Vuelta 2025 - 7e étape | Pourquoi Israel-Premier Tech pourrait encore être ciblée par des manifestants pro-palestiniens en Espagne
Eurosport sur GoogleMercredi, sur la 5e étape du Tour d'Espagne, l'équipe Israel-premier Tech a été la cible d'un groupe de manifestants pro-palestiniens. L'organisation de la Vuelta a réagi, condamnant la violence et la dangerosité de l'action et elle se prépare probablement à d'autres moments chauds en Catalogne, comme ce jeudi, ou au Pays basque où la cause palestinienne est particulièrement soutenue.
La formation Israel - Premier Tech ralentie par des manifestants
Video credit: Eurosport
Israel-Premier Tech n'en a probablement pas fini avec les manifestations pro-palestiniennes sur la Vuelta 2025. Mercredi, à l'occasion du contre-la-montre par équipes, quelques manifestants se sont placés sur la route de la formation israélienne. Personne n'a chuté mais cette action a forcé les organisateurs de la Vuelta à réagir, vivement. Problème, la nature même de l'équipe et de son créateur ainsi que la ferveur pro-palestinienne en Espagne pourraient causer de nouvelles actions de ce genre.
Déjà ce jeudi matin, de nouveaux manifestants ont fait irruption devant le peloton lors du défilé avant le départ réel de la 6e étape à Olot. Globalement, l'Espagne est un pays particulièrement concerné par la cause palestinienne et c'est encore plus le cas dans des régions qui ont historiquement combattu le régime central, vu comme oppresseur. La Catalogne donc, que la Vuelta a quittée ce jeudi midi, mais aussi, et surtout peut-être, le Pays basque. A Bilbao, visitée par le peloton lors de la 11e étape, une boucle autour de la ville, les drapeaux palestiniens ornent certaines fenêtres. La dernière Clasica fut aussi l'occasion de voir que les Basques ont choisi leur camp dans l'horreur au Moyen-Orient.
Déjà des manifestations sur la Vuelta 2024
Ce n'est pas la première année que la Vuelta est le théâtre de manifestations pro-palestiniennes, c'était déjà un peu le cas en 2024 mais ces actions avaient fait moins de bruit. Jeudi soir, Javier Guillén, le directeur de l'épreuve a pris la parole pour condamner l'action des manifestants : "toute revendication nous semble légitime dès lors qu'elle s'exprime par des moyens pacifiques. Ce n'était pas le cas aujourd'hui. Quelle que soit la cause, aussi juste soit-elle, lorsqu'elle est revendiquée par la violence, elle cesse d'être une juste cause".
Mais si la formation Israel-Premier Tech est la cible de ces manifestations, c'est évidemment parce qu'elle porte le nom d'un état au cœur d'un conflit mais aussi, et surtout sans doute, parce que son créateur, ses liens avec les décideurs israéliens, les origines de la formation et sa communication la lient très fortement au pouvoir en place qui se rend coupable "d'actes génocidaires" selon une Commission d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en mars dernier.
Dès le lancement de sa formation en 2015, Sylvan Adams avait érigé ses coureurs en ambassadeurs d'Israël. Lui-même se revendique sioniste et s'il fallait se convaincre que l'équipe mélange fait de la politique grâce au sport, il suffit de jeter un œil à sa communication, notamment depuis les attaques effroyables du 7-Octobre. Adams est connu pour être un proche de Benjamin Netanyahu et à Montréal, là où il a habité (il est israélo-canadien), les manifestations pro-Palestine l'attaquent directement.
Fuglsang soulagé
Ces dernières semaines, trois coureurs ont pris leur distance avec Israel-Premier Tech, preuve que les choses bougent. Tout juste retraité, Jakob Fuglsang, membre de la formation depuis 2021, a ainsi reconnu qu'il était plus "agréable de rouler sans le logo d'Israël". "J'aurais eu beaucoup de mal à être là-bas maintenant" avait confié Alessandro De Marchi, coureur d'Israël en 2021 et 2022 fin juillet pour le média britannique The Observer. Derek Gee souhaite lui quitter cette équipe et a notamment expliqué sa décision par un message à demi-caché : "certains sujets ont tout simplement rendu ma poursuite au sein de l'équipe intenable".
La Vuelta, comme de nombreuses courses depuis les attaques du 7-octobre et l'offensive terrestre et aérienne d'Israël dans la bande de Gaza, a dû redoubler les efforts de sécurité autour de la formation Israel-premier Tech. Sur le dernier Tour de France, la police française avait durement réprimé à plusieurs reprises les actions de manifestants palestiniens. En Espagne, l'un des membres du groupe qui a perturbé la 5e étape mercredi va être jugé en comparution immédiate.
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