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L'empereur du sprint
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Publié 24/05/2004 à 21:15 GMT+2
Alessandro Petacchi s'est imposé depuis un an comme une inexorable machine à gagner. Après une saison 2003 d'anthologie, l'Italien semble parti pour faire aussi bien cette année. Sur le Giro, il a d'ores et déjà fait mieux en signant son huitième succès,
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On ne mesure sans doute pas tout à fait à sa juste valeur la portée des performances d'Alessandro Petacchi sur de Giro. A tort, évidemment. Cela tient sûrement au fait que le sprint, au contraire des grandes souffrances montagnardes, ou des longues envolées solitaires, constitue par définition un effort intense mais bref et surtout très répétitif. Certes, un sprint ne ressemble jamais tout à fait à un autre. Mais à l'arrivée, le rituel préparatoire demeure le même, comme les gestes et le dénouement.
Dans ses succès, il y a quelque chose d'inexorable, un air de déjà vu. Le train bleu et blanc de la Fassa qui se met en route, la jonction avec les échappés, inévitable, le boulot des équipiers jusqu'à 400 mètres de la ligne, puis l'irrésistible envolée... D'où, peut-être, l'absence d'une véritable dimension épique. Mais un sprint massif, c'est aussi un amas de stress dans les pédales et dans les veines. Un exercice périlleux où il suffit de ne pas maîtriser un infime détail pour que la mécanique s'enraye. C'est un château de carte fragile, susceptible de s'effondrer à tout moment. Petacchi, lui, sait gérer tous ces éléments. Ce n'est pas pour rien si aucun coureur au monde n'a remporté plus de courses que lui depuis 18 mois.
Le respect et la passion
Puis il y a la forme des victoires de l'Italien. Si nets, si attendus, tellement logiques, ses succès n'étonnent même plus. Comme tous les champions qui, quel que soit leur domaine, écrasent la concurrence au point de banaliser la victoire, le coureur de la Fassa Bortolo prend le risque d'engendrer la lassitude plus que l'admiration. Injuste, évidemment. A ce titre, Alessandro Petacchi apparaît d'une certaine manière comme le cousin éloigné de Michael Schumacher.
Comme le pilote allemand, le natif de La Spezia ne possède pas de rival à sa mesure actuellement dans son domaine de prédilection. Comme lui, il peut également compter sur une équipe entière dévouée à sa cause. Ferrari, Fassa Borotlo, même combat. Giancarlo Ferretti, le manager de l'équipe italienne, ne manquait pas de le rappeler dimanche sur l'antenne d'Eurosport: "L'an dernier, il y avait Gonzalez et Frigo. Cette fois, toute l'équipe est derrière Petacchi. Tout le monde, sans exception, travaille pour lui", explique-t-il.
Alessandro Petacchi n'aura sans doute jamais l'aura d'un Pantani dans le c&oeligur des Italiens, ni même le charisme démesuré de Cipollini, une vraie star. Depuis un an la Péninsule s'incline avec respect devant les succès à répétition, mais depuis le début du Giro, la presse comme le public se passionnent davantage pour la nouvelle coqueluche Damiano Cunego. Certes, il doit aussi gagner des classiques. "C'est mon grand objectif pour les mois à venir" confie-t-il. Pourtant, Petacchi est bien un authentique champion et doit être reconnu comme tel. Et s'il gagne toujours de la même manière, lui au moins se distingue de février à octobre. Combien sont-ils, parmi les ténors du peloton, à pouvoir en dire autant ?
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