Tour d'Espagne - "Je savais que ça serait comme ça" : Juan Ayuso, une défaillance attendue et un nouveau défi
Mis à jour 29/08/2025 à 08:07 GMT+2
Annoncé comme co-leader de la formation UAE Emirates XRG au départ du Tour d'Espagne, Juan Ayuso n'aura pas fait illusion très longtemps. Vers Pal, pour la première explication en montagne, le grimpeur espagnol a connu une défaillance majeure à laquelle il s'attendait. De quoi lui proposer une suite de Vuelta inédite pour lui, avec un rôle d'équipier de Joao Almeida qu'il n'a jamais endossé.
C'est plus clair chez UAE : Ayuso distancé avant même le début des hostilités
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Juan Ayuso était prudent, il avait attendu la montagne comme on attend son heure. Elle l’a accueilli comme un miroir cruel, révélant moins son ambition que des limites auxquelles il s'attendait visiblement bien plus que sa formation. Sur la route de Pal, à l'occasion de la 6e étape de ce Tour d'Espagne 2025, le grimpeur espagnol a explosé à plus de 5km de l'arrivée, avant de se relever, sans réellement combattre, pour concéder plus de 7 minutes au favoris sur la ligne. Une énorme défaillance qui tranchait avec les ambitions affichées par l'équipe UAE Emirates-XRG en début d'épreuve.
"Après avoir décidé ensemble de venir dans cette Vuelta, Ayuso a réalisé un grand bloc d'entraînement, expliquait à Marca le directeur sportif émirati Matxin Fernandez. Sur la Clasica, il manquait d'étincelle, mais à Getxo, il en avait déjà bien plus. Il sera en bonne forme". On peut toujours habiller les ambitions de promesses, mais la route, elle, déshabille les discours et ne garde que la vérité des jambes. "Juan n'avait pas de très bonnes sensations en préparation, et ça s'est confirmé malheureusement ici, racontait Maxtin Fernandez à Pal, à l'encontre de ses dires d'avant Vuelta. On espère qu'il connaitra de meilleures journées par la suite et on garde confiance en lui". Mais s'il y avait quelqu'un qui n'était pas surpris par ses jambes, c'est bien le principal acteur.
Rien à voir avec ce que j'ai vécu sur le Giro
"Comme je l'ai dit dès le premier jour, mon objectif n'était pas de jouer le général, expliquait Juan Ayuso à l'arrivée de la 6e étape. L'équipe m'a quand même demandé d'essayer donc je l'ai fait. Mais je ne me sentais pas bien, donc j'ai lâché prise. Vous parlez de pression, et je comprends qu'il puisse y avoir des attentes, mais moi je n'en avais pas. Je savais depuis le début que ça serait comme ça. Ça n'a rien à voir avec ce que j'ai vécu sur le Giro par exemple". Mais il en reste que l'Espagnol de 22 ans n'a pas connu un Grand Tour "réussi" depuis sa 4e place sur la Vuelta 2023. Deux ans en enfer depuis avec ses abandons sur le Tour 2024 et le Giro 2025 et ce Tour d'Espagne donc. Privé de sommet, le Catalan peut encore trouver son panache dans un défi qui lui est inconnu : montrer enfin qu’il sait rouler pour l’équipe autant que pour lui.
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Vingegaard lâche à nouveau le maillot, Ayuso largué, Armirail frustré : le résumé
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Car si personne ne doute, encore, du talent de Juan Ayuso malgré ses déboires récents en Grand Tour, et c'est normal, sa capacité à se muer en équipier reste une ombre dans sa carrière, qui s’accroche à sa roue. Sur le Tour de France 2024, il avait hésité à bien vouloir rouler pour Tadej Pogacar dans le col du Galibier, faisant de lui "un égoîste incapable de jouer pour l'équipe". Le verdict est sévère, comme une bordure qui isole sans prévenir, mais il contient sans doute une vérité que seul le peloton sait infliger. Et il est tenace. Course après course, le doute revient toujours, comme celui pour qui l'Espagnol va désormais devoir se mettre à la planche, Joao Almeida, définitivement proclamé leader des UAE Emirates XRG. A condition de s'entendre.
Une relation avec Almeida qui pose question
Dans la fournaise espagnole, leur entente semble tiède, presque distante, comme si la chaleur ambiante ne parvenait pas à réchauffer une relation restée fraîche. Même si les deux hommes cherchent à calmer le jeu depuis une semaine. "Nous avons eu quelques petits accrochages par le passé, mais les choses se règlent toujours sur le moment et tout est réglé, expliquait le Portugais avant le départ. Nous nous entendons bien et nous avons pour objectif de réussir en tant qu'équipe". Les promesses tiennent rarement dans les virages. Après les mots, il faut appuyer sur les pédales et laisser la route juger.
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Le prono (osé) de Durand : "Ayuso va gagner vendredi, puis se mettre au service d'Almeida"
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"Ce serait bien d'avoir un Ayuso, même un peu diminué, se mettre au service d'Almeida, estime notre consultant Jacky Durand, dans les Rois de la Pédale. J'ai des doutes, mais je n'attends que ça, de le voir se mettre à la planche. Demain, il va dans l'échappée pour gagner l'étape et ensuite, il se met au service d'Almeida. Et tout le monde serait content". Jusqu'ici, on a plus souvent vu Joao Almeida rouler pour Juan Ayuso (Vuelta 2022 et 2023), que le contraire.
Il en sortirait grandi
Alors que l'on annonce avec insistance son transfert chez Lidl-Trek, Juan Ayuso se voit offrir sur les routes espagnoles une opportunité aussi inespérée pour prouver enfin son sens du collectif. Avec un Joao Almeida aussi fort qu'il l'est depuis le début de la saison, capable de battre Jonas Vingegaard à l'Alto de Foia en Algarve et à La Loge des Gardes sur Paris-Nice, le Catalan devra se mettre au service du Portugais. Sans arrière pensée, contrairement à ses dires post étape. "Avec l’équipe, nous allons essayer de faire de notre mieux pour le reste de la Vuelta et je vais essayer aussi de gagner une étape", avouait-il, dans un discours loin du coureur tourné vers les ambitions collectives. Pour l'instant.
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Træen : "Mon ami me doit des bières"
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La route l’a privé d’un trône, mais elle lui tend une place dans la garde. Et si ce n’est pas le rôle dont il aura rêvé, c’est peut-être celui dont son avenir avait le plus besoin. "Je rêve de le voir travailler pour le Portugais, avoue Jacky Durand. Et il en sortirait grandi !" Parfois, c’est en pédalant dans l’ombre des autres que l’on apprend à porter sa lumière. Peut-être que c’est en sacrifiant ses désirs de gloire immédiate que Juan Ayuso laissera éclore le champion que son talent mérite d’être.
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