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Publié 23/05/2004 à 09:00 GMT+2
Nouveau leader du Tour d'Italie à l'issue du contre-la-montre disputé samedi autour de Trieste, Yaroslav Popovych reste prudent sur ses chances de ramener le maillot rose à Milan, dans une semaine. A 24 ans, l'Ukrainien en a pourtant incontestablement le
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L'Ukraine était à la fête samedi à Trieste. La victoire d'étape pour le vétéran Serhiy Honchar (sa cinquième dans un CLM sur le Giro) et le maillot rose pour Yaroslav Popovych. "C'est beau aussi pour l'Ukraine. Le Giro est retransmis pendant une heure et demie chaque jour" confie Honchar. "J'espère que cela aura du retentissement en Ukraine, que des firmes seront intéressées pour entrer dans le cyclisme et que des jeunes pourront se mettre au vélo plutôt que de fumer et de boire" ajoute Popovych sans rigoler.
Il faut dire que le leader de l'équipe Landbouwkrediet n'est pas venu sur le Giro pour plaisanter. Même s'il n'a que 24 ans, le natif de Drogobych n'est pas un novice pour le Tour d'Italie. Depuis son passage chez les pros voilà deux ans, il y a toujours participé, suivant une progression à la fois spectaculaire et linéaire: 12e en 2002, et troisième l'an dernier, derrière le duo Simoni-Garzelli. Aujourd'hui, les deux Italiens sont derrière Popovych, comme tous les autres.
Cunego n'est pas surpris
A la faveur de sa troisième place dans le chrono, l'ancien champion du monde espoirs a hérité pour la première fois de sa carrière du maillot rose. Une première consécration presque logique compte tenu du talent du bonhomme. Depuis le départ de Gênes, il gère sa course en vieux briscard, avec régularité et prudence. Il n'a pas changé d'attitude samedi: "Dans ce contre-la-montre, je suis parti prudemment. Je me méfiais car ma roue arrière glissait souvent. J'ai failli tomber plusieurs fois" avoue-t-il.
Considéré comme un sérieux outsider voilà deux semaines, l'Ukrainien se retrouve désormais en pleine lumière. Si Honchar et McGee le talonnent au général, Popovych possède en revanche un matelas très intéressant sur les Italiens, à commencer par Gilberto Simoni, relégué à 1'27". Cunego et Garzelli sont encore plus loin. La colonie transalpine n'est pas rassurée. "Popovych en rose, ce n'est pas une surprise. Je le connais pour avoir couru contre lui chez les amateurs. Il est fort", prévient Cunego.
Apprendre sur lui-même
Le nouvel homme fort du Giro reste pourtant très mesuré de son côté. Avec raison. D'abord parce que son équipe va devoir prouver qu'elle est capable d'assumer la gestion de la course, ce qui n'est pas forcément évident. Ensuite parce que la dernière semaine de course est toujours la plus dure, surtout au regard des étapes de montagne à venir. "Il faut voir comment je tiendrai dans la montagne. L'an dernier, j'avais souffert pendant la dernière semaine " se souvient-il, avant d'ajouter: "L'étape que je crains le plus ? Celle de Falzes, mardi prochain."
Même s'il juge que "l'équipe Saeco est très forte ", on sent toutefois que Popovych craint davantage ses propres limites que l'offensive de ses rivaux. Normal. A 24 ans, il est encore en phase de découverte. Ni lui ni ses adversaires ne connaissent encore ses limites. La semaine qui vient lui permettra d'en savoir en peu plus sur lui-même. Qu'il en sorte triomphant ou terrassé, Yaroslav Popovych en sortira en tout cas plus fort. Son heure viendra forcément. Dans un an, deux ans ou... une semaine.
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