'attitude du gouvernement israélien n'ont laissé que peu de répit à l'organisation. Pire, la politique interne est venue se greffer au "débat".

La Vuelta aura été largement perturbée par la situation à Gaza et le conflit israélo-palestinien.

Crédit: Getty Images

Historique. Cette 80e édition de la Vuelta restera dans les annales, mais pas pour les raisons espérées ou attendues. Sportivement, la victoire de Jonas Vingegaard demeurera dans les livres et les palmarès. Mais quand viendra le temps du souvenir, la mémoire, elle, se rattachera sans doute spontanément dans quelques années au contexte si particulier de ces trois semaines, minées par un contexte international soudain omniprésent. Le conflit israélo-palestinien s'est invité dans la course, la perturbant à de multiples reprises, jusqu'à avorter cette 21e et dernière étape dimanche, et privant coureurs et spectateurs de la cérémonie protocolaire.
Dimanche soir, à Madrid, il était davantage question des querelles politiques entre droite et gauche, entre gouvernement et opposition, que du sacre de Vingegaard. Alberto Nunez Feijoo, le chef du Parti populaire, le principal parti d'opposition, a accusé dimanche le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez d'être responsable de la "honte internationale" infligée à l'Espagne en raison de l'interruption définitive de la Vuelta après l'irruption sur le parcours de manifestants propalestiniens dans la capitale espagnole, sur la très touristique Gran Via.
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La Vuelta n'ira pas à son terme : le moment où elle s'est arrêtée

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La droite ne reproche pas seulement au pouvoir en place de ne pas avoir pu empêcher ces manifestations, mais de les avoir encouragées. "Le gouvernement a non seulement permis, mais aussi encouragé l'interruption de La Vuelta, provoquant ainsi une honte internationale relayée dans le monde entier", a écrit sur X Alberto Nunez Feijoo. La ministre du Travail, Yolanda Diaz, issue de la plateforme d'extrême gauche Sumar, alliée de Pedro Sanchez, a quant à elle jugé dans un message posté sur Instagram, que "la société espagnole a donné une leçon au monde entier en paralysant La Vuelta".
La Vuelta, c'est une excuse pour venir montrer notre soutien aux Palestiniens
Elle a par ailleurs estimé qu'Israël ne devrait participer à aucun événement sportif ou culturel tant que ce pays "continue de commettre un génocide". Pedro Sanchez lui-même avait fait part de son "admiration" pour les manifestants. Il avait également assuré les sportifs de son "respect". La ministre des Sports, Pilar Alegria, qui officie également en tant que porte-parole du gouvernement ibérique, avait souhaité que les sportifs israéliens subissent le même traitement que les sportifs russes après l'invasion de l'Ukraine.
La présence dans le peloton de cette édition 2025 de l'équipe Israel-Premier Tech aura entraîné la course dans un maelstrom que personne n'avait anticipé. Le point final de ce dimanche n'aura pas été le moins appuyé ni le moins marquant. Les forces de police avaient pourtant été déployées en nombre pour cette arrivée à Madrid, à hauteur de ce qui avait été le cas lors du sommet de l'OTAN en 2022. Des blindés avaient même été postés à certains carrefours stratégiques en cas d'incidents graves. Mais rien n'y a fait.
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Danger sur la route : des manifestants tentent de stopper la course !

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Pendant que cette dernière étape était contrainte à la neutralisation, d'autres secousses se sont produites dans la capitale, notamment près de la célèbre gare d'Atocha. Partie d'Italie et passée furtivement par la course, la Vuelta a fait face dès son retour sur le territoire espagnol à une tension croissante sur fond de soutien à la cause palestinienne. "La Vuelta, c'est une excuse pour venir montrer notre soutien aux Palestiniens", a expliqué à nos confrères de l'AFP une manifestante, enseignante de profession, présente sur le tracé dimanche pour manifester lors de la dernière étape.
Les courses cyclistes, les grands Tours en particulier, ont souvent été la proie de manifestations en tous genres, que les causes soient politiques ou sociales. Mais il est rare qu'un contexte international en soit à l'origine. Ces dernières années avaient été plutôt calmes sur la Vuelta. Quand la course était gênée, c'était en général le fruit de l'intervention malheureuse d'un spectateur maladroit plus que malintentionné, voire d'un animal traversant la route de manière intempestive. À l'évidence, les organisateurs n'avaient en rien anticipé un tel fracas en forme d'écho de la situation dramatique à Gaza. Au milieu de tout ce tumulte, Javier Guillen, le patron du Tour d'Espagne, a tenté tant bien que mal d'amener son épreuve jusqu'à son terme. C'est fait, mais sur une dernière fausse note.
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Podium improvisé : Vingegaard, Pedersen et compagnie ont vécu une drôle de cérémonie

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