Eurosport
Basso dit adieu au triplé
Par
Publié 25/05/2012 à 21:07 GMT+2
Si Ryder Hesjedal n’est plus très loin de devenir le premier Canadien vainqueur d’un grand Tour, Ivan Basso a été le grand perdant de la 19e étape, vendredi. A quarante-huit heures de l’arrivée à Milan, c’est l’heure de faire un point sur les quatre candidats à la victoire finale.
Eurosport
Crédit: Eurosport
JOAQUIM RODRIGUEZ (KATUSHA)1er du général
Pour Purito, la donne était simple. Pour envisager le sacre dimanche, il lui fallait, lui le piètre rouleur, reprendre du temps à ses rivaux, vendredi et/ou samedi. Lors de la 19e étape, l’Espagnol en a repris à Ivan Basso, Michele Scarponi ou encore Domenico Pozzovivo. Mais en a concédé à Ryder Hesjedal, son plus sérieux opposant. Et sur la ligne, ce sont 0’13" qui ont été rabotées à son avance par le Canadien. Son maillot rose ne tient plus à grand-chose : 0’17" exactement. Dans l’ascension finale, il a préféré monter à son rythme, de façon régulière, pour éviter de se mettre dans le rouge. L’avenir dira si c’est à ce moment-là qu’il a perdu le Giro 2012. A moins qu’il en ait gardé sous la pédale avant l’effroyable enchaînement Mortirolo-Stelvio de samedi.
Ce qu’il en pense : "Je n’imaginais pas que Hesjedal allait monter aussi bien. Nous devions attaquer Ryder et c'est lui qui nous a donné une leçon. Scarponi, par ses attaques, a fait mal. Maintenant, Hesjedal a la course en mains. S'il ne commet pas d'erreur, il ne sera pas possible de le battre".
RYDER HESJEDAL (GARMIN)2e à 0’17"
C’est à deux kilomètres de l’arrivée qu’il a mis les voiles. En facteur. Personne ne l’a revu. Un kilomètre de plus, et la victoire était pour lui. Et pourtant, au départ du 19e opus, tout le monde ou presque lui prédisait l’enfer. Mais Ryder Hesjedal, qui a pu compter sur le travail de ses équipiers (Vande Velde, Navardauskas et Stetina), a franchi un cap ce vendredi. Seul coureur capable de suivre les trois offensives de Scarponi, le Canadien a mis au pas tous ses adversaires. Revenu à 0’17" de Rodriguez, le leader de Garmin n’a pas endossé le maillot rose, mais a fracassé moralement la concurrence. Tous ont reconnu sa supériorité. Bon rouleur, s’il parvient à conserver moins d’une minute de retard samedi soir sur Rodriguez, Hesjedal ne sera pas loin de devenir le premier Canadien vainqueur d’un grand Tour.
Ce qu’il en pense : "J'ai fait une grande étape. Dans le final, j'ai senti que j'avais encore des forces et je suis parti à l'attaque. Je termine très fatigué. Je suis confiant et je pense que je peux bien me défendre demain (samedi) sur des montées très dures elles aussi."
MICHELE SCARPONI (LAMPRE)3e à 1’39"
Le tenant du titre a tout tenté. Par trois fois. Lui aura eu le mérite de prendre des risques. Si ses deux premières offensives sont restées vaines, la troisième a fait plus de dégâts. Mais Hesjedal est de nouveau allé le chercher. Au train. A l’Alpe de Pampeago, Scarponi a terminé quatrième, à 0’03" de Rodriguez et à 0’16" du Canadien. Le fait qu’il en ait repris vingt à son compatriote Ivan Basso lui a permis de monter sur le podium provisoire. C’est son unique satisfaction de la journée. Relégué à 1’22" et 1’39" du duo qui le précède, Scarponi n’a pas encore renoncé à sa couronne, même s’il a conscience que le chrono final ne jouera pas en sa faveur. Tout laisse penser qu’il retentera sa chance samedi. On peut lui faire confiance.
Ce qu’il en pense : "J’ai attaqué trois fois mais peut-être que j’ai accéléré trop tôt. Néanmoins, je voulais reprendre des places au général et reprendre du temps. Aujourd’hui, Hesjedal était plus fort, tout comme Rodriguez qui a très bien géré sa montée. Mais demain est un autre jour".
IVAN BASSO (LIQUIGAS)4e à 1’45"
Le grand perdant de la journée. Troisième vendredi matin à Trévise, l’Italien a été éjecté du podium à l’Alpe di Pampeago. Beaucoup le voyaient comme le favori de cette 95e édition. L’attitude de son équipe, qui a de nouveau roulé toute la journée (comme c’est le cas depuis deux semaines et demie), le laissait penser en tout cas. Caruso mais également Agnoli ont tenté de le mettre sur orbite, après avoir empêché toute velléité offensive. Mais la fusée Basso n’a pas décollé. Pis, l’offensive au train du double vainqueur de l’épreuve, abandonné rapidement par Sylwester Szmyd complètement épuisé, n’a surpris aucun de ses rivaux. Incapable de suivre Scarponi et Hesjedal, le double vanqueur de l’épreuve (2006, 2010) a terminé à 0’36" du Canadien. En 2010, il avait attendu l’étape du Monte Zoncolan pour sceller sa victoire. Cette fois-ci, ses rêves de triplé se sont probablement envolés. Pour de bon.
Ce qu’il en pense : "Hesjedal a démontré qu'il était le plus fort. C'est lui qui est passé à l'attaque alors que nous espérions le contraire. Quand Scarponi a démarré, j'ai compris que je ne pouvais pas répondre et j'ai préféré monter à mon rythme pour limiter les écarts. Je n'ai pas connu un jour sans. Ce sont les démarrages de Scarponi qui m'ont mis en difficulté. Je pensais faire mieux, mes adversaires ont été plus forts."
Publicité
Publicité